M ÉTUDES D'HISTOIRE
financier était plus étendu, on le centralisa entre les maius d'un épiscope en. chef, qui bientùt devînt l'épiscope souverain ' .
D'autre part, l'opinion ancienne (eUe remonte Vitringa, De synagoga velere, 1696), qui chercl dans la synagogue le prototype de l'Église, retroU' vait un défenseur en M. Holtzmann. Les conimu' nautés paulinîennes, à ses yeux, étaient inorganiques, et l'action de l'Esprit y était libre de toute loi; le paulinisme aurait cédé à ud christianisme, non poiut judaïque, mais juridique, et, dans cette évolution, les formes souples de l'association religieuse pratiquée par les Grecs auraient cédé aux formes plus dures et plus serrées du régime des synagogues juives : presbytres-épiscopes [termes synonymes) et diacres seraient à l'origine les archontes et hypérètes des synagogues; plus tard, pour mieux affermir Tunité dans la lutte contre l'hérésie,., l'un des presbytres-épiscopea serait devenu Vévét sonverain '.
M. Harnack^, reprenant l'idée de Hatch, distingua-, dans les communautés chrétiennes une double organisation. La première partage la communauté en communauté dirigeante et communauté dirigée, jrpEoéÛTïpoi et en vewTEpoi. Cependant l'adminislratii dons à recueillir, aumônes àdistribuer, culte à ex( cer, est la fonction délé guée à des presby très spécû lement désignés sous les noms de diacres et d'é| "
l.E. Hncn, The organizalinn. of Ikeearly cliriatian ehurc!\es (Oxtati
î. II. J. HoLTiMiNs, PailoraUfriefe (1880), elle par LDning et Sobm. 3. V(i;ez sa Irailuction allomnntla du livre de Baicb (1883), ses prolégomènes i l» Didachè (188*), et ga Dogmaigachichu, L 13, p. Wi-nT.
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ET DE TnÉÛLOGlE POSITIVE.
copes. On eut ainsi des presbytres et des presbytres- (^piscopes. Ni aux uns ni aux autres n'incombait le ministère de la parole, lot dcsapûtres, des prophètes (it des didascales, investis par vocation ou par charisme. Lorsque prophètes et didascales disparaissent, les épiscopes les remplacent dans la Staxovlix toû lôyoti, en vertu, non d'un charisme, mais de la délégation vraie ou supposée des apôtres. La crise amenée par le gnosticisme, par besoin d'unité doctrinale crée la monarchie épiscopale.
Pour Weizsâcker, les presbytres sont les plus anciens membres [i-Ka^-fni) de chaque communauté, les témoins des apôtres, comme les apôtres l'étaient de Jésus-Christ : c'est parmi ces presbytres que l'on a choisi les membres chargés de fonction dans la communauté [TTpoïoTBfiEïQi, f|foil[:i£voi, Jïtfsîioitoi), l'investituPLde ces fonctions appartenant sans doute aux suffrages des presbytres. Les prophètes et didascales de l'époque primitive ont été éliminés par les épiscopes. Le ministère de la parole, devenu le lot des épiscopes, a été centralisé entre les mains d'un épîscope suprême, et les autres épiscopes ne se sont plus trouvés CLre que des presbytres, avec cette différence que ces dentéro-presbytres avaient une fonction, tandis que les proto-presbytres n'avaient qu'un titre '.
M, Loning a le mérite d'avoir fait une critique excellente des systèmes de Weingarten et de Hatch, et d'avoir bien montré que les institutions hiérarchi- (pies de l'Églisene devaient rien aux institutions collégiales ou municipales de la société païenne, l'assimilatioD de nos épiscopes aux Èirloxoitot des inscriptions
25e ETUDES OUlSTOIRIi;
grecques étaot tout spécialement insoutenable. M. Lôning croit reconnaître trois formes d'orgaiiisalion de l'Eglise clirétieiine coexistant au début du second siècle. Une communauté souveraine élisant le comité d'épiscopes qui l'administre, le ministère de la parole et du culte, d'abord individuel, tendant à être réservé aux seuls épiscopes. Une communaut>> ayant à sa tête lin comité souverain de presbytres, investis par l'imposition des mains des presbytres eux-mêmes, et auxquels appartient la parole, le culte, la discipline. Une communauté régie par un épiscopat monarchique à linstar de la communauté de Jérusalem régie par Jacques, puis par Siméon. Ces trois formes de constitution se seraient composées dans le système hiérarchique préconisé par saint Ignace ',
Pour M. Sohm enfin, l'Eglise a commencé par être inorganique, tout y était subordonné aux seuls charismes, et d'abord au charisme de la parole. La liturgie eucharistique fait la transition entre l'état charismatique et l'état organique, car l'eucharistie, après avoir été administrée par qui avait le charisme de la parole, l'a été ensuite par qui avait l'administration de la propriété collective. Eucharistie et propriété ont donné naissauce à l'cpiscopat et au diaconat. Le presbytérat est un titre d'honneur porté parles membres de la communauté que leur vertu, leur ancienneté, leurs services distinguent, et font asseoir à la table eucharistique à côté de l'évéque. L'institution de l'épiscopat monarchique a été inaugurée à Rome : la Prima Clemeniin fait époque dans l'histoire du droit