Apol. contra Arian
croyable, si ce n'était dans le dossier. Oui, des prêtres, eux qui sont ministres des mystères, sont exclus de l'audience, mais le juge est un homme du dehors (l;ojTi/.ôç) ; mais des catéchumènes sont là; mais, pis encore, des païens et des juifs sont là; et on interroge là des témoins sur le sang du Christ, sur le corps du Christ. Il fallait, conclut Athanase, que cette enquête fût faite dans l'église par des clercs, légalement, et non par des païens qui ne connaissent pas la religion ^ » Le sentiment d'Athanase est que les ariens en provoquant cette enquête ont produit le scandale de voir un préfet d'Egypte païen interroger des fidèles sur l'eucharistie, en présence de païens, de juifs et de catéchumènes ; mais n'est-ce pas la preuve que le concile de Tyr n'était nullement arrêté par l'arcane, comme si cet arcane était une règle catéchétique que l'on pouvait sacrifier à l'occasion?
Une règle catéchétique, l'arcane est cela, rien que cela, et il est cela partout. Sainte Silvia, sur la fin du iv^ siècle, recueille l'allocution de l'évêque aux catéchumènes de Jérusalem, à la cérémonie de la reddition du symbole : « Per istas septem septimanas legem omnem edocti estis Scnpturai'um, necnon etiam de fide audistis, audistis etiam et de resurrectione carnis... » Au cours des sept semaines que dure la catéchèse, on a exposé aux catéchumènes l'histoire sainte et les articles du symbole. « Tarnen adhiic catechumeni audire verhum aut quae sunt inijsterii allions, id est ipsius baptismi, quia adhuc catechumeni audire non potestis... Quia adhuc catechumeni estis, mysteria Dei secretiora dici vobis non pos-
\. Apol. contra ^n'an. 31.
sunt ' . » Il est pour les catéchumènes un mystère plus profond que les articles du symbole, c'est le mystère du baptême et de leucharistie : on n'en a pas prononcé un mot devant eux jusqu'ici, parce qu'ils sont catéchumènes. C'est ce même règlement du catéchuménat qui veut qu'aussitôt après l'homélie les catéchumènes soient congédiés de l'église et que les portes soient surveillées, de peur qu'un païen ou un non-initié (aaurjo;) n'entre pendant la célébration des saints mystères^. Saint Jean Chrysostome prêchant à Antioche : « Je veux parler clairement, dit-il, mais je n'ose pas, à cause des non-initiés 'àaur'xouç) : ceux-ci nous rendent malaisé le devoir de commenter la sainte Ecriture, car ils nous obligent soit à ne parler pas clairement, soit à leur exposer ce qui doit être celé. » L'orateur fait allusion à l'article du symbole sur la résurrection de la chair. Ailleurs, faisant allusion à l'eucharistie, et citant la prédiction faite par Joseph à l'échanson : « Je ne vous dis pas, moi, que vous mettrez la coupe aux mains du roi, mais bien que le roi mettra lui-même la coupe entre vos propres mains, la coupe redoutable, la coupe débordante de vertu, la coupe plus précieuse que toute chose créée : les initiés savent la force de cette coupe (îffaaiv oî acaur,u.Évoi\ et VOUS, avant peu, vous saurez aussi ^. » En Occident saint Augustin atteste de môme que les catéchumènes sont congédiés après l'homélie et que l'homéliste ne peut s'exprimer devant eux qu'avec une réserve grande sur les articles du sym-
i. Peregrin. (éd. Geteh), XLVI, 6. Cf. Cyrille, Procat. 5; Cal. VI, 90;Mystaf)og. I.