Epislul. X. y
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ôtrc dans l'iiypothèse d'une loi de secret. Les apologies de saint Justin ne dissimulent rien, soit de la doctrine, soit du culte de IKi^^lise, l'eucharistie notamment est d('îVoil<*e dans son rite matériel et dans «a signification dogmatique : or l'apologie où tout cela est écrit est une apologie adressée à l'empereur Antonin, à ses fils, « au sacré sénat » et au « peuple romain tout entier ».
Saint Irénée, dans un fragment conservé par Œcumenius, parle d'esclaves qui avaient pour maîtres des « chrétiens catécliumènes ». Peut-être le mot de catéchumènes n'a-t-ilpas ici le sens spécial qu'il aura plus tard, et désigne-t-il moins des catéchumènes que des fidèles : mais ces chrétiens ne seraient que catéchumènes, l'argument à tirer de leur cas n'en serait que plus probant. Les esclaves de ces chrétiens furent arrêtés et interrogés : on voulait savoir d'eux quelque chose du christianisme et vérifier par leurs aveux les horreurs que la renommée répandait sur ce culte clandestin. Mais ces esclaves n'avaient rien à révéler qui pût satisfaire les magistrats, « sinon ce qu'ils avaient entendu dire à leurs maîtres, savoir que la divine chose qu'ils prenaient était le sang et le corps du Christ, et, persuadés qu'il s'agissait réellement de sang et de chair, ils le dirent à ceux qui les questionnaient ». Ce fut, dit saint Irénée, une découverte pour ces magistrats païens! Ils crurent incontinent que c'était là le rite que les chrétiens accomplissaient en cachette, et ils se le communiquaient, et ils voulaient le faire avouer aux deux martyrs Sanctus et Blandine. Mais Blandine répondait : « Comment les chrétiens pourraient-ils commettre de pareilles horreurs, eux qui par ascétisme ne tou-
chent même pas aux viandes permises ' » ? Nous avons ici le témoignage d'esclaves qui, n'étant point chrétiens, savent du christianisme seulement ce que leurs maîtres en ont dit devant eux : leurs maîtres n'avaient donc point de secret à garder, pour avoir parlé devant ces esclaves païens du corps et du sang du Christ reçus dans l'eucharistie? Si le secret ne porte pas sur l'eucharistie, sur quoi portera-t-il ?
Saint Irénée et saint Justin, en s'exprimant ainsi, témoignent qu'ils n'ont aucune idée de la lo» de l'arcane.
Cependant Tertullien est souvent donné comme ayant affirmé l'existence de cette loi. Dans son Apologeticus Tertullien réfute les calomnies atroces que les païens répartent sur les réunions fermées et clandestines des chrétiens : sacramentum infanti^ cidiil Alors pourquoi, demande le vigoureux polémiste carthaginois, ne nous prenez-vous pas en flagrant délit? Pourquoi vos magistrats et vos bourreaux ne demandent-ils point aux chrétiens ce qui se pratique dans leurs réunions? « Imperatis non ut dicani quae faciunt.,. » Tertullien suppose donc que les fidèles pouvaient répondre, tout aussi bien que répondaient les apostats interrogés par Pline. — Il continue : Si nous nous cachons persévéramment(5emjc>e/' latemus), comme on nous en fait un grief, comment nos ennemis connaissent-ils le crime que nous cachons? Par qui notre crime a-t-il été dénoncé? Serace par nous? Mais vous ne pouvez le donner à croire, vous païens, qui n'admettez pas que le silence dû aux mystères puisse être violé. Et si les mystères d'Eleusis