Ibid
3. Dans ce même développ^^mont (CCCLI, 8) noter le passage où l'auteur, ayant commencé ui/c i.lirase la laisse en suspens, sacrifie à des propositions incidentes, puis reprend la phrase suspendue : t Exceplis ergo illis... Ilis ergo, ut dicere coeperara, exceptis... » Je ne me rappelle pas avoir rencontré pareille licence chez Augustin.
- Notre auteur récidive au n» 11 : « Quod si isti desint... », mais ici le cas est plus grave, car, ayant perdu le fil, il ne le retrouve pas.
gruenter vivere sermonibus et sacramentis quae per eos
populis ministrantur (CCCLI, 11).
Les scandales donnés par le clergé en Afrique étaient assez fréquents pour qu'Augustin en ait à mainte reprise parlé à son peuple. Un fidèle, dit-il , qui est témoin de la mauvaise vie de son pasteur, a attendit ovis... praepositum suum maie vwentemrt^ commencera à se dire : Pourquoi n'en ferais-je pas autant? « Si praepositus meus sic vi^>it, ego quis sum qui non faciam quod ille facit? » Que le fidèle succombe à cette suggestion, le pasteur aura tué la brebis^. On doit donc instruire les fidèles que les mauvais exemples du clergé n'excusent pas les fautes du peuple. Si la vie que mène un mauvais pasteur est mauvaise, disons que sa vie est de lui, tandis que sa doctrine n'est pas de lui. Au tribunal, le praeco lit la sentence du juge : que cette sentence lui agrée ou non, le sentiment du praeco importe peu, et pas davantage le langage qu'il tient en son particulier, la sentence qu'il lit importe seule ^.
L'auteur du Sermo CCCLI, comme Augustin, rappelle qu'on doit écouter les scribes qui sont assis dans la chaire de Moïse, quitte à faire ce qu'ils enseignent, et non ce qu'ils font. Il a même une comparaison ingénieuse, qu'on ne retrouve pas chez Augustin : Ceux-là sont absurdes, dit-il, qui prétextent les mœurs du clergé pour manquer aux préceptes du Seigneur, comme seraient absurdes des voyageurs qui s'arrêteraient sous prétexte que les milliaires qui indiquent la route ne marchent pas.