Contra haer. I
Denys, qui fut évêque de Corinthe vers 170, il en est une adressée aux éoflises du Pont sur le mariage et la continence illêpt vâao'j xxi àyvei'aç), c'est-à-dire sur la question encratite : elle était donc le sujet de discussions et de divergences entre Eglises. La doctrine de l'évêque de Corinthe est résumée par Eusèbe en une proposition : Denys, dit-il, « pose en règle qu'il faut recevoir ceux qui se convertissent de n'importe quelle chute, soit péché, soit même égarement hérétique ' ». C'est la doctrine d'Hermas, sans les restrictions et les hésitations dHermas. On ne peut affirmer plus catégoriquement le droit au pardon. Mais s'il est affirmé ainsi, ne serait-ce pas qu'il était mis en question ailleurs? Marcion, fils de lévéque de Sinope, semble avoir été élevé dans les maximes encratites : il tombe dans le désordre : quand il veut obtenir le pardon promis au pécheur qui se convertit, son père le lui refuse impitoyablement. Marcion, toujours repentant, arrive à Rome et demande à être reçu par les presbytres romains : ceux-ci refusent, mais seulement par égard pour l'évêque de Sinope. Le fait est rapporté par saint Epiphane, qui a dû l'emprunter à saint Hippolyte. On en peut déduire que l'évêque de Sinope était plus rigoureux que les presbytres romains ^.
11 faut conclure : l'Église a cru, comme elle croit toujours, à la possibilité pour le chrétien de garder la pureté baptismale. La vocation de l'Eglise est d'être une communion de saints. L'enthousiasme a tendu à faire de cet idéal la refile commune et la con-
i. Ei>Kn. //. F. IV, 2't, 6.
2. Ei'ii'UA>. Huer. M.n, 1. Cf. r'iiii.vsTn. Ilw^r. V, el TEUTif.. Pracicr. :>•.
dition du salut, en méconnaissant la distinction des conseils et des préceptes. La conscience chrétienne ne s'est pas laissé fausser : car cette conception aristocratique, c'estl'encratisme, et Hermas nous a montré de quel côté est l'Église *.
i. cf. SwEETE, « Penitential discipline in first Uiree centuries », dans le Journal of Iheological studies, t. IV (1!X)3), p. 330 sqq.