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tre correspond une réconciliation solennelle dont l'évêque est aussi le ministre; mais la préparation des catéchumènes au baptême solennel est un ministère confié en chaque paroisse à des prêtres, et de même la préparation des pénitents à la réconciliation sera un ministère dévolu en chaque paroisse à des prêtres. Telle sera la règle ordinaire, à Rome, abstraction faite des cas de péril de mort, où soit le baptême, soit la réconciliation, devront être administrés en forme non solennelle.

Ce ministère pénitentiel resterait pour nous fort obscur, si quelques faits et quelques témoignages ne nous apportaient d'ailleurs de précieux éclaircissements, que nous essaierons de recueillir.

Le plus important, le plus discuté aussi, est le fait rapporté par l'historien Socrates. Socrates, qui écrivit son Histoire ecclésiastique à Constantinople aux environs de l'an 440, rapporte que le patriarche de Constantinople Nectaire (381-398), prédécesseur immédiat de saint Jean Chrysostome, supprima l'office des prêtres chargés des pénitents ^ Socrates place le récit de ce fait sous la mention du consulat de Tatien et de Symmaque (391). A ce moment, dit-il, on décida de supprimer les prêtres qui étaient dans les églises chargés de la pénitence. Il prend occasion du fait pour expliquer l'origine de cet office, lequel, selon lui, remonte au temps où les Novatiens se sont' séparés de l'Eglise sous prétexte « de ne pas vouloir commu-

1. SocRAT. H. E. V, 19. (P. G. t. LXYII, 613 et s. avec les notes de Henri de Valois).

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niquer avec les lapsi de la persécution de Dèce » : c'est à cette époque, dit-il, que les év«!'ques ont ajouté au « canon ecclésiastirjue » le prêtre chargé de la pénitence, afin que les fidèles faillis après le baptême fissent l'exomologèse de leurs fautes sous la direction de ce prcHre. Cette institution, poursuit Socrates, entendez l'institution qui consiste à faire fixer par l'évoque (ou le prêtre pénitencier) la satisfaction, cette institution est en vigueur encore dans toutes les églises dissidentes * : seuls les catholiques et les novatiens en sont dépourvus, les novatiens parce que dès l'origine ils l'ont repoussée, les catholiques parce qu'ils l'ont supprimée sous Nectaire. Voici, poursuit Socrates, à quelle occasion cette suppression fut décidée. Une femme de qualité s'adressa au prêtre pénitencier de Constantinople, et pour une part avoua les fautes par elle commises depuis son baptême. Le prêtre intima à la femme de jeûner et de prier afin qu'elle pût montrer, en même temps que son aveu, quelque œuvre de repentance. Mais cette femme, allant plus loin, s'accusa d'une autre faute : elle dit qu'un diacre de l'Eglise avait partagé sa couche. Cette affirmation fut cause que le diacre fut déposé.

1. OuTo; ô xavùv xpaTEi \iz'/j^\ vjv àv taT; d^Xa;; alpcoïffi. Par xaviiv nous croyons qu'il faut entendre, non pas l'institution du prêtre pénitencier, mais l'organisation de la procédure pénilentielle telle qu'elle va être décrite par Socrates. Nous verrons, en effet, que Nectaire supprimera, non le prêtre pénitencier seulement, mais la procédiu'e existante. Nous verrons aussi que la fonction du prêtre pénitencier est attestée à Rome et à Constantinople, au iv« siècle, mais non ailleurs. M. Holl, Enth\isiasmxi$ und Buisgtwalt [L^x^iiS^ 1898), p. 242, a mis ce fait en lumière pour la discipline pénitentielle des Constitutions apostoliques, la discipline de Syrie, qui exclut l'intervention des prêtres, et de même pour la discipline pénitentiellt organisée en stations, la discipline de Cappadoce (i6»d. p. 245 et 232). Nous montrerons plus loin, après M" SoHiirrz, Die Bussbûcher uiul das kanonische Bussverfahren. t. II (Dusseldorf 1898). p. 68, qu'en Occident, au iv*-v' siècle, Rome seule a eu des prétre« pcniicnciers.

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Une vive émotion s'ensuivit dans le public : on s'indigna non seulement du fait, mais de ce que l'Église en recueillait de blasphèmes et de colères. Sur quoi, Eudémon, prêtre de l'Eglise de Constantinople, alexandrin d'origine, suggéra à Nectaire le conseil de supprimer le prêtre pénitencier, et de permettre à chacun de participer aux saints mystères sur le seul témoignage de sa conscience individuelle ^ : car ainsi seulement l'Eglise échapperait à tout blasphème. Socrates conclut en nous apprenant qu'il tient ce récit d'Eudémon lui-même.

Ce récit de Socrates, que nous commenterons plus loin, a été obscurci par les interprétations diverses qu'on a voulu en donner, et tout autant par le rapprochement qu'on a voulu faire de ce récit et du récit parallèle qui se lit dans V Histoire ecclésiasd" que de Sozomène ^. On était, jusqu'à ces dernières années, fort indécis sur le point de savoir si Socrates était reproduit par Sozomène, ou si Sozomène était reproduit par Socrates]; mais la preuve est maintenant acquise de l'indiscutable dépendance de Sozomène par rapport à Socrates. Sozomène copie, démarque et amplifie Socrates, en le corrigeant ou en l'enrichissant le plus souvent; quelquefois aussi il le copie sans le bien comprendre ^. Pour l'événement qui nous occupe, le récit de Sozomène est une amplification de celui de Socrates, avec des additions prises

1. 2v»Y7.wpïi<jai 8e Ixaertov tû I6i(i) auveiôoTi ttSv (lUffTvipiwv (jieTéxeiv. Valois traduit : « Unumquemque pro arbitrio et pro animi sui conscientia ad sacramentorum communionem sineret [Nectarius] accédera. »

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