‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 117 sur 118 · Homil. 1)1 / Cor. XXVII. I · texte numérisé non relu

Homil. 1)1 / Cor. XXVII. I

2. Même sentiment chez Théodoret. In I Cor. XI, IC, et chez saîu^ Jérôme, In I Cor. XI, iO. Sur l'embarr as où sont les commentaleiirs pour ilrterminer si l'agap^ a lieu avant ou après la communion, voyez Bi.ncuau, Origines, t. VI, p. 50:-:W'.).

de l'agape de son temps, ou peut-être mieux plus anciennement ».

Cependant, dans l'Orient grec, au iv° siècle, on signale des pratiques analogues à celles que nous avons vues condamnées par saint Ambroise etpar saint Augustin. Ces anniversaires de martyrs dans les églises suburbaines sont l'occasion d'intempérances. Tout ne se passe pas avec la grâce idyllique que décrit saint Jean Clirysostome : les pèlerins après la messe se répandant autour du martyriiinij se délassant à l'ombre d'une vigne ou d'un figuier, sous l'œil du nfartyr qui veille à ce que le délassement ne dégénère pas en péché ^ Le doux versificateur qu'est saint Grégoire de Nazianze nous assure que l'œil du martyr ne suffisait pas à maintenir Tordre, et que trop souvent le repas dinnocent devenait crapuleux :

Mapiupoiiat, à6X6<popot xa\ [xdtpxupsç, uSoiv ïOrjxxv Tt[j.àç u;j.£X£pa?oî otXoYaaToplôai^.

En dehors de ces réjouissances de pèlerinages, a-t-il existé dans l'Orient grec des sortes de banquets où des chrétiens se réunissaient à frais communs? Je le crois et j'en ai pour preuve le cinquantecinquième canon de Laodicée (de Phrygie), vers le milieu du quatrième siècle : ce canon interdit aux clercs de faire des festins par cotisation, et il l'inlerdit pareillement aux laïques ^, L'interdiction est formelle; mais M. Keating pourra dire qu'elle ne vise

*.. Hornil in sanctum Iulianum, 4.

e. Cnrm. H, 2, 29.

3. "Oti où Seï iepaTiv.oy; v] x).'opiv.où; êx (7y|ji6o>,?;ç (7U|i.rô(ïta Èui- (t/.z'.v, cùX o'joï ).aixoûç.

pas les agapes; et, en effet, ici encore, il n y a point d'agapes.

Mais les voici reparaître :

« Si quelqu'un méprise ceux qui par religion font des agapes et qui pour honorer le Seigneur y invitent les frères, et s'il refuse de prendre part à ces invitations par mépris de cette pratique, qu'il soit anathème *. » Ainsi parle le onzième canon du concile de Gangres, vers3G0-370.

Un texte de la même époque, pris aux Constitutions apostoliques, jette une vive lumière sur cetti? mention : « Ceux qui à l'agape ou repas, comme dit le Seigneur, veulent inviter les vieilles femmes, qu'ils s'adressent à celle que le diacre certifie être pauvre^. »

L'agape n'a rien ici de liturgique, aucune connexion avec l'eucharistie. Elle est une charité, une distribution, inspirée par la parole de lEvangile : « quand lu feras un festin, invile les pauvres » {Luc, xiv, 13). I.e mot même de l'Evangile est donné comme synonyme... à'^i-Kf^* -ÀiTOi oo/r)v wç 6 xûpio; wvoaade. C'est une forme très spéciale de la charité, puisque l'on invile seulement à cette agape les vieilles femmes secourues par la charité officielle de l'Église. Forme plus spéciale encore, cette distribution fait»' aux vieilles

1. Et T'-î xaxaçpovoîri TÔiv 1% TtioTsw; àyàna; itoio'jvtwv xal ôiàt

-vi'.-i Tai; v.'ii\nz<}\. ô'.à t6 èU'JT-^'Ï^iv to Y''ô|Atvov, à. l, !2. Coimlitul. apostol. II, 38.

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femmes est une distribution sur laquelle une part est prise pour le clergé. L'évêque, dabord. alors même qu'il ne serait pas présent au repas des vieilles femmes, a droit à une part ou prémice. Puis les diacres ont droit à une part double de celle de chaque vieille femme. Autant pour les prêtres. Les lecteurs, les chantres, les portiers, chacun une part. Tel est le tarif imposé aux laïques. Nous voici en présence d'une institution très particulière, que nous n'avons rencontrée ni chez les Latins, ni à Constantinople, et dont la mention qu'en font les Constitutions apostoliques atteste qu'elle est en vigueur en Syrie vers le troisième quart du iv* siècle. Cette institution continue celle dont la. Didascalio, au m* siècle, attestait déjà l'existence.

La Constitution ecclésiastique égyptienne, que l'on attribue au iv* siècle, parle à son tour de pareilles distributions aux vieilles femmes pauvres ; mais elle ne prononce pas le mot d'agape et elle ne dit rien de la part à faire au clergé. C'est une distribution semblable à celle de la Didascalia, bien que le règlement en soit plus vaguement indiqué ^ .

Ainsi, en Syrie et en Egypte au iv^ s'ècle, l'usage, attesté par la Didascalia au m® siècle, subsiste de donner des repas aux pauvres et d'appeler ces repas du nom d'agapes, L'interpolateur des épîtres ignatiennes, reprenant le texte d'Ignace — « Il n'est point permis sans l'évêque soit de baptiser, soit de faire l'agape », l'eucharistie, — se croit obligé, pour préciser les termes d'Ignace, de substituer au mot «agape» deux périphrases, l'offrir

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