‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 22 sur 46 · De piidic · texte numérisé non relu

De piidic

Z rimpOsition ucn lumn:

-iinios. Ailleurs Cyprion M faillis • ne pulselur ;^d

iajiaia, IG ; • .,. anle cxpiala ilelicll, anle ninls.anlc purgatam uonscjenllam BalTlIlcio infertur corpori et sarguinl [Dominf]. • Noi de l'ÉïÈque enlre l'exomologCse et la commonlre les confcsseiirB reljelles dÉlouniant Eccleilam Dei, seil,aublala paenilenlia, nep

ÊTCDES D HISTOIRE

tutîoristc fait éliminer l'absolution douteuse doniri par des martyrs douteux, et requérir la voie pH longue mais plus sÙre que l'Eglise a tracée au | clieur pour son retour.

Que vaut donc aux yeux de saint Cyprien ce^ intercession des martyrs? Elle est une intercession, non pas auprès de Dieu, mais auprès de l'évèque. Ou plutôt, ce qu'elle vaut auprès de Dieu, saint Cyprien veut l'ignorer. Mais l'évèque la recevra comme l'expression respectueuse d'un désir. Le pouvoir épiscopal est affirmé par Cyprien comme il ne l'a pas été par Calliste, et la prérogative des martyrs subordonnée au pouvoir épiscopal. Il exige que les martyrs ne délivrent que des billets de communion nominalifs : « Nominatiin designelîs eos qttibus pacem dari desideratis. » Certains martyrs se sont contentés de rédiger des billets portant Seulement : « Comniunicet ille cum suis, n II semble que pareille formule implique un peu plus que l'expression d'un désir; Cyprien n'attache pas d'importance à celte nuance en ce moment, mais il relève celle désignation eolleclive comme un abus. Jamais, dit-il, les martyrs n'ont fait ainsi. Quoi donc? le failli viendra à l'Église cum suis, c'est-à-dire avec tous ses proches, et sa maison, et ses affrancliis, un nombre illimité de personnes! Tout ce que Cyprien accorde, c'est que le martyr témoigne des dispositions de ceux pour qui il intercède : « Peto ut eos quos ipsi pidetis, quos nostis, n el plus explicitement encore, « quo-

uIIb exotnolDgesi crlmini» Tacta, deepeci.^ -k— p«i a presbTteris verbis Tatlaclbui praedicelur, aiit Toris poBlll ad Ecclesiain redeai cantlliu« oUfentur i. Epûlul. luii, t

riim paenitentiam saUsfaclionipro.Tiinam lonspteilis designetis v. Les martyrs ne sont plus que des témoins de la satisfaction et de Ja contrition des faillis. Encore leur témoignage sera-t-il vérifié, cap les noms des faillis seront marqués sur le billet, « designetis nominatiin libello «\ et le billet sera envoyé à l'évêque, B et sic ad nos fîdei ne disciplinas congnientes Hueras dirtgatis i» (xiv, 4). Ce n'est pas tout, carCyprien ne s'engage pas à faire droit au désir exprimé même en cette forme par les martyrs : ces demandes seront examinées devant toute l'Kglise, quand la persécution aura cessé.

Fecemnt ad. nos de quibusdam beatî martyres litteras petentes cxaminari desideria sua. Cum pace nobis omnibus a Domino prius data ad ecclesiam regredi ciieperimus, examinabunlur eingulii praesentibufi et iudicantibus yobis (xvii, 1].

Cyprien ne fait qu'une exception. Si le cas se pré- 'senle d'un failli, qui a reçu des martyrs un billet de communion et qui se trouve en péril de mort, un prêtre ou m^me un diacre pourra recevoir son exomologèse et lui imposer les mains.

Qui libellos a martyribiis acceperunt et praerogaliva eorum apud Deum adiuvari possunt, si iticommodo aliquo et infirmilalis periculo occupati fucrint, non espectata praesenlia nostra apud presbyterum quemcami[ue praesentem, vel, ai presbyter repertus non fiierit et urgere exitus coeperit, apud diaconum quoque exomotogesin facere delicti sui possint, ut manu eis in paenil«ntiam imposita veniant ad Dominum cum pace quam dari martyres litteris ad nos factia desideravcrunt (nviii, 1).

ETUDES D'IIISTOIRS

Qannl aux faiHis qui n'ont pas de billet de c nioti délivré par les marljTs, ils attendront la Tin dél la persécution : alors on décidera de leur cundilion.f CypHen donne à entendre que leur apostasie est, effl droit, un cas de pénitence perpélnelle. Mais la persé-T cutioii a fait tant de faillis, qu'une mesure extraordi-*T naire s'impose : a Non paucorum, nec ecclestaé?^ iinius mit iiniits provinciae, sed totiits arbis haei causa est', u

Ces règles de conduite posées par saint Cyprîeœ^ firent éclater l'insolence des confesseurs, groupés aa-^ tour de quelques prMres carthaginois. On apprit qu'un martyr cai-lhaginoîs avait, avant sa mort, donné commission aux confesseurs qui survivraient daccorder la communion en son nom à tous les lapsi gé- 1 néralement quelconques. Leur porte-parole, un c fesaeur nommé Lucien , avait adressé à Cyprien unm mandement ainsi libellé :

Universî confessores Cypriano papatî S.

Scias nos universos, quibus ad te ratio constiterit quid , post commiBsum egerint, dédisse pacem. £t hanc formai I per te aliis episcopia innotescere volumus. Optamua t ' cum Banctis martyribus pacem habere.

Praesonte de clero et exorcista et lectore Lucianua scrip-^ lit^ I

En bloc, tous les faillis étaient réconciliés ^, et'le%,l

^4. Ejiialul. lin,i. Cr. Epislul. xl.Tii, 3: • (PlacuilJ lam nobis quaiv KBfegaotitiuset clerEcis Urliicla, Uem uniiersiieiiiscopia vd in noi- ■jmTrncia rel irans mare conslftutis, ut nllill innovelur circa lapin dlaclpliaa pnritcr el misericordia teroperatam senuoliam OieiTKitn. Epiflal. xMit.

évéques chargés de l'exécution de la sentence : on leur concéJail seulement la faculté d'apprécier les sentiments manifestés par le failli après sa chute. Cyprien, très habilement, prit acte de cette concession, et maintint l'ordre de surseoir à toute réconciliation jusqu'à ce que la persécution eiit pris fin lEpistul. xxvi).

Mais,àleurlour, les/fî/)s/se révoltaient : ils avaient obtenu des martyrs un billet de communion, ils voulaient être réconciliés sans délai. On vit en Afrique, en certaines localités, de vraies émeutes contre li> clergé : a Per aliqiiot civilales in praepositos im~ petus per miilUtudineni factus est, ei pacein quant semel eunctis a martyribus et confesgoribus dalain clamitabant, confesiiin sibi repraesenUiri voegerunt terrilis et siibactis praeponUis suis... » (xxvri, 3]. Ces désordres, provoqués par les martyrs, allaient à renverser la discipline hiérarchique. Le conflit était dans toute son acuité. Cyprien dut écrire une lettre k ses ouailles pour rappeler avec fermeté que l'Église est fondée sur lesévêques, et que toute l'action de l'Eglise est gouvernée par eux et par eux seuls ' . Que signifiaient donc ces lettres que des audacieux prétendaient écrire au nom de l'Église'? Une Église est constituée par son évêque, par son clergé et par ses fidèles, ceux qui .n'ont pas failli ; les faillis n'y ont point de part.

Inde... ut ecclesia super epiacopos constituatur, et omnis actus ecclesiae per eosdem praepositos gubernetttr. , , Quando ecclesia in episcopo et clero ef in omnibus stan-

t. Cf. Cipnua, E,iistul.i.\

ri 1 : ■ Si Ils re

ttmeatur sudacla,.., aclum

ït de pplscopal

ina poleslale, ■

tibus sit constituta, absit.

rum nuraerus (xxxiii, 1).

fiTUDES DHISTOIBE

'clesia c^se Jica.tur laps»-

En m&me temps, saint Cyprîen écrivait au clergi de Rome pour s'assurer son appui.

Si, à Rome, la doctrine professée par Caliiste coD'I cernant les martyrs avait été encore en faveur, o^ n'aurait pu que désavouer saint Cyprien. Callislefl n'avait-il pas reconnu le bien-fondé de rinterventioi des martyrs en faveur des adultères? Mais à Rom^ môme toute trace avait disparu du pouvoir reconn» trente ans plus tôt aux martyrs par Caliiste : Rome se reconnut dans la politique de saint Cyprîen. Et m*?ine, tandis qu'à Cnrthage on n'osait pas radicalement et de front écarter la prétention des martyrs, à Rome pareille prétention n'existait plus, et l'on ss demandait seulement : les lapsi peuvent-ils être absous? La question était difficile, le siège était vacant, le clergé réservait au jugement de l'évêque le cas déSid lapsi : on voulait gagner du temps, comme il arrive quand on n'est pas d'accord, mais il y avait du rigo-^ risme dans l'air.

Absit ab ecclesia romana vîgorem suum tam profana fa- fl eilitate dimittere, et nervos severitatis eversafidei maiestatït^ disaolvere, ut... properata nimis remédia commuaicationum... praesteiitur {x.vx, 3) '.

., — c leUrc (les AamBins ^Uil adreunïc en même temps à toutes Lies âgUses du monde, ainsi que nous l'apprend ssinl Cyprîen (lv> ■ik] : •... LItlerae per lotuni muodani miisae sunt, et lu noiitiam «c- ■ «Icsils omnllius et unlversis fralrilms iierlHlae. • Saiot Clpr'

' Cetli

Cette réponse des Romains avait été rédigée par Novatien, qui était alors le personnage le plus considéré de l'Eglise romaine. Comme Hippolyle mort depuis tjuelque dix ans, il était prêtre, et peut-être exerçait-il une fonction analogue à celles du doctor aitilientiiim ou préfet des catéchumènes, de Carthage. Son élévation à la dignité de prêtre de rÉgliso romaine n'avait pas été sans soulever de l'opposition. Était-ce son talent qui lui avait valu des ennemis, oomme l'a spirituellement supposé un liistorien moderne? Etait-ce son humeur qu'on disait dure et vaniteuse? En tous cas les écrits que nous avons de lui justifient l'admiration que l'on pouvait avoir de son talent : pour la doctrine et pour la manière, ils font penser à Tertullien, qu'il imitait très consciemment, et à qui il ressemblait peut-être sans le chercher. En toute h)"pothèse, Novatien était sur la question des lapsihtëTi moins intransigeant que ne l'avait été Tertullien sur la question des moechi, et quoique penchant vers lo rigorisme, il témoignait du progrès qu'avait fait l'indulgence. Il écrivait :

Oremus ut qui occidisse referuntur, deiicti sui magnitudinem agnoscentes, intellegant non momentaneam neque praeproperam desiderare medicinam... Puisent sane fores, sed non utique confringant. Adeant ad liraen ccclcsïae, sed non utique trandliant [ibid. 6).

Ainsi, à Rome comme à Carthage, on ne repoussait pas radicalement les lapsi : mais on ne voulait pas que leur rentrée on grâce fût hâtive, prématurée. Ils attendraient leur heure à la porte de l'Iîglise. Que si quelqu'un d'eux était en danger de mort, on tiendrait compte de son repentir et on lui donnerait la

Ici BG présente pour rbistorïpnun pointfortobsctiril A Carthage, nous lavons vu plus Imul, si un failli s trouve en danger de mourir, on ne recourra pas] l'évoque lilétaîlliorsdeCarlhage), maison fera v un prêtre quelconque, et, à défaut de prHre, un dia^ cre, qui recevra l'exomologèse du pécheur, lui imposera les malus, el lui donnera la communion : le pécheur sera assuré d'aller à Dieu en paix [ceniant ad Dominum cnm pacé). A Rome, Novatien témoigne qu'en pareil cas, c'est-à-dire lorsque le failli est en danger de mourir [citae suae finem iirgens exUits diladonem non polest ferre), on requerra de lui l'es pression de son repentir [acta paenùencia), puis lesi mologèse {etprofessa fréquenter suortim deteslatiom factoriim, si lacrimis, si gemitibus, si f!etibits dolentere paenitentes animl signa prodidernnt], et alors seulement on lui viendra en aide [ita demum eaute et sollicite snbçeniri). La lettre des Romains ne pouvait pas parler d'intervention de l'évéque c d'imposition de ses mains, puisque Rome à ce mft-.-| ment n'avait pas d'évi^que. Mais les Romains n lent pas davantage d'imposition des mains d'Un prêtre, voire d'un diacre, et le secours donné au pécheur mourant semble avoir une efficacité bien aléatoire^ puisque l'on ajoute que Dieu seul sait ce qu'il fera d ces lapsi ainsi secourus : « Deo ipso sciente qaid d talihus facial et qualtter iiidicii siii examinet poi^

\.dera » [xxx, 8).

A Rome donc pas d'imposition des mains pour \A

\ lapai, mais seulement reucliaristie : de plus, en doi

E nant l'eucharislio, on entend ne préjuger pas la s«

latence de Dieu.

La communion n'a pas pour elTct de remettre 1(4

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ET DE THÉOLOGIE POSITIVE. m

péchés, elle ne supplée pas la rémission : cel octroi de Teucharistie atteste donc que l'on suppose le pécheur déjà purifié par la contrition et la satisfaction dont il a donné des marques. — Ainsi entendronsnous le cas rapporté par Denys d'Alexandrie et qui date de la persécution de Dèce, le cas de ce saint homme d'Alexandrie qui avait failli durant la persécution. Depuis sa chute, a à maintes reprises il avait supplié, mais personne ne l'avait écouté, car il avait sacrifié ». II tomba malade et demeura trois jours sans voix, sans connaissance ; mais le quatrième jour il reprit ses sens, et, s'adressant à son petit-fils, il lui commanda d'aller chercher quelqu'un des prêtres. Remarquons qu'il ne pouvait être question de Tévéque, car l'évâque d'Alexandrie saint Denys, comme saint Cyprien, avait quitté la ville. L'enfant courut en hAle quérir le prêtre : c'était la nuit et ce priLro était malade, il ne pouvait aller vers le moribond. a Mais, dit saint Denys, l'ordre avait été donné par moi que pour les mourants, s'Os sollicitaient [la réconciliation] el surtout si antérieurement ils se trouvaient l'avoir sollicitée, [il fallait] les absoudre, afin qu'ils mourussent pleins d'espérance '. « Le prêtre donc confia à l'enfant l'eucharistie pour l'administrer au moribond, et celui-ci après avoir communié rendit le dernier soupir. Saint Denys conclut en disant : « 11 avait vécu juste assez pour être absous, et, sa faute étant remise, pour être réconcilié en vertu des bonnes actions par lui accomplies. » — Nous ignorons comment l'Ecole explique le cas de Sérapion, c'est le

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