‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 88 sur 118 · Id. IV, 14, X · texte numérisé non relu

Id. IV, 14, X

la fonction des prophètes et des SioaffxaXoi ^ Et la Didachè s'étend sur ce ministère des prophètes. Le prophète est distinct de l'apôtre, mais comme l'apôtre il passe d'Eglise en Eglise, et il « parle au nom de l'Esprit ». Que « tout apôtre qui vient vers vous soit reçu comme le Seigneur ; il ne demeurera pas plus d'un jour, deux jours au plus : s'il demeure trois jours, c'est un faux prophète. L'apôtre qui passe ne recevra rien que son pain pour le temps de son gîte : s'il demande de l'argent, c'est un faux prophète. Quiconque parle au nom de l'Esprit n'est pas pour cela prophète : le vrai prophète est celui qui en ses mœurs ressemble au Seigneur... Le vrai prophète, s'il veut s'établir parmi vous, mérite qu'on le nourrisse; le vrai ûio-y.ffy.aXo; aussi, comme l'artisan, a droit à sa nourriture ^. »

Si tous ces traits ne sont pas aussi cohérents que notre esprit d'ordre voudrait qu'ils fussent, ils manifestent du moins un état où la hiérarchie naissante des épiscopes et des diacres, élus par la communauté locale, est encore subordonnée à un personnel itinérant de prophètes, de Sioà^xaXoi, dapôtres, que l'Esprit pousse où il veut. Et c'est la nouveauté de la Didachè de nous instruire de cet état tout primitif que les grandes épitres paulines ne faisaient qu'indiquer.

1. Id. XV, 1-2 : fZK^KiXO'^r.ai.it éauToïç éniaxÔTtou; xaî fiia/.ijvoy; à;îo"j; ToO xupîou, âvSpa; irpaeï; xai à^iÀapyJpo'j; xai àXriOeîç xai Ô£Ooy.t(i.a<j(j.évou;, Oixïv yàp ).eiToupYoOai xai aJToi tt^v )£tToypYiav Tôiv Tpoçi^Twv xai SioaTxtxXwv- — |xr, O'jv ûrEpioriTe aÙTO-j;. aÙToi '\i.^ £tuiv ol TiT'.ar.iJ.î'voi (laûiv [lexà twv npofTjxwv xai ciôaixd/.wv.

-l.ld. XI, 4-8; xui, 13.

252 ETUDES D'HISTOlllE

L'énumération est achevée des textes capables de donner quelques indices sur les institutions hiérarchiques de l'Eglise naissante, indices divergents assez pour que la recherche de la loi qui a présidé au développement de ces institutions ait provoqué les plus divergentes hypothèses ' .

Ritschl voulait qu'il eût existé deux types de gouvernement ecclésiastique. Jérusalem avait réalisé le type judéo-chrétien, qui s'y devait maintenir jusqu'au temps d'Hadrien; et ce type avait été appliqué à Alexandrie jusqu'au milieu du troisième siècle, selon ce qu'en témoigne saint Jérôme : des presbytres égaux présidés par l'un d'eux'-^. Partout ailleurs s'était propagé le type ethnico-chrétien, dont la formule achevée est donnée par les épîtres ignatiennes (Ritschl n'admettait pas leur authenticité). La fonction disciplinaire exercée par les presbytres ou épiscopes au-

i. E. LoEMNG, Die Gemeindeverfassung aes Urchrislenlhums (Halle 1889),!). 1 et s., et R. Soau, Kiixhenrecht, t. I (Leipzig 188-2;, p. 4 et s., analysent ces hypothèses.

2. HiERONYM. E})istul. cxL\i i « Alexandriac a Marco euangelista usque ad Heraclam et Dionysium episcopos, presbyteri semper unum ex se electum in excelsiori loco coUocatum episcopum nominabant, qiiomodo si exercitus imperatoiem faciat, aut diaconi eligaut de se quem industriuni noverint et arcliidiaconuni vocent. Quid enim facit excepta ordinatione episcopus quod presbyter non faciat ?» Il est probable que Jérôme a pris cette information dans un commentateur plus ancien.

Le P. vos Dl'nin-Borkowski, Historisches Jahrbuch, t. XXI (1900), p. 221- 254, sous le titre de « Studieo zur âltesten Literatur iiber den Ursprung des Episkopals », a réuni tous les textes où cette information reparait. Son travail est fort instructif, mais il est dommage qu'il l'ait entrepris pour démoutrer que toute celte chaîne de témoignages ne représente aucune tradition primitive.

rait lentement donné naissance à l'épiscopat monarchique et doctrinaire du temps d'irénée et de Tertullien * .

Renan, préoccupé de ne séparer pas Ihistoire chrétienne de l'histoire du monde ancien, crut que les Eglises chrétiennes étaient identiques d'organisation à ces associations religieuses, thiases ou collèges, du monde grec, où l'épigraphie lui révélait des stcicxottoi, des upecÇjTEpoi-. Mais pour Renan ce rapprochement était une indication plus qu'un système, il n'y insista point. Au contraire, après la publication de M. Foucart sur les associations religieuses chez les Grecs (1873), certains critiques, comme Weingarten, pensèrent découvrir toute la hiérarchie catholique dans l'épigraphie des thiases : l'association chrétienne aurait commencé par le régime du patronat, chaque groupe ayant son Ttpo<jTaTT,(; ; puis le régime du patronat se serait transformé en celui des collèges, le TtpodTaTr,? ayant été remplacé par un eTrî^xoTroç ou thiasarque, assisté de prêtres ^. S'il faut en croire Hatch, l'épigraphie établirait que les épiscopes sont les fonctionnaires chargés, dans les cités de Syrie et d'Asie Mineure, de la gestion des finances municipales. Chaque communauté chrétienne était administrée, au point de vue matériel et disciplinaire, par un comité d'anciens ou presbytres : ceux de ces presbytres qui étaient affectés aux finances, portèrent le nom d'épiscopes. Des diacres étaient les assesseurs des épiscopes. Dans les grandes villes, où le service

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