‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 93 sur 118 · Tim. V, 10. Cf. / Thess. ii · texte numérisé non relu

Tim. V, 10. Cf. / Thess. ii

église. Et la raison en est que, dès avant la diffusion du christianisme, le mot de synagogue a été adopté par les Juifs et par les prosélytes du judaïsme pour désigner leurs associations religieuses. Ce n'est pas une preuve sans valeur de la séparation très primitive des chrétiens d'avec les Juifs, que le mot de synagogue ait été éliminé de l'usage chrétien, ou qu'il n'y ait été reçu qu'en mauvaise part * . «^ La propagation du christianisme suppose un personnel missionnaire. Ce personnel est représenté dans nos textes par les apôtres et par les prophètes, deux vocables, non plus helléniques, mais juifs. Pierre est apôtre, Paul aussi, et de même Andronikos et Junias *, preuve que le mot doit s'entendre dans un sens plus large que ne le donnerait d'abord à penser le souvenir des « Douze ». L'apôtre est l'apôtre de Jésus-Christ, le témoin de sa résurrection, et tel est le cas de Pierre et aussi de Paul. L'apôtre est encore l'apôtre d'une Eglise existante, l'envoyé dune Eglise ^ ; mais cette seconde et toute judaïque acception qui ne fait de l'apôtre rien de plus qu'un courrier, — le GeoSpôuLo; de saint Ignace, — est très restreinte et s'oblitérera vite, pour ne laisser subsister que celle de témoin oculaire et d'envoyé direct de

1. Rom. XVI, 16 : al èxx>,ri<TÎai toO Xpia-oû. Aime, ii, 9 et m, 9 : ffuvaYwyri toO laxavà. Épipuane dira des ÉLionites (Haer. xxx, 18) : (i"jvaYWY^,v oÛTOt xaXoûiri Tr;v lauTôiv £y.x)r,a(av xai oOy t èxxXiiaîav.

2. Rom. x\i, 7. Cf. / Cor. xv, 7-10; // Cor. viii, 23; Xpoc. II, 2; Didach. XI. 4-6. Ligutfoot, Galatiatis, p. 92sqq.

3. II Cor. VIII, 23 : «TiôcrToXoi èxxXriatwv. Phili. ii, 23 : Oiicôv àT:ô(JTo).oc. LiGHTFOOT à ce sujet [op. cit. p. 03) rappelle un fragment curieux d'Eusèbe : àTTOcTTÔXoy; eîaéTi vùv èôo; ÊffTiv 'Io\jSa(oi; ovojJLcitîlEtv toù; âyxOxXia Ypâtiixata 7:sfà tûv àp-/dvTuv aÙTwv d7iixo(jiiÇo(Ji£voui;- Cf. Hierostm. Comm. in Gai. i, 1.

Jésus-Christ '. Le prophète n'est, par définition, ni l'envoyé d'une Eglise, ni un témoin du Seigneur : sa vocation et sa mission lui vient du Saint-Esprit, qui le possède, le mène, l'inspire. La prophétie est éminemment un charisme, une grâce d'exception : tel est l'Agabos du livre des Actes,, telles sont les filles du diacre Philippe. Les prophètes de l'Eglise naissante, issus de la société toute primitive des « Galiléens », reproduisent « les vertus du Seigneur, » comme dit la Didachè. Ils ont été les missionnaires de la première heure, et leur activité, que nous avons peine à imaginer, a été cependant assez grande pour que saint Paul puisse dire que les fidèles sont partout superaedifîcati super fundamentum apostolorum et prophetarum, le mystère jadis impénétrable aux enfants des hommes ayant été révélé, à qui? « aux apôtres saints et aux prophètes de l'Esprit^ ». Les pouvoirs des prophètes ne sont point confinés dans le ministère de la parole inspirée. Un mot de la Didachè leur attribue le pouvoir de célébrer leucharistie-*. Ce rôle demeure pourtant obscur. Il n'en est pas ainsi des apôtres. Les apôtres rompent le pain, les apôtres prêchent; mais déplus ils pratiquent vis-à-vis de tous le ministère de la formation spirituelle, la vouôeaia; ils commandent en maîtres auxquels nul ne résiste, sans excepter les propliètes; ils parlent de leurs ordres, comme de la volonté de Dieu même. Saint Paul , énumérant les autorités, met en première ligne les apôtres, en seconde les prophètes "' : apôtres

\. ICor.\\,\i : ojx e'-ixi àTtOT-o)/;;; ov^c 'Irjdoiiv éôpaxa; xtX. Cf. Gai. I, i et I Pet. v, 1.

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