‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 129 sur 142 · Epistul. XXII · texte numérisé non relu

Epistul. XXII

coemeteriis ehrietates et Itixuriosa convwia ^ ». Augustin presse l'éveque de Carthage de couper court à l'abus en supprimant cet usage, qui, dit-il, « dans l'Italie presque entière et dans toutes les Eglises transmarines, peu s'en faut, ou bien n'a jamais été admis, ou bien a été supprimé par le zèle des évoques ». On ne peut tolérer, en effet, que les cimetières, la tombe des martyrs, des lieux sanctifiés par la prière et les saints mystères, soient choisis pour de semblables intempérances : « Saltem de sancto^ rum corporam sepulcris, saltem de locis sacramentorum, de domibus orationum, tantum decus arceatur ». Si l'on veut procurer quelque soulagement aux défunts, on a la ressource des « ohlationes pro spi^ ritibus dormientium super ipsas memorias », on fait célébrer l'eucharistie à leur intention. Si l'on veut donner aux pauvres, que l'on donne un peu d'argent.

L'usage condamné ainsi, en Italie et en Afrique, sur la fin du iv* siècle, est, il semble bien, un usage païen, un essai de christianisation des parentalia, non une déformation des prétendues agapes liturgiques. L'usage de manger et de boire sur la tombe des défunts constitue ce que saint Augustin appelle des « quasi parentalia ». Saint Augustin fait remonter ôet usage au temps qui suivit la paix de l'Eglise'. Ce qui est chrétien, au contraire, c'est l'usage tradi-

1. On boit non moins copieusement sur la tombe des martyrs. Cf. Pseudo-Cyprian. De duplici martyrio, 25 : « Temulentia adeo communis est Africae nostrae, ut propemodum non habeant pro cri mine. Annon videmus ad martyrum memorias chrislianum a christiano cogi ad ebrietatem? » Augustin. Contra Fauit. Manich.W, 21 : « Qui se in memoriis martyrum inebriant, quomodo a nobis approbari possunt? »

*. Epislul. XXIX. o-

tionnel de distribuer aux pauvres des aumônes en argent, et tel est Tusage que saint Augustin veut qu'on encourage.

Saint Jérôme \ dans une lettre qui date de 384, raconte en termes mordants que les xeuves chrétiennes de Rome ne savaient pas faire Taumône discrètement, mais qu'elles y mettaient une publicité du plus mauvais goût : « Cum ad agapen sfocaverint, praeco conducitur ». Et il rappelle à ce propos « la plus noble des dames romaines j>, distribuant de sa main des nummi un à un aux pauvres dans la basilique de Saint-Pierre pour mieux établir sa réputation de femme pieuse, a quo religiosior putaretur ». Ces aumônes faites ainsi publiquement dans une basilique, c'est ce que saint Jérôme appelle du nom d'agape. Saint Augustin dira de même : « Plerumque in agapibus etiam carnes pauperibus erogantur... Agapes nostrae pauperes pascunt, swe frugibus, sive carnibus »^. Agape était devenu en latin le synonyme d'aumône. On pourra voir dans Ducange la persistance de ce sens dans le bas latin, où faire Fagape, demander Tagape, signifie faire laumône demander laumône^.

Passons à l'Orient grec.

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