‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 3 sur 142 · XII AVANT PIIOPOS DE LA SIXIÈME EDITION · texte numérisé non relu

XII AVANT PIIOPOS DE LA SIXIÈME EDITION

La thùse de Funk se vérificTait, qui trouvait une descriptioQ de l'a^^ape dans ce texte, et je n'aurais pas eu tort d'y trouver l'eucharistie, puisqu'il s'y agissait d'une eucharistie du soir jointe à un repas en commune

L'eucharistie du matin prévalut, et conjointement la loi du jeune eucharistique. Saint Cyprien connaît les saaificia inatutina [Epist. LXIII, 15), et il explique qu'il convenait que le Sauveur céléb/ât la dernière cène avec les apôtres (' circa vesperam diei », pour montrer par là que le monde touchait à sa fin, v ut hora ipsa sacrificii ostenderet occasum et vesperam mundi », tandis que les chrétiens doivent la célébrer le matin en pensant à la résurrection, « nos autem resurrectionem Domini mane célébra mus » [ibid, 16).

Toutefois, saint Cyprien dans cette même lettre suggère que, au repas du soir, cena^ les chrétiens, les évêques et leurs clercs tout au moins, ne commencent pas la cena sans avoir of-

1. Voyez mon livre V Eucharistie (1913), p. 211. Et aussi J. WORDSWORTH, MinisU'y of grâce (1901), p. 317. J. Sraw. LEY, The early history of the Utiirgy (1913), p. 129-130. Se rappeler qu'en Afrique, au temps de saint Augustin, le jour du jeudi saint on célébrait une eucharistie le soir, en souvenir de la dernière cène : il n'était pas question d'unir cette eucharistie à un repas, mais de la célébrer « post refectionem quae hora nona fit ». (Aug. Epistul. GXVIII, 9).

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fert à Dieu le calice de vin coupé d'un peu d'eau : il ne parle pas d'offrir de pain. Il écrit : « ... cum ad cenandum venimuSy mixtum calicem offertmus ». Il ajoute aussitôt que c'est là un rite privé : « ... cum cenamus, ad convivium nostrum plehem convocare non possumus » (ibid.). Ge repas est selon toute apparence un repas de l'évéque et de ses clercs, « convwium nostrum », un repas qui s'ouvre par un rappel de la dernière cène. M. Achelis voudrait que ce rappel fût l'eucharistie elle-même ^ Le contexte de saint Gyprien exclut cette conjecture. Saint Gyprien, en effet, reproche aux aquariens qu'il combat leur inconséquence. Vous acceptez, dit-il, qu'au repas du soir nous offrions à Dieu le calice trempé d'eau en souvenir de la cène : « Mais alors n'est-ce pas toute la cène eucharistique du Seigneur, le dominicum^ que nous devrions célébrer après le repas du soir, or vous savez bien que nous célébrons le dominicum le matin ? « JSumquid ergo dominicum post cenam celebrare dehemus, ut sic mixtum calicem frequentandis dominicis offe^ ramus ? » Ge n'est donc pas le dominicum^ l'eucharistie, que du temps de saint Gyprien on célèbre en offrant une coupe à Dieu en prémice du repas du soir.

1. H. Achelis, Das Chris tentum in den ersten drei Jahr^ hunderten (1912), t. II, p. 79.

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L'usage attesté par saint Cyprien Test aussi par la Constitution ecclésiastique égyptienne^ où il est prescrit aux fidèles pour leur repas de prendre d'abord un calice et de rendre grâces, puis de commencer le repas seulement après s'être ainsi purifiés (Canon XVIII de l'édition de Funk). Le môme document parle d'un repas des fidèles présidé par l'évéque et où, avant que chacun rompe son pain, l'évéque distribue à tous un petit morceau de pain, et, dit expressément notre texte, il s'agit là d'une eulogie, non de l'eucharistie (Canon XVII)'.

Le troisième problème est celui des origines de la hiérarchie.

Nous ne voyons rien à modifier aux cinquante et quelques pages sur la Hiérarchie primitive, qui ont été comme un excursus préliminaire à notre livre sur V Eglise naissante (1907), et qui, publiées en 1895 dans la Revue biblique^ étaient une critique et une mise au point du livre de JeanRéville, Les origines de l'épiscopat [iS9^]. Si on a beaucoup écrit parmi nous depuis vingt ans sur ce sujet devenu classique, les conclusions

1. Cet usage est étudié par M. von der Goltz, « Unbekannle Fragmente nltchristl. Gemeindeordnungen », dans les Sitzungsberichte de l'Académie de Berlin, 1" février 1906. L'auteur croit que la description qu'il commente remonte à saint Hippolyte.

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