Id. p
interrogeons-les, s'il est possible, sans parti pris.
Au. chapitre II des Actes, saint Luc parle des convertis de la première prédication de saint Pierre, Ils persévéraient, lisons-nous, et leur persévérance se ramenait à quatre actions : la SiSa/rj des Apôtres qu'ils écoutaient; la xoivwvia ou unité du groupe religieux qu'ils formaient ; la xXaaiç tou apxou, la fraction du pain; enfin les prières, -rrpoaeuj^ai, prières vraisemblablement en commun^. Ainsi s'exprime la source supposée paulinienne [B) des Actes.
Les versets suivants, qui appartiennent à la source judéo-chrétienne [A) des Actes, présentent le même fait sous les traits différents. Ceux qui ont cru n'ont qu'une âme et mettent tout en commun à commencer par leurs biens. Ils sont chaque jour assidus au Temple et ils rompent le pain dans les maisons. Us prennent leur nourriture avec joie et simplicité d« cœur, louant Dieu et trouvant grâce auprès de toiiA Je peuple 2.
Il importe d'examiner de près ce texte supposé judéo-chrétien. C'est ici, en effet, que les critiques comme M. Spitta-^ qui veulent que l'agape soit la forme la plus ancienne de la cène eucharisticjue, croiront trouver la justification la plus directe de leur théorie. Les convertis rompent le pain dans les maisons et prennent leur nourriture avec joie et simplicité : voilà bien la fraction du pain partie intégrante d'un repas. — Non, répondrons-nous, et c'est bien mal saisir la pensée de ce court fragment