Id. (384 B
4. Id. (383 A) : ràç TOtauTa; 6s éo-riàffeiç ô Kupioç àydcTtaç où xsyjyjxev. Et encore : àydTrr] 6è tw ôvti êTiojpàvto; ècTt xpoçr,, IcTiacii; XoYtXTH {id. C). Et encore : àyânYiouv ôôTttvov oOic êcttiv (883 B). Tout ce chapitre du Paedagog. est le développement de ce thème.
312 ETUDLS D'HISTOIHK
lectio *; que, par extension, on l'applique encore aux réunions eucharistiques, ainsi que fait Tertullien; qu'enfin l'essai est tenté de l'appliquer à des réunions honnêtes, à des repas de fêtes où des chrétiens se réunissent pour manger ensemble, mais que contre cet usage naissant Clément proteste au nom de l'Évangile. En toute hypothèse, ces agapes, qu il condamne, ne sont aucunement liturgiques. Il n'y a aucune ambiguïté dans les expressions de Clément.
La prétendue liturgie de l'agape n'a pas d 'autres témoins aux trois premiers siècles. Origène l'ignore et saint Cyprien tout autant^. A leur silence il faut joindre celui de Grégoire le Thaumaturge, de Lactance, de tous les auteurs connus du m" siècle, si je m'en rapporte à l'aveu de M. Keating lui-même. Toutefois, il conviendrait de citer ici le témoignage de la Disdacalia apostoloriim, une pièce que, avec M. Funk, on doit dater du milieu du m" siècle.
La Didascalia a connu les agapes. Elle parle des offrandes faites à l'évêque pour être distribuées par lui. Car on offre à l'évêque des aumônes en nature pour qu'il les distribue : n'est-ce pas lui qui connaît le mieux les indigents et qui peut le mieux centraliser et régler ces distributions? A lui s'adresseront les fidèles qui veulent faire l'agape aux vieilles femmes, c'est-à-dire distribuer des vivres aux veuves que l'Église entretient de ses secours. Sur cette
i. cf. Orige:i. Contra Ceîs. I : Bou/STat [Ke).cro;] oia&a5i£Tv tt.v xa).ou(jL£VY]v àyà7ir,v "/pKTTtavtôv ■Tipô; à/Àr/oviç.
2. Mieux, il l'exclut : « Cum cenamus, ad convi^Hum nostrum plebem convocare non possumus, ut sacramenti veritatem fraternitate omni praesente ceLebremus. » Epistul. LXIII, 16.
agape ou distribution sera prélevée une part pour l'évêque, « etiamsi non est praesens in agapis et erogationibus », et pareils prélèvements seront faits pour les prêtres et les diacres... Voilà donc authentiquement l'agape telle qu'elle apparaît la première fois qu'elle apparaît clairement : elle est une distribution en nature faite aux veuves * . Tertullien n'appelait-il pas déjà agape le secours matériel donné par l'Eglise aux prisonniers ou aux indigents?
Ce caractère une fois déterminé ne variera guère.
Saint Paulin nous apprend que Pammachius fit une distribution de pain aux pauvres de Rome dans la basilique de Saint-Pierre, et il trace de cette largesse une peinture pathétique : il décrit la foule inondant la basilique et l'atrium, s'asseyant à terre par groupes auxquels on distribue du pain et aussi des au-
1. Voici tout le passage. Funk, Didascaha et constitutiones apostO' lorum, t. I, p. 406 (Didascal. II, 27-28) : « Prosforas ergo vestras sacerdoti offerte sive per vos ipsos sive per diacones; qui {cod. quiq.) suscipiet et, utdecet, dividet unicuique. Episcopus enim optime hovit eos qui tiibulantur, et unicuique dat secundum dispensalionem, ut non unus aut fréquenter et in ipso die aut in ipsa hebdomada accipiat, alius autem nec semel... His iterum, qui agapam desiderant facere etpetunt aniculas, hanc, quam scit tribulari, fréquenter etiam mittat. Et haec pars, quae ex consuetudine sacerdoti debetur, separetur, etiamsi non est praesens in agapis et erogationibus, in honorera omnipotentis Dei. Sicut ergo unicuique praesbyterarum aniculanim dalur, duplum dabitur singulis diaconis in honorera Christi; quadruplum autem ei qui praeest, tamquam in omnipotentis gloriam. Si quis autem etpresbyteros voluerit honorare, duplum sicuti diaconis dabit illis ; nam et ipsi tamquam apostoli et consiliarii honorentur episcopi et corona ecclesiae. Sunt enim consilium et curia ecclesiae. »
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814 ÉTUDES DMIISTOIRE
mônes en argent ^ Ce récit est dans une lettre datée de 397. Observons que cette distribution est faite par Pammachius en l'honneur de sa défunte femme Paulina, et que saint Paulin s'applique à montrer que c'est une aumône pour le soulagement de l'âme de la défunte ^.
Saint Augustin ' nous montre sa mère, à son arrivée à Milan, se disposant à visiter les « mémoires des saints » ou les « mémoires des défunts ». Elle s'y rend « comme elle avait coutume de faire en Afrique v , portant dans un panier les provisions de rigueur à manger et à distribuer, « canistrnm cum sollemnibus epulis praegustandis atque largiendis », du vin, du pain, de la bouillie de farine. Mais le portier, Vostiarius, lui interdit d'en rien faire, en lui représentant que l'évêque Ambroise a proscrit ces pratiques, pour cette raison qu'elles donnaient occasion à des intempérances et qu'elles ressemblaient trop aux parentalia des païens : ^...quia illa quasi parentalia superstitioni gentilium essent simillima ».
Saint Augustin entrera pleinement dans les vues de saint Ambroise, car un de ses premiers actes à son retour en Afrique sera de promouvoir la suppression de l'usage qu'il a vu supprimer à Milan. En 392, il écrit à Aurélien, évêque de Carthage ^, pour dénoncer l'usage existant de célébrer dans les cimetières des beuveries et des festins déréglés : « Istae in
\. Epistul. XIII, 41-16.
2. Voyez dans saint Augustin, Epistul. XXIX, 10, la contre-partie du récit de saint Paulin : ■ De basilica beaii apostoli Pétri, cotidianae vinolenliae proferebanlur eiemplai,etc.