ÉUSEB. E. E. V, 1, 4o-4G
2. Les martyrs de Lyon remettent le péché même par Ja vertu de la prière qu'ils adressent à Dieu : ... vi'j-/ovto xaOaTrsp Stécpavoç ô tAsio; ixàpTuç* Kiip'.e, y.iQ c\rssty-, a-jxoï; xr^-t à[j.apT:iav xauTYjv (y 2, 5,).... TtoXXà Ttepi aOrwv èxy.éovre; ôixpua Tcpb; tôv Twarépa, ÇcoriV f,Tr,(7avT0, xal êSwxev aùxoTc v^v xat cruv&fJiejiîaavTO toT; TrXrjo-îov (7) Sur la réconciliation des lap&i par les martyrs, voyez le texte de Tertullien (catholique), Ad marlyras, 1 : « Pacem quidam in Ecclesia non habentes a martyribus in carcere exorare consueverunt... » Nouvel indice que l'Église refusait à ces faillis de les pardonner. Ceci en 197.
3. Les Philosophoumena, dont la découverte est de 1830, ont permis à de Rossi d'attribuer sûrement à Calliste l'acte attaqué par Tertullien. Bulletlino, 186G,p.26. RomaSotterranea, t. H (1867), p. 202. L'opinion de De Rossi est aujourd'hui unanimement reçue (Harnack, Funk, Nôldechen, Preuschen, RolfTs, etc.). Cf. De Lxbriqlle, p. xtu.
90 ÉTUDES DIIISTOinE.
({uol se trouve constituer ainsi un des moments capitaux de révolution pénitenticlle.
J'apprends, dit Tertullien, qu'un édit vient d'élre publié par l'évéque de Home. L'ironie éclate de» ces premiers mots, car il n'y avait que les magistrats ou l'empereur à publier des èdits. C'est, poursuit Tertullien, un édit aussi souverain qu'un édit d'empereur, il ne comporte ni interprétation, ni appel : « edictum...^ et quidem peremptorium ». Puis parodiant le protocole des édits impériaux, Tertullien imagine les litres les plus solennels, les plus inusités alors, pour en accabler Tévôque de Rome : « Pontifex Maximus, quod est episcopiis episcoporum, edicit... » Et continuant la parodie, il ramasse toutTédit en une formule : « Ego et moechiae et fornicationis delicta paenitentia functis dimitto ^ . »
C'est une caricature qui veut pousser au grotesque la décision rendue par Calliste. Elle est de la même ironie outrancière que la question que pose immédiatement Tertullien : Où peut-on bien, deraande-t-il, afficher un pareil édit, sinon sur les portes des maisons de débauche? Tertullien entend traiter Calliste avec ce mépris insultant, mais aussi avec une rigueur de juriste. Il prend un à un tous les considérants dont Calliste motive sa décision, il les rétorque avec une abondance enragée. Et comme il les presse dans leurs expressions mêmes, on a pu essayer de restituer le texte, ou des lambeaux du texte de Calliste.
L'objet principal de Tédit de Calliste paraît exactement exprimé dans celte proposition, telle que la donne Tertttllien : « Adimi quidem peccatoribus, vel
4. E. ROLFFS, Das Indulgenz-Edict des rômischen Bischofs Kallist kritisch untersucht und reconstruiert (Leipzig 1893), p. IS-M.
maxime carne pollutis communicationem, sed ad praesens, restituendam scilicet ex paenitentiae ambitUy secundum illam clementiam Dei quae mavult peccatorispaenitentiamquammoj'temïi (xviii, 12). En d'autres termes, Calliste a en vue un des trois péchés réservés, le péché d'adultère ou de fornication. Tandis que pour ce péché la règle veut que le délinquant soit exclu de la communication — ou, comme dit Tertullien (xviii, 2), de la communicatio ecclesiastica^ c'est-à-dire de la réunion des fidèles et de la participation aux saints mystères, — et tandis que la règle prévaut qui veut que cette exclusion soit perpétuelle, Calliste prononce contre le délinquant l'exclusion de la communicatio ecclesiastica, mais l'exclusion temporaire, « sed ad praesens ». Et il suit de là que le pécheur, lorsqu'il aura accompli sa pénitence, sera réintégré dans la communicatio ecclèsiastica^ tandis que la règle reçue était qu'il n'y fût jamais réintégré, selon que l'exprime Tertullien : « Disciplina igitur apostoloî'um'^... instruit... antistitem et ubique de eccîesia eradicantem omne sacrilegium pudicitiae, sine ulla restitutionis mentione » (xx, 1). Le pouvoir, en vertu duquel Calliste prononce la restitution du pécheur, est celui que les théologiens appelleront plus tard le pouvoir des clés.
Nous avons à reprendre chacun de ces points de doctrine.
4. Sur le sens de ce mot, voyez De pudicit. m, 5; xni, 10, 12; xv, 5, 11; x\in, 2, Rapprochez le • De eccîesia expellitur » de vii, 22, et le • limitem liminis » de i, 21, et le « pro foribus » de in, 5. Dans le De paenit. vn, 10 : « Collocavit in vestibulo paenitentiam secundam. » Dans VApologet. 39; t ...Si guis ita deliquerit,ut a communicationê orationiê et conventus et omnis sancti commerça relegetur. »
1 Toujours le décret des apôtres interpolé.