Augustin'. De agone christ
3. Gregou. Orat. xxxix, 19 : ... oùôà èyio Ssxojxai... xal otav 8é$co(Jt.iZt TTiV TîpodTQxouaav aÙToTç à7iov£(xw -^(ôpav.
anormale », et qu'elle ne fit pas brèche directement aux règles solennelles de la pénilenre ecclésiastique, témoin les canons du concile d'IOlvire (a. 3(Xî) qui refusent la réconciliation aux Inpsi. A nos yeux, au contraire, le concile d'Elvire témoigne que le droit divin revendiqué par l'épiscopat de réconcilier tout pécheur une fois, était acquis et reconnu, alors même que, dans certaines circonstances, l'épiscopat décidait de priver certains pécheurs de tout recours à ce pouvoir divin de l'évêque. Il est sûr, et tous les faits que nous avons produits le montrent clairement, que l'épiscopat usait de son pouvoir de réconcilier dans une mesure qui variait selon que l'exigeait l'intérêt spirituel et moraldes fidèles. Deux papes contemporains du concile d'Elvire confirment notre induction. L'épitaphe damasienne du pape Marcel (-]- 309) le représente comme ayant suspendu l'exercice de la réconciliation des lapsi^ au lendemain de la persécution de Dioclétien, et comme ayant par cette mesure soulevé dans son Eglise la plus violente opposition :
Veridicus rector, lapsos quia crimina flere praedixit, miseris fuit omnibus hostis amarus : hinc furor, hinc odium sequitur, discordia, lites, seditio, caedes : solvuntur faedera pacis.
Avec M. de Bossi et M^"" Duchesne, nous croyons que de ces vers de Damase il résulte que le pape Marcel eut à lutter contre une cabale de lapsi; mais rien ne dit que ces lapsi aient voulu forcer l'Eglise romaine à les réunir à la communion sans qu'ils se fussent soumis au préalable à une expiation pénitentielle, car pareille sommation en 308 eût été un ana-
chronisme, la loi qui s'y opposait étant posée et acceptée depuis le pape Cornélius. Il est donc plus vraisemblable que le pape Marcel voulut imposer une satisfaction plus longue, sinon aussi sévère que celle qu'imposait le concile d'Elvire. De là l'émotion et la colère des lapsi.
Leur opposition durait encore sous le pontificat du successeur de Marcel, le pape Eusèbe. L'épitaphe damasienne d'Eusèbe donne un nom, inconnu d'ailleurs, qui paraît être le nom du chef de ce violent parti des lapsi :
Heraclius vetuit lapsos peccata dolere.
L'épitaphe continue, en décrivant la sédition contemporaine d'Eusèbe avec les mêmes termes qui avaient servi à décrire celle du temps de Marcel :
Eusebius miseros docuit sua crimina flere : scinditur in partes populus gliscente furore : seditio, caedes, bellum, discordia, lites!
Ensemble Heraclius et Eusèbe sont exilés, ce qui donne une idée de l'importance du personnage qu'était Heraclius et de la discorde soulevée par lui K
Qu'est-ce à dire sinon que le pouvoir des clés est aux mains des évêques, mais que les évêques l'administrent comme un droit de grâce, que l'on ménage, que l'on conditionne, que l'on peut même suspendre? 11 est aux mains des évêques, comme un pouvoir souverain : l'intervention des martyrs, qui un temps avait entamé cette souveraineté, et que le pape Calliste avait pour un temps ratifiée, est depuis Corne-
1. De Rossi, Roma sott. t. II, p. 201-203. DuCHESNE,Lt6er ponf»/. t. I^ p. 166 et 167.
144 ÉTUDES DIIISTOIRB
liuB exclue. H est souvorain : la rcscrve qui avait interdit aux adultères d'en bénificicra été levée au temps de Calliste ; la réserve qui excluait encore les lapsi est, de m«^me, en principe et en fait, levée au temps de Cornélius. La procédure qui conditionne l'exercice du pouvoir épiscopal des clés apparaît dans ses actes distincts : la conversion ou pénitence, l'exomolo^^'èse, l'imposition des mains. Ce geste, qui réconcilie en dernière instance le pécheur et lui rend la communia catio ecclesiastica, apparaît très nettement formé : il est le geste de l'évèque; mais, sauf les cas de mort prochaine du pécheur, tout le presbyterium y est associé, comme il convient à un acte solennel de l'Église, à un acte aussi solennel que le baptême.
PÉNITENCIERS ET PENITENTS
(iv^-ye siècle)
un fait ressort clairement de l'enquête que nous avons poursuivie, c'est que le ministre ordinaire de la pénitence est jusqu'ici l'évêque. Ce fait ne surprendra personne, si l'on veut bien se rappeler que l'évêque, au ii® siècle comme au m®, est en chaque Église le sacerdos par excellence et quasi unique. Le mot sacerdos, qui plus tard, à dater du VI® siècle, a été appliqué aux preshyteri^ a été d'abord le synonyme d'évêque et ne désigna longtemps que l'évêque. Le baptême est une fonction épiscopale, et, au témoignage de Tertullien, il n'est jamais administré par un prêtre ou par un diacre sans la délégation de Tévêque : « Dandi quidem [bap' tismum] habet ius summus sacerdos quiestepiscopuSy dehinc presbyteriet diaconiy non tamen sine episcopi auctoj'itate, propter Ecclesiae honorem. » L'eucharistie est pareillement une fonction épiscopale, et il fut un temps où sans l'évêque on ne devait pas plus célébrer Feucharistie que le baptême : « Valida eucharistiahabeatur illa, quaesub episcopo peragitur, et sub eo cul ipse concesserit. » Aiiisi s'exprimait
saint Ipnace. A Rome, au début du i\* siècle, quand un prMre célèbre la messe en dehors de la présence de r(''v»V|uo, il môle aux espèces quil consacre une portion do pain consacré antérieurement par l'évoque. « ut oblationes ex consecratu episcopi dirigerenti/r* ». Si les pouvoirs liturg-iques sont ainsi concentrés dans les mains de Tévéque, il n'en saurait aller autrement du pouvoir des clés.
Cette constatation faite et ce jalon posé, nous nous demanderons à quelle époque et dans quelles conditions de simples prêtres ont été associés au ministère proprement épiscopal du pouvoir des clés. La question a une importance grande, parce que, dans la transition de l'ancienne discipline à la discipline des pénitentiels, la création des prêtres pénitenciers détermine l'évolution.
Un premier fait à constater est que, à Rome, à la fin du V* siècle, il existait auprès de certaines basiliques des prêtres chargés des personnes qui sollicitaient le baptême et de celles qui sollicitaient la pénitence. On lit, en effet, dans la notice du pape Simplicius (468-483) , au Liber pond fîcalis, que ce pape institua dans les trois basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de Samt-Laurent, un rôle grâce au-
\. Tertull. De baptismo, 17. Igsat. Smym.rm, 4. Lib. pontificali* 1. 1, p. 168.
quel chaque semaine des prêtres se relayaient pour le service des pénitents : « ... constituit... ebdomadas ut preshiteri marièrent propter paenitentes et haptismum » . Ainsi s'exprime ce que Ton a appelé la seconde édition du Liber pontifie alis.hd. première édition, un peu plus explicite, portait ceci : « ... constituit... eb* domadas ut presbiteri manerent propter baptismum et paenitentiam petentibus '" ».
Les trois basiliques susnommées, Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, sont des basiliques hors les murs. La nouveauté de l'institution du pape Simplicius consiste en ceci qu'il attache des prêtres chargés du ministère des catéchumènes et des pénitents à des basiliques, qui jusque-là, n'étant point dans l'intérieur de la ville de Rome, pouvaient être considérées comme nous considérerions aujourd'hui des sanctuaires sans paroissiens. C'est dire que les églises situées dans l'intérieur de Rome devaient avoir à poste fixe antérieurement au pape Simplicius des prêtres chargés du ministère des catéchumènes et des pénitents.
Et, en effet, toutes les églises qui portaient à Rome le nom de titres, — elles étaient au nombre de vingt-cinq, — avaient ceci de distinctif, qu'elles étaient desservies par un clergé attaché à chacune d'elles ; ce clergé lui-même avait pour fonction distinctive le soin des catéchumènes et des pénitents. L'institution de cette répartition du clergé entre les vingt-cinq titres est attribuée par le Liber pontificalis au pape Marcel (304-309) : le Liber marque que l'organisation de ces titres équivalait à démembrer
i. Lib. pontif. t. I, p. 249.
148 ÉTUDES D'HISTOIRB
l'unité ecclésiastique qu'était HomCf arec son éT^^que comme chef, et à constituer autant de cercles ou paroisses ou, comme dit le Liber, de diocèses : « JJic [Marcellus]... XXV titulos in urbe lioma contttiluit quasi diocèses, propter baptismuiti etpaenitentiam^ . •
Il y a identité de langage entre la notice de Marcel et la notice de Simplicius, puisque le rédacteur final est un seul et même rédacteur écrivant pour être compris de lecteurs de la fin du v* siècle ou du commencement du VI*. Le ministère baptismal et pénitenticl tel que Simplicius l'organise à Saint-Pierre, à Saint-Paul et à Saint-Laurent, sera donc le même que Marcel a organisé dans les vingt-cinq titres ou paroisses de Rome. Cette supposition est confirmée par ce fait que les prêtres qui, semaine par semaine, exerceront le ministère baptismal et pénitentiel à Saint-Pierre, à Saint-Paul et à Saint-Laurent, sont pris, non point parmi les clercs qui administrent ou desservent ces trois basiliques suburbaines, mais parmi les prêtres des divers titres ou paroisses qui avoisinent la basilique : Saint-Pierre disposera des prêtres de Sainte-Marie du Transtévere, de Saint- Chrysogone, de Sainte-Cécile ; Saint-Paul, de ceux de Sainte-Sabine, de Sainte-Prisque, de Sainte-Balbine, des Saints-Nérée et Achillée; Saint-Laurent, de ceux de Sainte-Praxède, de Saint-Pierre es Liens. Il y avait donc dans^ces titres paroissiaux un clergé chargé du ministère baptismal et pénitentiel.
Si le Liber rapproche ainsi ces deux ministères, n'est-ce pas un indice de l'analogie qni les rapproche? Au baptême solennel dont l'évêque est le minis-