‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 44 sur 142 · De pudicit. xii · texte numérisé non relu

De pudicit. xii

8. Cette curieuse leçon n'a, en dehors de Tertullien (et de Pacien qui le reproduit), que trois attestations de valeur, saint Irénée, saint Cyprien et le Codex Bezae. Cette même altération estreproduite Act. XT, 20. Et dans les deux passages elle est suivie du glossème : et quaecumque vobis fieri non vultis alii ne feceritis. On aura voulu faire promulguer par les apôtres le code de la morale tel qu'il était conçu dans le dernier quart du second siècle.

M ÉTUDES D'IIISTOinK

un exégète si retors, il n'a pas vu que le texte ainsi lu jurait avec tout le contexte. Voilà, dit-il, les trois péchés que les apôtres déclarent seuls irrémissibles : <f llacc sala pracponant utique non rrmissibiHa, qui ethniconim causa cetera legis onera reniissibilia feccrunt » (xii, 6).

Le Pasteur d'IIermas avait été le manifeste de la morale indulgente contre la morale cncratitc, et dans l'ambiance du Pasteur et de son espcit s'était affirmé le droit au pardon pour le chrétien failli. Cet adoucissement de la discipline avait popularisé, au moins à Rome, l'image symbolique du Bon Pasteur criophore, le Pasteur qui ramène au bercail la brebis perdue; on aimait à la représenter sur la coupe qui servait à Teucharistie, ce dont Tertullien s'indigne. Calliste, dit-il, pourra invoquer, pour défendre le relâchement de sa morale, le Pasteur qu'il aime à faire peindre sur les calices, par une véritable profanation du sacrement chrétien, puisqu'il n'a pas scrupule de communier des repentis,: «... calicem... de quo nihillibentius libas quam oi^em paenitentiae secundae^ ». La brebis rapportée par le berger représentait le retour du baptisé failli, la pénitence seconde. La restriction à la pénitence seconde, introduite parla réserve des trois cas, est une restriction qu'Hermas ignore, et Ton peut conjecturer quelle est postérieure à Hermas. Tertullien mcntaniste ne pardonne pas à Hermas de l'avoir ignorée : il exalte l'épître aux Hébreux, qui a, dit-il, une autre autorité auprès des Eglises que cet apocryphe pasteur des adultères (xx, 2). Il triomphe contre Calliste qui

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