FACE (A
ISM études D'HISTOIRE
tribulion psl le (mit d'une callecte; cette ilistnbulion ' est faite aux pauvres seulsi c«tt« distrjbulron n'est ' j>i* un ri?pas qui serait commun aux pauvres et auic I riches.
Tertullien passe à une troisième considération. Si, i dit-il, nos caenulae sont purement religieuses, on ne I «aurait les soupçonner d'aucun excès. ■ On ne prend I pas place sans avoir d'abord prié: non prias disciim- 'T... t C'est donc un repas, m'objectera-l-on ! Pas encore, rt-pondrai-je, car ces expressions sont symboliques, comme le mot raenula, comme \e raol tricUniiim, comme le mol convivium ' : symbolisme bien explicable à qui réfléchit que la communion se fait autour d'une mensa et non proprement d'an autel. Tout le développement de Tertulhen est plein de ce I, symbolisme à double entente. Les fidèles mangent et ) boivent : ainsi Atiercius déclare avoir bu un vin délicieux qu'on lui r donné avec du pain^. Seulement, Abercius, plus explicite, nous révèle qu'il parle, oad disant, du poisson, c'est-à-dire du Christ.
Le festin fini [post aijuam maniialemj, on cliani des cantiques empruntés aux saintes Écritures c improvisés : on peut voir là comme chacun a imiM C'est dire qu'on ne buvait guère. Fuis on se séparfl|V non pour courir à la débauche, mais paisiblemeotl
«■[ni Cfprien. CI. litkiik. De lapsâ 6 : i ... csorlcatilius in ecclesli [raUibDS irgenlum... • Dt op. et elemot. tb : • ... cuib uoivcrsa q joe dtnlur pupillls et Tldula coorerenlur. dit illa quam oportebai acciperc [Inopi vldui]. •
I. cr. Apologit.l: • Dlclmui' Kceleraiiwinii de racramento Inrinliciililel pabulo inde el poat eotitiviiim tncesla •. Le mot eoneiaium eat appliqué 11 i feuchariitle. jl(f luw. Il, t : • ... coovlvium riominlcum IMud qiiod Infamant >. IJt encore H n'agil de IVucbariille.
i. VoTGz aoire article liiaciim da Dielionnairt de IMologie, ^^
comme des gens qui ont soupe de discipline pliitôl que de mets. Cette frugalîlê toute spirituelle s'en ten^ drait malaisément d'agapes, si modestes fussent-elles.
Tertidlien achève : « Haec coilio christianorum Voilà toute l'assemblée des chrétiens. Quoi donc? dirons-nous, n'en ont-ils pas une autre, la réuni< eucharistique? Car si TertulHen a décrit Ik les agapes, il y a une autre coitio chrislianoruin. Mais non, il n'y en a pas deux, et cette prétendue réunion d'agapes ne diffère pas de la réunion liturgique que TerlulUen décrivait d'abord : «. Coimus in coetum ut ad Deum precntionibus ambiamus orantes ... Coimus ad litterarum divinarum commemorationem.. . » C'est à cette unique façon de se réunir que pense Tertullien quand il conclut toute cette discussion en disant : « Haec coilio christianorum », etc., et que, cherchant un mot pour caractériser l'auguste gravité de ces assemblées, il les qualifia de o curia ». L'idée de festin est écartée.
n noua reste a expliquer ce que TertuUien désigne plus proprement par le mot agape. Tcrtullien, s'adressant aux martyrs, fait une sorte de panégyrique de la prison : dans cette amplification oratoire, prend place cette considération que, à comparer la vie dans le siècle et la vie en prison , l'esprit acquiert en prison plus que la chair ne perd. Encore faut-il dire, ajoute TertuUien, que « la chair ne perd pas ce qui lui est dû, grâce au soin de l'Eglise, l'agape des frères : immo et quae iusta sunt caro non amittit per curam Ecclesiae agapen fralrum* ». Si l'agape est à cette époque un repas quasi liturgique fait en com-
KTLIDES DHISTOIRB
mun par les fidèles, comment expliquer cpie les pn-J sonniers y prennent part? Supposé que les fidèles n célèbrent l'agape et envoient ensuite aux prisonniers la part qui leur revient, comment ce repas liturgique peut-il suffire à empêcher les prisonniers de manquer de rien ? Pourquoi n'envoyer aux prisonniers que leur part de ce repas ' ? Quelle énigme mystique est-ce là? Au contraire, tout s'éclaire si l'on se rappelleque, dans les assemblées chrétiennes et plus particulièrement dans les synaxes eucharistiques, une collecte était faite {modicam unusquisque stipem), et que le fruit de cette collecte servait à secourir les pauvres, les J orphelins, les naufragés elles martyrs en prison, « etT siquiinmetallis, et si qui in. insulis vel în custodîiSfM diimtaxat ex causa Dei n. Où l'on voit que a^a/je/T-a-f trum désigne une vertu sociale, la charité réciproque,,] puis indirectement la collecte qu'elle produit et l'u-f sage qu'on en fait'. Ce sens est nouveau et il est dif-l fêrent de celui que nous avons noté plus haut chei Tertullien même. Parlons plus précisément : l'assem-i blée par excellence est la caenula eucharistique, c caenula est appelée ÙYâirri, et la collecte qu'on y fait'l est elle aussi appelée iii-!n\.
M. Keating est obligé de reconnaître que démenti
I, Admar(!/r.,l :. ... cainis alimenLa, benedii^U martyres desienall, ijuac vobis et domiBa maler Eci;lesia de ubcribus aufs, et «ingnli fraires de opibua suis propriis in carcerem submliiialriQt •■
9. M. KsiTiRC (p. (j8| signale un >ulre loile de Terlitllien : • Apud le agBpe In cacahU rervet, Odes tn culinis cgiet, apea in ferculla iacel > De ieiun. 17). El nona avons pria luasi [art. cit.) ce texte camine une ^ attestation de l'uaage de l'agape En râalllé, Tertullien avec Bon Iro^iJ nie onlTHnciere reproche aux calbollquea de ne pratiquer pas Isl^ Jeûa^s rigourem des HoDlauiBtes : • Gulae indaSgel •, clame-t-U î^ l'Ëgllac: la fol, Ion espérance el ta cliarité louraeDl en gloutonnerie! Cesl, penions-DOUB. [ont le seni de celle tirade bouffonne.
d'Alexandrie s'exprime au sujet de l'eucharistie comme si elle se célébrait sans aucune agape, car, préoccupé de faire de l'eucharisUe la représentation de la dernière cène, M. Keating tient à l'agapa comme à un archaïsme. Le silence de Clément d'Alexandrie sur cette prétendue forme primitive de l'eucharistie l'étonné, mais ne le décourage pas, M. Keating étant évidemment de ces dogmatist«s qui sont disposés à penser que les textes ne prouvent Jamais contre leurs thèses.
Pourtant, en les reprenant un k un, on n'est pas peu surpris de voir que, toutes les fois qu'ils ont trait au sujet, les textes produits par M. Keating démolissent sa thèse. Ainsi Clément d'Alexandrie reproche aux Carpocratiens leur morale impudique et accuse leurs conventîcules d'être des réunions de débauche : n Ils se réunissent pour des banquets, car je ne pourrais appeler leurs réunions du nom d'ifi-Krt ', i> Dans ce passage Clément oppose SdirvOT à àyâTrii : par i-^iictt il désigne la ferveur des réunions eucharistiques. Comment pourrions-nous faire itiini synonyme de StÎTtvov?— Ailleurs Clément décrit la sobriété qui doit régler la table du chrétien : cela aussi, dît-il, regarde la Pédagogue, et « la sobriété est une bonne nourrice, qui tourne à la charité envers la communauté * n. Puis Clément flétrit les intempérances et les prodigalités de la table, et il conclut que l'Esprit- Saint condamne de tels excès par la voix d'Isaïe et enlève à des chrétiens si déréglés n le nom de la charité ^ o. Ofi voit-on, en cela, qu'il s'agisse