Clam. I, 1 et Lix-i.\t
i. Id. 1, 3 ; Ci7[DTaaffô|ilvoi toTî ■fjïtiUiiiVDii.
ÉTUDES D lllSTOIRi:
est investi de Vimperium, ou cliiliartjue, ou ceni rion? Non, chacun, à son rang, exécute commandé par le basiieus et par les cliefs '. Dieu a envoyé le Christ, le Christ a envoyé les apôtres; « les apôtres ont prêché dans les pays, dans les cités, et ils ont, après les avoir éprouvés par l'Esp ri t-Saîntj institué [les fidèles qui étaient] leurs prémices épii copes et diacres de ceux qui devaient croire ensuite^ n. Voilà posé le fondement du droit divin de la hiérarchie. Plus encore, « les apôtres ont prévu que l'imoxojtiî provoquerait des rivalités ; aussi, ayant institué leurs prémices, ils ont réglé que, ces premiers [évéques] morts, d'autres devraient cueillir leur ministère, après avoir clé dûment éprouvés ^ n. Voilà posé le principe de la succession dans la' hiérarchie. Et tout aussitôt : « Ceux qui ont été établis, par les apôtres ou par les créatures des apâtres, toute l'Église y consentant, — et qui ont rempli leur ministère sans reproche, selon le témoii gnage persévérant de tous, — ceux-là, notre avis eBij que l'on ne peut les déposer de leur ministère
A Corinlhe donc nous rencontrons en 95* uns;] Eglise composée d'un nombre indéterminé de laï-
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fiinii]j,duritVTE; i$ mE'J)i«ti, e!; iirimJTiout Kxl F' xjvDUf tâv (itïiôïTuiv jmrteueiw. l*s prémices, ànaçx"'. I^"' »lln- A Ram, ivr, fi et J Cor. xvt, 15. l.'extiDieii ou douluiasie est un \i de // Cor. VIII, » et de / Tiin, ui, 10.
XLiv, 1-9; o\ ixiivialoi T,|iûvlYvbi(F(iv... BTi£pi;ËatBuint'coS hiSliat«( -ri); Êitimoitr;; .., xaT^oniirinJ Toiit icpDEipyi^OU:
itSaxiiuutiivot SvBpE; Tf|ï ItinMjpYiav aJTrâv. ♦. Ibttl. 3 : T,!,- xatiffiaSÉïT»;... ouvtuîîxïiaôsii; \%i iKÛ-tp
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ET DE THÉOLOtilE POSITIVE. 337
ques, le mol est de noire auteur (xl, 4). Ces laïques sont gouvernés par une hiérarchie k deux lernies : les diacres, les épiscopes. Ces épiscopes sont appelés aussi presbytres '. Corinlhe compte sûrement plusieurs presbytres épiscopes *.
Moins de quarante ans auparavant, écrivant aux Cormthiens sa première épître, dans un moment où d'autres divisions agitaient déjà celte Église, saint Paul ne parle ni d'épiscopes, ni de diacres, ni de presbytres. Il parle de pédagogues (iv, 14), de prophètes (xi, 4, etc.); il parle de l'apôtre et du père qu'il est pour les Corinthiens; il enverra Timothéc, B son enfant aimé et fidèle dans le Seigneur, pour leur rappeler les voies que partout en toute Eglise il enseigne » (iv, 17). Et ce serait tout s'il n'ajoutait : Vous connaissez la maison de Stéphanas, et qu'il est les prémices de l'Acliaïe, et que pour le service des saints ils se sont constitués : je vous prie de leurêtre soumis, ainsi qu'à quiconque travaille et peine avec moi '. »
En Macédoine, de même, nous tenons les deux estrémilésde la chaîne. — PoIycarpe,évêquedeSmyrne, écrit aux Philippiens une lettre que nous possédons dans le recueil des épîtres ignatiennes. « Polycarpe et les presbytres qui sont avec lui à l'Eglise de Dieu qui est à Philippes... » Smyrne possède la hiérarcliie à trois termes : un évéque, le presbyterium, les diacres. Mais il n'en est pas ainsi de Philippes. Poly-
l.K. UT, S; 1111,1.
>. M. iLiï, s.
3. /Cor. Xït, IS: oWitî tT,ï oîx£av STepivi ôii toiiv àn»pX''l ^*i! 'A-ïotai xsl itc Sioxaviov -coï; i.fii>\i fta^v iautoû;, Xta xal A^eïe imtiaarfiit toïc wioOtsi; «ai ttivtI rip ouveppivTi x>l xoTnflvti..
KTLDES DllISTOIRE
carpe s'adresse aux diacres et aux presbjlres PhUippes, le root dï-piscope n'est pas prononcé. 1 diacres seront les serviteurs, non des homoies. mais de Dieu et du Christ, sans avarice, miséricordieux, empressés (v, 2). Les presbytres seront miséricordieux pour tous, ramoneront les égarés, visiteront les infirmes, auront cure des veuves, des orplielins, des pauvres, seront sans avarice et sans colère [vi, 1). n Je suis attristé avec vous, ajoute-t-il, du cas de Valens. qui a été fait presbytre cheï vous, et qui méconnaît à ce point la cbarge qui lui a été confiée : je vous en conjure, gardez-vous de l'amour de l'argent « (xi, 1]. La discipline est le premier devoir ecclésiastiqne : " Soyei soumis aux presby très et aux diacres commeà Dieu et au Clirisl' «. L'épitre de saint Paul aux Philippiens permet d'établir que quarante ans auparavant la hiéparchie est déjà à Philippes une hiérarchie à deux termes, mais les termes ne sont pas exactement ceux de l'épîtrc de Pulycarpe- A qui, en effet, l'apôtre adresse-t-il sa lettre? Aux « saints », c'està-dire, selon le langage familier à Paul, aux chrétiens qui sont à Philippes, et il ajoute : a... aux saints qui sont à Philippes avec les épiscopes et les diacres » *. — A Tliessalonique, on en a pour gage la première épître aux Thessalonicïens, l'administration locale ne marque pas, dans les quelques mots que Paul lui consacre, par des termes aussi précis. Mais les termes dont il use, si on les rapproche de ceux qu'il employait au sujet de la maison de Stéphanas à Corinlhe, donnent à penser que l'orgs,:
1. POLYCiRP. ad Philipp, 1. 3 : &MTaaiTQi>ivau( tcï; Kfta&ni a. Phili. I, 1 ; ïetî tCoiv li *i>i5nT«( oùv Inioxônoiî kkI
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nisation de la communauté est à Thcssalonique la même qu'àCorinthe. f Nousvous demandons," frères, de reconnattre ceux qui travaillent chez vous, et qui sont à votre tête dans le Seigneur et vous prêchent. .. », ainsi parle Paul aux Thessalonioiens'. A Corinthe, il veut qu'on soit soumis à ceux qui sont constitués pour le service des saints : à Thessalonique il dit aux saints de reconnaître leurs chefs, leurs Trfoîixâjjiîvoi. Le mot est celui-là même qui servira aux EpUres pastorales à désigner le gouvernement du père de famille dans sa maison,
A Rome, la Prima démentis autorise à dire que l'Eglise romaine tient l'irnoxoit!^, aussi bien que le diaconat, pour une institution des apôtres. II y aura donc à Rome comme à Corinthe, comme à Philippes, des diacres et des épiscopes. On voudrait y constater explicitement l'exislence de l'épiscopat monarchique. Les critiques qu'influence encore le Vieux Protestantisme objectent que l'épître de saint Ignace adressée aux Romains ne parle pas d'évêque unique de Rome, Assurément, il estvrai qu'elle ne parle pas davantage de presbytres, ni de diacres. Cependant Ignace s'annonce aux Romains comme l'évêque de Syrie, il recommande à leur prière l'Eglise de Syrie dont il est le pasteur et l'évêque : dtra-t-on que l'épiscopat monarchique est, vers 107, une institution inouïeà Rome? inouïe de cette Église dont Ignace dit qu'elle a n instruit les autres Eglises » ? inouïe de cette Église que saint Ignace, dans les premières lignes si fameuses de son épître, exalte comme l'Eglise modèle, /.pur-
ni'DKS D'KISTOIItH:
Muons;? El assurément encore l'évèque d'Antîoche ne harangue pas l'Église romaine comme il fait les autres. Irait-il faire la leçonâ cette Église sans égale, comme il faisait aux Kglises de Smyme, dÊplièse, de Tralles ou de Magnésie? 11 la salue en termes d'une révérence extrême : il croirait indécent de parler à ses membres révérés de leurs devoirs. On ne saurait donc tirer argument du langage d'Ignace. La question reste entière. Enlin, si t'épiscopat romain a été collectif un temps, et nous dirons en quel sens il aurait pu l'ôtre , le souvenir s'en est perdu de bien bonne heure. Le Sj-rien Ilégésippe, qui séjournait à Rome vers 160, y vit fonctionner l'épiscopat monarchique, et le diacre Éleuthère succéder à l'évoque Soter, successeur de l'évèque Anicet '. Le Smyrniote Irénée, moins de quinze ans après, énumérant les premiers évéques de Rome jusqu'au douzième, Anicet (106'), donne cette succession comme la succession d'évèques monarchiques*. Ces Orientaux, venu.s du pays d'Ignace et de Polycarpe, n'imaginaient pas la succession épiscopale ii Rome dilîérente de ce qu'elle était à Aniioche ou a Smyrne.
Mais cet esprit est-il celui des plus anciens textes d'origine romaine? La Prima Pétri évoque cette image neuve alors et que saint Ignace devait reprendre, à savoir que le Christ est non seulement le berger, mais l'épiscope des âmes; épiscope et berger sont pour notre auteur deux termes synonymes, ou, si l'on préfère, le berger est la figure de l'épiscope^.
ET DE TlIliOLOClE POSITIVE. Ut
Toutefois l'auteur delà i'/'ima T'e/Wréserveà Jésus Christ seul ce vocable symbolique : après s'être douné comme apôtre (i, 1) et comme témoin des souffrances du Christ (vi, i), il revendique le titre de presbylre, et, s'adressant alors aux chrétiens qui sont presbytpes comme lui, il leur rappelle que leur devoir propre est de paître le troupeau de Dieu, en répudiant tout désir de gain et toute vanité de commandement, en se conformant au berger suprême, à rif7 nriii|xïTï, c'est-à-dire à ce même Clirist qu'il appelait le berger et l'épiscope des âmes ' . La Prima Pétri, comme le discours de Milet, témoigne de l'exercice de l'iTtiuxoTtTi par une pluralité de presbytres. — L'épître aux Romains, à son tour, compare l'Église à un corps dont tous les membres n'ont pas la même fonction. Dans l'Église, il y a des apôtres, et Paul est l'un d'eus : mais d'autres ont reçu dii Saint-Esprit d'autres missions, celui-ci est prophète, celui-là est ÊiSâoxaXoi;, celui-là est jrpoiiTajAivoî : tel autre a le charisme de la compassion, tel autre celui de la consolation, tel autre celui de l'aurotine... Saint Paul, que tant de critiques se plaisent à présenter comme un adversaire de toute loi hiérarchique, est l'apôtre qui, après avoir prêché aux Thessaloniciens la soumission à leurs xpo'wiaiÀevoi, reconnaît le irpoïu- ■«[(jLevoî comme un membre de l'Église investi de sa mission par le Saint-Esprit^.
1, l l'elr. ï, 1-a ; IIpEiÉUTÎpouiTOÙi iv Oiiïv Tcapaniîûi â ouïitpsfiSiJ- TEpo;,.- TEai|itiviTE tati {it/X-i noî|ivio>> tbû Oeoû.
I. Ram. xm, 4-8 : 'f ivl aû(i«Ti mX),à v-^-ti lxo[iev Eiàjopa, eîts itpatpi|Te£av.., eIte SiiiKsviav ii t^ Etixsv[<f, lî:: à 5i3ii<ri(uv Cv t^ 5t-
KTIIDES DIIISTOIRE
Venons à uji troisiùme groupe de testes, textes d'une localisation indécise, mais apparentés cependant au groupe européen et au groupe asiate.
On désigne sous le nom d'ÉpUres pastorales pître à Tîle et les deux êpîtres à Tiniotbée, li textes qui se donnent comme l'œuvre personnelle de Paul et de Paul seul. Elles sont incontestablement anléîsauxépîlresd'Ignace etiiTépitre de Polycarpe, c'est-à-dire à des écritures des environs de lan 107', puisque toutes trois y sont citées. L'opinion moyenne, parmi les critiques, voit dans les Pastorales une composition de l'époque de Domitien (81-9G), à peine antérieure a la Prima Clementis : elles seraient toutes trois l'tBuvre d'un unique écrivain, qui aurait entendu mettre sous le nom de l'apùtre Paul sa conception de la tradition et de l'organisation ecclésiasliques- Au contraire, les critiques fidèles à l'hypothèse de l'authenticité paulinienne des Pastorales, y voient une composition des dernières années de l'apôlri; (64* -67'). La question des Pastorales est ainsi une de celles qui divisent le plus; mais comme, heureusement pour notre sujet, il importe assez peu que les Pastorales soient contemporaines de la Prima Pétri ou contemporaines de la Prima Clementis, nous supposerons le problème non résolu, et nous citerons les Pastorales simplement comme un document antérieur aux épîlres ignatiennes.
« La miséricorde de Dieu soit donnée à la maison d'Onésiphore », lisons-nous dans la seconde à Timothée. « Tons ceux qui sont en Asie s'étaient éloîj
de moi : lui, il esl venu h Rome, il ma cherché, î! m'a trouvé. Tu sais mieux encore quels services il m'a rendus à Éphésf... Saluez Aquilas et Piiscilla ot la maison d'Onésiphore ' », Dans Iliypollièse de l'aulhentii^ilc, ces détails supposent que l'épllre esl écrite de Rome à un disciple établi à Kphèse; dans l'hypothèse dune (Iction lilléraire, ils supposent que l'auteur tient à accréditer son œuvre en Asie. En toute hypothèse, que nous sommes loin encore de l'organisatîoD si ferme des épitres tgnatiennes I Le mot d'ekklesia n'est pas prononcé, seule l'expression de « mai- Bon d'Onésiphore » revient par deux fois, associé au souvenir d'Aquilas et de Priscîlla, de cet Onésiphore quiàÉphèsearendudesi grands services à l'apôtre '. Les temps sont mauvais. L'apOtre est captif, il parle de sa défense ot du juste juge. Dieu, qu'il oppose au lion dévorant (iv, 3, 17). Lassitude, amertume, désolation : Tous ceux qui veulent vivre religieusement dans le Christ Jésus seront persécutés : des hommes mauvais, des charlatans croîtront dans le pire, ils tromperont les autres comme ils se sont trompés euxmêmes» [m, 12, 13). Comment lutter? Parla parole, par l'enseignement du vrai, et ce sera l'œuvre de Tiraothée : « Veille, lui est-il dit, veille en tout, fais le devoir àeVéi'angéliste, remplis ton ministère... Souviens-toi d'attiser le charisme de Dieu, qui est en toi par l'imposition de mes mains ; ne rougis point de moi; souffre le mal avec moi pour l'évangile dont j'ai été fait le porte-parole, l'apôtre, le 8iSa<rxalo( « (i, (i, 11). Timolhée n'est pas apôtre, comme Paul : mais il est sûrement didascale, et celte épître est comme le
i. /ùid. i,ifi.(;r. fiom. 5YI, l'r;.
ETUDES D'UISTalFtE ^B
manuel du didascale, de celui qui t sait loyalement dispenser la parole de vérité et n'imite pas Hyménéos et Philétos, dont l'enseignement est une gangrène » (il, 15-17). Pas une expression qui témoigne que les fidèles forment quelque assoeiation uu soient gouvernés par une hiérarchie : l'apûtre entend parler à mots couverts (il, 7J; mais pas même à mots couverts il ni? parle de presbytres, ni d'éviîquea, et le mot de diaoonie est pris par lui dans son sens le plus littéraire (i, 18; IV, 5 et 11). La fonction que seule il a en vue est l'instruction, la Siiaaxaïi'a.
Dans l'autre épîtrc à Timolhée, le mystère dont s'entourait l'auteur se dissipe soudain. Les temps sont meilleurs, la tranquillité semble maiutenaut acquise. Que l'on prie pour tous les hommes, pour les rois, pour tous ceux qui sont en haut, a£n que nous menions une vie paisible et tranquille dans la piété et dans la pureté (ii, 2). Les termes s'éclaircissent aussi. Le mot d'ekkiesia est prononcé et pris au sens de collège'. Le presbyterium apparaît. Le mot de Siâxovoî, au sens non plus littéraire, maïs hiérarchique, apparaît et prévaut. Môme, l'épître énumère les qualités que devra posséder le diacre : il passera par un examen d'épreuve ou docimasie, avant d'élrt' appelé à ce service ; il devra n'avoir été marié qu'une fois, savoir bien gouverner ses enfants et sa propre maison, Otre honnête et droit, point sujet à boire, point attaché an gain sordide (m, 8-13). La communauté compte des esclaves, des pauvres, des riches; les pauvres ne doivent pas s'imaginer que la religion est un moyen de vivre (vi, 5); les riches ont pour i
r, 10 : [IT, ^apifsSu f, n
ET DE THEOLOGIE POSITIVE. liià
voir de donner sans peine et de s'enrichir de bonnes œuvres (vi, 17-18); les esclaves doivent être soumis à leurs maîtres, que ces maîtres soient chrétiens ou qu'ils ne le soient pas (vi, 1-2). La communauté prend à sa charge des veuves, c'est-à-dire des femmes âgées d'au moins soixanleans, vertueuses, sans soutien : l'Eglise les noiurit comme nos petites sœurs des pauvres nourrissent leurs vieilles. Quelque indécision se traduit dans l'emploi du terme de TtptaëÛTïpoi, qui est pris tantôt au sens littéraire de vieillard ou d'ancien, tantôt au sens hiérarchique de presbytre : notre épître parle de TrpmfiÛTEpoi et de ïcpeoËoTÉpai, comme elle parle de vswiepoi et de vstotîpai (v, 1- 2), en même temps qu'elle parle du presbyterlum comme d'un coUège organique (iv, 14). En ce dernier sens elle dira : « Que les presbytres qui président bien aient double récompense , surtout ceux qui peinent à enseigner ' . " C'est dire que les presbytres ont individuellement pour charge celle de TrpoioTÛi;, quelques-uns y ajoutent la SiSasxaXîo. Une ehiu-ge enfin peut s'ajouter à la StSïixaW, une charge que notre épîlre qualifie d'^iriMoinî : « Si quelqu'un, dit-elle, ambitionne l'épiscopat, il désire une bonne œuvre : et donc, que l'épiscopesoit irréprêliensible , marié seulement une fois, hospitalier, capable d'enseigner, désintéressé de l'argent, bon chef de sa propre maison , entouré d'enfants soumis et chastes ; celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison pourrait-il gérer l'Eglise de Dieu^?» Ainsi l'épiscopat est une charge d'administration matérielle analogue au gou-
1. / Tim, ï, iT ; ol Kïî.o»;5t|>DS:ijtûis(itpîsÊùrapoi Snrl^î UJbid. m, IL
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ÉTUDES DUISTOIRE
vernement familitd ; elle est aussi une charge d'ins' trucUoD. La description des Pastorales n'a pas 1 rigueur des formules ignatiennes, mais elle les fai pressentir, en donnant l'évéque comme le curateur,! comme l'épimélète de l'Église, iuxlr^oî»! 6wî; i ktJsETOii. La première épître à Timothce n'est pas 1 ' lanuel de rijistruclion ou didascalie , elle est plu-J manuel de l'administration temporelle de l'ÉJ 'g'iise.
La troisième Pastorale, l'épître à Tîtc, est adres-3 sée par l'apôtre Paul à un de ses disciples établi <" rtle de Crète. Elle est identique de ton et de sujet ii la première épître à Timothée. Chaque ville a unôj église; chaque église, des preshytres. Tite est i îiSâffxaXoç (il, 1). L'épiscopat est une charge qui c mande un chrétien désintéressé de l'argent, hos; talier, capable d'enseigner et de controverser : l'épia cope est comme l'économe de Dieu (i, 7-fl).
On peut rapprocher de l'épître à Tite l'épitre ditâ-l aux Hébreux. Ce n'est pas la place de dire quelIeBrai-f sons permettent de voir dans celte épître un texte ' contemporain de la persécution néronienne et de la Prima Pétri, et pourquoi nous inclinons à y voir une épître d'origine romaine. Cette opinion importe peu, du moment que l'on est unanime à tenir l'épître aux Hébreux pour antérieure à la Prima Clementia. Pour l'auteur, le mot de npEsSûwpoi ne semble pas avoir de sens hiérarchique, et désigne les anciensj littéralement {xi, 2). Mais notre auteur emploie uni terme bien autrement expressif, cher à la langue r maine,le terme de #iYoûîJiivoi[xiii, 7 et 24). C'est le rnotl qui, dans l'armée, désig-ne les officiers généraux.!
Souvenez-vous de vos higoumènes qui vous onfiT
parlé la parole de Dieu... » Ces higoumêiies ont le minislère delà parole, ils sont des SièxsxiiXoi. « Obéissez à vos higoumènes, soyez-leur soumis, ils veillent sur vos âmes comme [des gardiens qui] en doivent rendre compte. » Ces higoumènes ont donc le ministère de r^TcioxoTTii. Et l'auteur termine sa lettre par ces mots ; « Saluez tous vos higoumènes, u d'abord, puis H saluez tous les saints », c'est-à-dire les fidèles.
Un quatrième et dernier groupe de textes sera le groupe que nous appellerons syro-palestinien,
« Frères aimés, lisons-nous dans l'épître de saint Jacques, ne sont-ce pas les riches qui vous tyrannisent, et qui vous traînent devant les tribimaus, ces m&mes riches qui blasphèment le beau nom dont nous avons tiré le nôtre », c'est-à-dire le nom du Christ (il, 6-7)? Les chrétiens auxquels s'adresse l'épître de Jacques sont des pauvres, des gens de métier, moissonneurs à gage auxquels le riche propriétaire ne paie pas toujours leur salaire (v, 4), petits marchands qui vont de ville en ville, s' établissant ici, puis poussant plus loin (iv, 13), Juifs, car ils sont Juifs comme le rédacteur de l'épître [ii, 21), répandus dans les villes d'un littoral ou abordent les grands navires (m, 4) et ces flots que le vent de la mer soulève et retourne (i, 6). Ces pauvres sont facilement éblouis par la richesse : si dans leur synagogue ' en-
1. Iwa^bif^ ûuùv. Le mot de synagogui; cal pris ici ilana Ban leni litlùralre el veut dira simplemanl votre aanemblée, — eura Vertammlung (SodeD) — eonveaium veslrtim (Vulgale). Sur l'emploi da ouvaYBifli dans la lUtcratare apostolique, vojei Is note cte Bsrnack sur Henn. Ma«<i. xi, 0.
■iig ETL'itES U'HISIOIHE
tre un homme portant bague d'or au doig;t et robjl blanche, en même temps qu'un homme en hailloot
ils offriront au riche une place d'honneur et au misérable l'escabeau de leurs pieds, comme si Dieu, « mes frères aimés, n'avait pas choisi les pauvres de ce monde pour en faire les riches de la foi et les liéritîers du royaume qu'il a aimoncé a ceux qui l'aiment » (il, 6)? L'auteur de ce petit traité, d'une grécité si pure, d'un moralisme imagé qui rappelle l'Ecclésiastique et la Sagesse, pratique les Septante comme il convient à un Juif helléniste. Toutefois ce n'est pas ii Alexandrie, et moins encore à Jérusalem ou en Galilée, qu'il convient de chercher la « synagogue » de ses pauvres, mais bien plutôt dans quelqu'une de ces villes de la côte syrienne, vers Césarée, vers Tyr, où les Juifs étaient déjà dans la dispersion (i, 1), et ces pauvres, c'est dans la première génération des chrétiens pour qui le retour du Christ était imminent (v, 7}, que l'on pourrait penser les rencontrer.
Un opuscule d'édification de cent versets k peine fie saurait nous donner grands détails sur l'organisation hiérarchique. L'épEtro de saint Jacques cependant n'est sans nous apprendre que les communautés forment chacune une Kglise. Chaque Eglise a ses presbytres, « Quelqu'un parmi voua est-il aniigé'i* Qu'il prie. Quelqu'un est-il contenti* Qu'il psalmodie. Quelqu'un est-il malade? Qu'il appelle les presbytres de l'Église;... la prière de la foi sauvera le malade; s'il a commis des fautes, elles lui seront remises... Puissante est la prière du juste » (v, 12-lG). Le presbytre est comparé à Élie, sa dignité est en même temps un charisme. C'est un charisme aussi que celui
de l'instruction : « Mes- frères, que peu d'entre vous deviennent SiSioxaXw , sachant que plus grave est ic jugement qu' [en cette fonction] on encourt n (m, 1). s communaulés de chrétiens de race Juive auxquelles s'adressait l'épître de Jacques étaient des communautés très simplifiées, et le livre des Actes [xxi, 4-11) ne les décrit pas différemment. Paul arrivant à Tyr, « y trouve les disciples », et ceux-ci conjurent Paul a par l'Esprit n de ne monter point à Jérusalem : les fidèles avec leurs femmes et leurs enfants accompagnent l'apôtre « hors delà ville », et sur le rivage même, tous à genoux, n nous priâmes ». A Ptolémaïs, Paul salue " les frères ». Des disciples, des frères, rien d'autre. Ces groupes de Tyr et de Ptolémaïs ne rappellent en rien le solennel collège des presbytres d'Éphèse. Paul arrive à Césarée, il reçoit l'hospitalité dans la maison de Philippe : mais les Actes ne donnent à Philippe d'autre titre que celui « d'évangéliste » et de " diacre ». Avec Philippe sont ses quatre filles, toutes quatre « vierges prophétisantes ». Et comme Paul et ses compagnons étaient encore dans la maison de Philippe, arrive de Judée un a prophète u, qui sadrcsae à l'apôtre : « Voici ce que dit le Saint-Esprit... « Dans ces communautés de la côte syrienne, les prophètes tiennent une place qu'à pareille époque les Eglises de chrétiens helléniques ne connaissent plus.
Un état social très voisin de celui que décrivent soit les Actes, soit l'épître de Jacques, nous a été révélé par la Didachè. La Bldackè ignore les épitres paulines; elle parle d'un a évangile du Seigneur », sans qu'on puisse déduire de ses cvangélismes que son évangile est aucun de nos trois
■î'M ÉTUDES D'HISTOIRE
sjTioptiques. Par ailleurs, des textes de la première moilié du second siècle, comme l'épîlre dite de Barnabe et le Pasteur dHcrmas, dépendent de la Dîdachè. 11 faut conclure, avec Zalin, avec Funk, avec ScliaiT, que la Didachè Jate des vingt dernières années du premier siècle. A nos. yeux, elle pourrait être plus ancienne encore : 11 n'y est fait allusion à aucun gnosticismc, ni à aucune persécution; pour elle la venue du Seigneur est imminenle '. Certains traibj de mœurs rappellent le monde de l'épître de sai Jacques. Ainsi la Didachè connaît, elle aussi, artisans qui passent de ville en ville : « Quiconqol Tient au nom du Seigneur, qu'on le reçoive ; s'il i fait que passer, assistez-lo de votre mieux; s'il vedj s'établir et qu'il soit artisan, qu'il travaille et quW tnange; s'il n'a aucun métier, veillez à ce qu'il i ivive pas au milieu de vous chrétien oisif; s'il ne veuJ rien faire, c'est un homme qui Iraflque du ChristH défiez-vous^ ». La communauté est une oeuvre de mutuel secours matérieï, comme il convient à une œuvre de pauvres. Les membres en sont unis par une singulière solidarité d'amour et de confiance : ce sont des frères, unis, des qaatre vents du ciel, pour se sanctifier et marcher ensemble à la rencontre du royaume de promission '.
Chaque Église a pour l'administrer des épiscopes et des diacres, élus par elle, qui doivent être des fidèles éprouvés et désintéressés, et auxquels on doit tout respect. Mais pourquoi ce respect et cette sou- 1? C'est que ces épiscopes remplissent aussi
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ET DE THEOLOGIE l'OSITiVE. îil
la fonction des prophètes et des SiîâoxmÀoi '. Et la Didackè s'étiind sur ce ministère des prophètes. Le prophète est distinct de l'apôtre, mais comme l'apûtre il passe d'Église en Eglise, et il « parle au nom de l'Esprit n. Que « tout apûtre qui vient vers vous soit reçu comme le Seigneur ; il ne demeurera pas plus d'un jour, deux jours au plus : s'il demeure trois jours, c'est un faux prophète. L'apôlre qui passe ne recevra rien que son pain pour le temps de son gîLe : s'il demande de l'argent, c'est un faux prophète. Quiconque parle au nom de l'Esprit n'est pas pour cela prophète : le vrai prophète est celui qui en ses mœurs ressemble au Seigneur... Le vrai prophète, s'il veut s'établir parmi vous, mérite qu'on le nourrisse; le vrai SiSîoxkIoî aussi, comme l'artisan, a droit à sa nourriture*. »
Si tous ces traits ne sont pas aussi cohérents que notre esprit d'ordre voudrait qu'ils fussent, ils manifestent du moins un état où la hiérarchie naissante des épîscopes et des diacres, élus par la communauté locale, est encore subordonnée à un personnel itiné; rant de prophètes, de !tÎBiiKBl.oi, d'apôtres, que l'Esprit pousse où il veut. Et c'est la nouveauté de la Didackè de nous instruire de cet état tout primitif que les grandes épîtres paulines ne faisaient qu'indiquer.
I. Id, xï, 1-a : )[!ipoTovf,(raT3 èiuToïc i^timonou; xai Eiaxivou; nEiom ToO xupiou, à-iBpac itpaeî; ml ijtîiipïijpouî naï àJtiOEÎs liai CESax(^atJ.évDu;, {i[(ty tkf }.EiTaup-)-»tiin xni aÙTOi t^v IciToupyiav tûv npsf^Tuv vil SiSauitàluv. — |t^ oûv iinfpLSiiTC aOroili;, a{no\ ^ip
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ÉTUDES DHISTOIRK
tes capables a^^|
L'énumêralion esl aL'hevée des lextcs c donner quelques indices sur les institulions liiérar" chiques de l'Éf^lise naissante, indices divergents assez pour que la recherche de la loi qui a présidé au développement de ces institutions ait provoqué les plus divergentes hypolhèses ' .
Ritschl voulait qu'il eftt existé deux types de gouvernement ecclésiastique. Jérusalem avait réalisé le type judéo-chrétien, qui sydevait maintenir jusqu'au temps d'Hadrien; et ce type avait été appliqué à Alexandrie jusqu'au milieu du troisième siècle, selon ce qu'en témoigne saint Jérôme: des presbytres égaux présidés par l'un d'eux*. Partout ailleurs s'était propagé le type ethnico-chrétîen, dont la formule achevée est donnée par les épi très ignatiennes (Ritscbl n'admettait pas leur authenticité). La fonction disciplinaire exercée par les presbytres ou épiscopes au-
1. E. LOïMSC, Die Gcmtindfverfaisung des Urthrialeiillium» (Halle 1BS9), |i. 1 ets., elH. Soax, Kirelienreclil, l. l(Lclpirg 1881), p. 4 et s., anaJvBeni ces hypoiiièses.
!. HiEiiciiivii. Epinlul. t\Lvi : > Aleisodriae a Marco euaagelisla ubqne ad Reraclam et Dionysiam epîscopos, presb^teri semiier imuni ex ic cleuturii in eicelalori Igco collocatum ffplBcapum aontioalMiil, quoDio<)Q si etercltus imperatorem faciat, aui diaconi eligant de ac quem ÎEduatriuni noveriot et arcliidiaionum votent. Quid enim facit excepta ordloBtionc cpiscopus iiiiod presliytar non taclat ? ■ 11 est probntile quejérâme a pria celte Inrormallon danauti cotnmenlaleur plui anclED.
LcP.V0NDuMN-BonK0W9Ki,ifi's(orù[T'ief Ja/lr6uFA,1.KXI{19(Q;,p.HIjS4, loustt? tilre de • Studfen zurSItesten Llteratur Tiber den Ursprung des Kpisbopals «, i r^unl tous le* leste» où cette information reparnii. tOQ travail eat fort insiruclif, maïs il esl dommaBe qu'il l'ail eotrepris pour dâtnontrcr que toule cette cliaiue de lêmoignages iio repré- «cote aucuoe IradUlon primitive.
rait lentement donné naissance ii l'épiscopat monarchique et doctrinaire du temps d'irénée et de Tertullien'.
Renan, préoccupé de ne séparer pas l'iiisloire chrétienne de l'iiistoire du monde ancien, crut que les Eglises chrétiennes étaient identiques d'organisation & ces associations religieuses, thiases ou collèges, du inonde grec, où l'épigraphie lui révélait des ^irionmioi, des lupioGÛTEpoi ^. Mais pour Renan ce rapprochement était une indication plus qu'un système, il n'y insista point. Au contraire, après la publication de M. Foucart sur les associations religieuses chez les Grecs (1873), certains critiques, comme Weingarten, pensèrent découvrir toute la hiérarchie catholique dans l'épigraphie des thiases : l'association chrétienne aurait commence par le régime du patronat, chaque groupe ayant son itpooTaTTji; ; puis le régime du patronat se serait transformé eu celui des collèges, le wpootiiTr.î ayant été remplacé par un iiti'aKoitoç on thiasarque, assisté de prêtres*. S'il faut en croire Hatch, l'épigraphie établirait que les épiscopes sont les fonctionnaires chargés, dans les cités de Syrie et d'Asie Mineure, de la gestion des iînances municipa- I les. Chaque communauté chrétienne était adminis- I trée, au point de vue matériel et disciplinaire, par un I comité d'anciens ou presbytres : ceux de ces presby- Ires qui étaient afTectès aux finances, portèrent le I nom d'épiscopes. Des diacres étaient les t des épiscopes. Dans les grandes villes, oîi le e
t. Die Enttlehung dcr allkalhùtitchen Kirchs (Bonn 1857). >. Originel du chritlianisme, 1. u, 3r^\ l. m, sis, eta. 3. Wkimoabtks, dans la RiiiariKhi Zeilackrifi, I. StLV (18W). p ' r-t elle par LSnfng el Sohm.
iTtDES D'ulgTOlUE. 15