I. Epiitui. XX
9. On Ijoit non moina copieusement sur la Ïambe des marljr*.' FMitDo-CiE'niiN. Dcduplici marturio, wi : • Temulentis «dea cnam nia est Àfricse noslrac, ut propemodum non habcant pro crlmlne. Annon Tidemna ad marlyruiD niemaria» chrisllanum a cltrUtisoii Foglad cbricUtGmF ■ Aucnsnir. Coitlra Faaal. maiiich. XX, Il : • Qu< se in mernoriii marljnim Inebriant, qaomodo ■ nobll approlMrl poasunl? •
veut donner aux pauvres, qiie l'on donne un peu d'argent.
L'usage condamné ainsi, en Italie et en Afrique, BUP la fin du iv" siècle, est, il semble bien, un usage païen, un essai de christianisât ion des parentalia, non une déformation des prétendues agapes liturgiques. L'usage de manger et de boire sur la tombe des défunts constitue ce que saint Augustin appelle des fl quasi parentalia », Saint Augustin Fait remonter cet usage au temps qui suivît la paix de l'Église ' . Ce qui est chrétien, au contraire, c'est l'usage traditionnel de distribuer aux pauvres des aumônes en argent, et tel est l'usage que saint Augustin veut qu'on encourage.
Saint Jérôme ^, dans une lettre qui date de 384, raconte en termes mordants que les veuves chrétiennes de Rome ne savaient pas faire l'aumône discrètement, mais quelles y mettaient une publicité du plus mauvais goût : « Cum ad agapen vocaferint, praeco conducteur n. Et il rappelle à ce propos « la plus noble des dames romaines », distribuant de sa main des nummi un à un aux pauvres dans la basilique de Saint- Pierre, pour mieux établir sa réputation de femme pieuse, « qao religiosior pntaretitr ». Ces aumônes faites ainsi publiquement dans une basilique, c'est ce que saint Jérôme appelle du nom d'agape. Saint Augustin dira de même : « Plerumque in agapibiis etiam carnes pauperibus erogantur... Agapes nostrae pauperes pascunt, sive fmgibus, sive carnibus » *.Agape était devenu en latin le synonyme d'au-
i.Epistuh XXIX, 0.
s. Bpùlvl. XXIl, 3'.
k Contra Pa-ast. Uanieh. KX, X).
soi ËrUDES DHISTOIRE
miine. On pourra voir dans Ducange !a persisl de ce sens dans la bas latin, où faire Tagape, mander l'agape, signifie faire l'aumône, demander l'aumânc. Et si Ion veut bien se rappeler la collecte dont parle soit Terlullien, soit saint Cyprien, on pensera que l'agape -aumône est pour les Latinata forme traditionnelle de t'agape'. H
Passons à l'Orient grec. S
On eût fort étonné, sans doute, saint Jean Chryso™ tome si on lui avait demandé comment se célébraient les agapes à Constantinople, car pareil usage liturgique lui est totalcmenl inconnu. La preuve en est dans le commentaire qu'il donne du texte cité plus haut de la première éptiroaux Corinthiens, n Les premiers chrétiens, dit- il, avaient tout mis en commun, et telle était encore leur règle au moment où Paul écrit aux Corinthiens, quoique déjà on l'observât moins rigoureusement, puisque l'apôtre témoigne qu'il y avait dans la communauté de Corinthe des riches et des pauvres : les biens n'étaient donc pas mis en commun. Toutefois dans les réunions du culte, quand la célébration des mystères .était achevée, on procédait à un repas commun, où les riches apportaient leurs provisions et invitaient les pauvres à partager avec eux ; tous mangeaient ainsi ensemble. Mais cet usage futvite corrompu... Delàle désordre réprimé par saint Paul u ', Celte exégèse de saint Jean Chrysostoi
I. Quani A faire dea Teslms dans les âglisea, l'on u'j longeail
ou l'on n'y Bougeait que pour s'élever contre uoe lelle loconveni
Voyei: le trenliènie csnon du concile de Cartliasc de 387 : • Vt oalli epiacopl Tel clerici in eccleaU conïlTenlur, niai forie hoapUioram necesaltale illlc reficlant ; pupull eliam ab canviviii quantum Seri potesL proliibeaDlur. •
a.Bomii. in ICor. XXVII, t.
nous confirme dans le sens que nous avons donné au Ifiste de saint Paul : l'apôtre n'a en vue aucune institution liturgique. Mais surtout saint Jean Cliryaostome, à la façon dont il parle de ces repas en commun pratiqués parles Corinthiens, ne nous permet pas de douter que ces repas appartenaient à l'histoire du christianisme primitif, uniquement. M. Keating m'étonne quand il affirme, après cela, que les expressions de saint Jean Clirysostome n semblent nous donner une peinture, peut-être un peu idéalisée, de l'agape de son temps, ou peut-Étre mieux plus anciennement 11.
Cependant, dans l'Orient grec, au iv' siècle, on signale des pratiques analogues à celles que nous avons vu condamnées par saint Ambroise et par saint Augustin. Ces anniversaires de martyrs dans les églises suburbaines sont l'occasion d'intempérances. Tout ne se passe pas avec la grâce idyllique que décrit saint Jean Chrysostome : les pèlerins après la messe se répandant autour du marlyrium, se délassant BOUS une vigne ou sous un figuier, sous l'œil du martyr qui veille à ce que le délassement ne dégénère pas en péché '. Le doux versificateur qu'est saint Grégoire de Nazianze nous assure que Tceil du martyr ne suffisait pas à maintenir l'ordre, et que trop souvent le repas d'innocent devenait crapuleux :
MapTÙp<}|X«i, àBXôfop«i *.a\ jjiapTUpt;, E;€p[v lOi^xav
KtCDES D'HISTOinE
Kn dehors do ces réjoiiissancps Je pèlerinages, B-l-il exista dans l'Orient g:reo des sortes de banquets nix des chrétiens se réunissaient à Trais rommvin»? Je le crois et j'en ai pour preuve le cinqnantecintjuièmo canon de Laodicée (de Phrygie), vers le milieu du quatrième siècle : ce canon interdit anx clercs de faire des festins par cotisation, et il l'interdit pareillement aux lafques *. L'interdiction est formello; mais M. Kcaling pourra dire qu'elle ne vise pas les nffapesj et, en effet, ici encore, il n'y a point d'apapes.
Aurons-nous enfin une attestation Franche?
» Si quoiqu'un méprise ceux qui par religion font des agapes et qui pour honorer le Seigneur y invitent les frères, et s'il refuse de prendre part à ces invitations par mépris de cette pratique, qu'il soit anathème *. ■ Ainsi parle le onzième canon du concile de Gangres, vers 300-370.
Un texte de la mûme époque, pris aux Constitutions apostoliques, jette une vive lumière sur cette mention : n Ceux qui à l'agape ou repas, comme dit le Seigneur, veulentinvitor les vieilles femmes, qu'ils s'adressent à celle que le diacre certifie être pauvre ". n
I. "Otio-j 3tïl£p«Ti)wù;î| icliipiMÙ: h. tniiiBoiïJt iiv(lniSoia ïnitiltlv, àW oASi laïxoij;.
1. El n; xaTXTpovaEi; tûv in nlimu; à^àtioc; naioûvtuv xal 5ià Ti^i^v Toû inipiou ovpolnvvTMV TDÙ! iÎEXTOÙf. xal |i*| âeAoi «oivuvetï ™t( xl-ntren 3ii ri ileuicXiCeiv ta yhoiiivov, i. l.