Constitut. apostol. II
femmes est une dislribulion sur laquelle une part est prise pour le clergé. L'évoque, d'abord, alors même qu'il ne serait pas présent au repas des vieilles femmes, a droit à une part ou prémice. Puis les diacres ont droit à une part double de celle de chaque vieille femme. Autant pour les prêtres. Les lecteurs, les chantres, les portiers, chacun une part. Tel est le tarif imposé aux laïques. Nous voici en présence d'une institution très particulière, que nous n'avons rencontrée ni chez les Latins, ni à Constantinople, et dont la mention qu'en font les Constitutions apostoliques atteste qu'elle est en vigueur en Syrie vers le troisième quart du iv^ siècle. Cette institution continue celle dont ISiDidascaUuy au iii'^ siècle, attestait déjà l'existence.
La Constitution ecclésiastique égyptienne, que M. Funk croit postérieure aux Constitutions apostoliques^ parle à son tour de pareilles distributions aux vieilles femmes pauvres ; mais elle ne prononce pas le mot d'agape et elle ne dit rien de la part à faire au clergé ^
Ainsi, en Syrie et en Egypte au iv®-v® siècle, l'usage, attesté par la Didascalia au m* siècle, subsiste de donner des repas aux pauvres et d'appeler ces repas du nom d'agapes. L'interpolateur des épîtres ignatiennes, reprenant le texte d'Ignace — « Il n'est point permis sans l'évêque soit de baptiser, soit de faire l'agape », l'eucharistie, — se croit obligé, pour préciser les termes d'Ignace, de
i.Const. eccl. aegypt. (Fine, Didasc, t. îl, p. 114), 22 : c si quis quaodo viduas in\itare vult, omnes aetate provectas nutriat atque dlmittat priusquam vesperascit. Si prcpter clerum quem sortitae euiit impossibile est, det eis viuum et aliquid ad edentum, et domi edant sicut volunt. *
substituer au mot « agape » deux périphrases, 1** offrir le sacrifice, 2° servir un repas, si bien le sens du mot agape a changé^. Des conciles du iv® siècle interviennent pour régler l'usage de ces repas de charité. Le xxviii^ canon de Laodicée interdit de faire ces agapes dans les églises et de manger dans la maison de Dieu^. Le xxvii^ canon du même concile interdit aux clercs et même aux laïques qu'on a invités à assister à des agapes de prélever des parts pour eux. Le concile donne pour raison de l'interdiction qu'il prononce la dignité du clergé exposée à être outragée à cette occasion 3.
On rapprochera utilement du xxviii® canon de Laodicée quelques indications jusqu'ici assez obscures des Canons dits d'Hippolyte^, On y voit en
1. Smyrn. Vin : ... outs paTittCeiv, oûte Trpocï^épeiv, oute Ôuaiavicpo(TXoixiJ;eiv, OUTS SoxT^v èTïiireXetv . Funk, PP. apost. t. II, p. 450.
a. Canon Laodicen. 28 : on où Ssî èv xoï; xupiaxoT; ^ èv zaXc, èyxXyiffcai; ràç ).£YoiJLévaç ày*"*; Ttoteîv xal èv tw oïxto tou QeoO èaôîe'.v xai àxoùê'.Ta (TTpwvMjetv.
3. Canon Laodicen. 27 : ôti oO Seï lepaTixoù; ^ x)>iripixoù; î) >.aixoù; xaXoupLévou; et; àyaTtriv, ^spvi aîpeiv, ôià to ttiv OSpiv xî] Ta^ei icpoCTTOtêeaOai xr) èxxXYiaïaaTixy].
4. Ces canons sont-ils des environs de l'an 200, comme l'a crU' M. Achelis, ou doivent-ils être datés d'une époque plus basse que le iv" siècle, comme le veut M. Funk? Il semble bien quel'unanimité s'est faite aujoard'hai parmi les^critiques autour du seotiment de Fun'K.
Les Canons d'Hippolyle contiennent une autre description de repas, description qui leur est commune avec la Constitution eSclé' tiastique égyptienne : M. Keating, p. 411-114, a eu la bonne pensée d'imprimer les deux textes parallèlement. Cette description ellemême peut se subdiviser en deux sections. — Première section : $ 183-183 (canon xxxv") : Si quelqu'un veut offrir un repas aux veuves, qu'il veille à ce que tout soit achevé avant le coucher du soleil : que chacun ait sa portion, et que toutes les veuves soient rentrées avant la nuit. Tout ceci a trait à la même agape que nousavons rencontrée aux§ 464-l<i8. — Deuxième section : §470-48-2 (canons xxiiu-xxxv»). Il s'agit ici des agapes offertes sur la tombe des morts»-
3n ÉTUDES DIIISTOIHE
vigueur l'usage des repas donnés aux pauvres dans Téglise et auxquels l'évoque est présent. Le diacre allume les lamina : l'évoque prononce une prière sur les pauvres et sur le fidèle riche qui les a invités, i.e repas commence alors. Il doit être achevé avant que la nuit soit venue. Au moment de se séparer, les convives chantent un psaume. Ainsi s'expriment les § 164-1G8 (canon xxxii*»). Nous avons ici un repas de charité, sans que ce repas s'appelle du nom d'agape. Ce repas est donné dans l'église : « Wenn es ein y.'jpiaxôv ist », traduit Riedel ^ qui a bien compris qu'il ne s'agissait pas là du dimanche (xupiaxYi), mais qui a eu le tort de vouloir reconnaître là le xupiaxov SeîTrvov de / Cor. xi, 20, tendis que xupiaxov a ici le même sens que dans le xxviii' canon de Laodicée. Le repas a commencé par la prière prononcée par l'évoque. Pourquoi? Parce que, dit le texte, l'action de grâce s'impose aux pauvres au commencement du « sacrement ». Ces mots sont difficiles. Haneberg a traduit ainsi l'arabe :
api es la messe en semaine. Cette ag^ape est ofTerle par la famille du défunt. On recommande aux chrétiens de ne pas s'enivrer, de ne pas crier de peur de couvrir de confusion la famille qui a invité. Si l'évéque est là, il préside le repas; à défaut de l'évêque, un prêtre; à défaut d'un prêtre, un diacre. Soit l'évéque, soit celui qui tient sa place, prêtre ou diacre, prononce la prière, rompt le pain et le distribue aux invités. Si aucun clerc n'est présent, un laïque rompra et distribuera le pain, mais sans le bénir. Cliacun mangera sa portioQ en remerciant Dieu. — M. Riedel, op. cit. p. 221, rappelle avec à propos cequeWansleben dit des Coptes : « Ils ont encore la coutume de faire des agapes ou des repas de charité, après les baptêmes et les enter* rements, pour tous ceux qui veulent s'y trouver; donnant à chacun un plat de bouillie, avec un morceau de viande dedans, et du pain autant qu'il en peut manger : et ces repas se font ou dans l'église même ou sur le toit de l'église, qui est, selon la coutume des Levantins, toujours plat, et capable de contenir un grand nombre d'hommes ».