‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 10 sur 142 · De rébus sacris et eccl. exercitationes (Londres · texte numérisé non relu

De rébus sacris et eccl. exercitationes (Londres

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jet prr)j)rc do larcarn', La transsubstantiation en est le plus profond secret*. Avant lui, le th'-olo^ien Estius (-|- 1013', commentant le livre des Sentence» et voulant expliquer pourquoi les anciens Pères n'ont parlé ni de la matière ni de la forme des sacrements, explique que la chose n'a rien d'étran^'e, puisque c'était là une partie des secrets qui tombaient sous la loi de Tarcane, et P^stius, se fondant sur l'autorité du pseudo-Aréopagite, étend le secret à toute la théologie sacramentaire ^. Les auteurs de la Perpé^ tiiité de la foi (1670) sont dans le môme sentiment : ils s'appliquent à montrer que M. Claude a tort quand il avance que la coutume de cacher l'eucharistie aux infidèles n'est « nullement de la pratique des trois premiers siècles, comme M. delAubespine, évéquedOrléans, Ta reconnu », et que « Ton ne trouve point dans les vrais ouvrages de ces premiers auteurs aucune de ces réticences et de ces formules qui sont familières aux écrivains du iv« et du v" siècle ^ ». L'évêque d'Orléans n'a pas réussi à accréditer l'opinion modérée.

Le protestant Jean Daillé y perdit sa peine. Pourtant il définit avec précision et justesse ce qu'était cette discipline de Varcane : le mot même est de lui. Il vit très bien, comme l'avaient vu Duperron et l'Aubespine, que le langage des Pères est en certains cas tout pénétré de réticences, notamment en ce qui a trait aux sacrements, et que ces réticences tenaient à ce que la célébration du culte

i. Antiquitas illustrata {kn\ers 1678). Commenta tio de Antiocheno concilio (Anvers 1681).

i. In lib. IV sententiarum (édit. Paris 1680,, dist. I, §19. 3. Perpétuité de la foi, liv. VH, chap. ii.

étant un service auquel on n'admettait ni les catéchumènes, ni les non-chrétiens, force était de ne parler des saints mystères qu'en termes obscurs quand on en parlait à tout le peuple. Par là l'esprit des catéchumènes devait être porté à un respect plus profond et à un désir plus ardent de ces sacrements qu'on entourait de tant de secret. C'était donc une discipline surtout pédagogique. Daillé vit aussi très bien que cette discipline n'était pas ancienne et qu'elle s'était affirmée surtout au iv* et au V® siècle : il niait, après l'Aubespine, qu'on en trouvât aucune trace aux trois premiers siècles '. A quelques nuances près Daillé avait mis toutes choses au point.

Mais la discussion avait pris une allure de mêlée. Le protestant W. E. Tentzel avait réfuté le chanoine Schelstrate (Wittemberg 1683). Schelstrate réfuta Tentzel par une dissertation Z)e disciplina arcani[k.\\r vers 1685), à laquelle Tentzel répondit par des Animadversiones (Leipzig 1692). La question de l'arcane était devenue une question d'école : elle a rempli le xviii® siècle d'une littérature, dont M. Huyskens a fait récemment l'inventaire 2.

Encore M. Huyskens n'a-t-il pas tout connu. Ainsi

le P. Merlin, jésuite, lui a échappé, qui est auteur

d'un Traité historique et dogmatique sur les paroles

ou les formes des sept sacrements de V Église (Paris

1745), où il est dit qu'au v* siècle « on ne voyait point

encore ni pontificaux, ni sacramentaires », et « qu'il

1. De usu Patrum ad ea definienda religionis capita, quae sunt Aodie controversa (Genève 1686).

2, HuisKENs, p. 16-22. BoNWETscH, art. « Ârkandiscipliii » de la Realencyklopàdie de Hauck, t. II (1897). Gravel, p. 13-17.

• ÉTUDES DfirSTOIRR

n'était pas permis, mc^-inc ., un . v...jue ecriv.iiii a un évoque, d'énuncer les termes qui constituent la forme des sacrements ». Il est dit encore que les formes des sacrements ont été immuables « dans toutes les Kglises chrt'tiennes du m(tme rit » durant les sept premiers siècles, et « elles doivent encore maintenant être les BRêmes ». Ces formes, continue-t-il, devaient être souries et indicatives, et il estime que « cela suit néiessairement ». Cette nécessité déductive le dispensant d'autre preuve, il écarte sans autre forme de procès les faits qu'on pourrait objecter, et rappelle à la modestie de leur condition les « quelques critiques « coupables d'avoir « commencé à faire parade d'une érudition évidemment fausse, qui impute à toute lantiquité d'avoir administré la plupart des sacrements avec des formes déprécatives ». Car, si les Pères taisaient les formules sacramentelles de prières, c'était pour ne point révéler ce qu'elles étaient. Et, p'areillemcnt, ils ne prononçaient pas le nombre des sacrements, si bien que « avant le xii« siècle nul auteur ecclésiastique n'a marqué dans ses ouvrages le nombre précis des sacrements ». Au xii* siècle seulement, sur ce point comme sur les autres, on commença « à se gêner un peu moins dans les écrits où l'on traitait de ce qui regarde les sacrements ' «.

On voit si la scolastique du xviii^ siècle avait abondé dans le sens d'Estius et de Schelstrate! L'augustin Berti, qui connaissait plus de sacramentaires que Merlin, demandait timidement au jésuite Zaccana comment on avait bien pu consigner dans le sacramentaire grégorien l'ordo de la messe et les pa-

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