‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 65 sur 142 · SOZOM. R. E. VII, 16 (P. G. t. LXVII, 1457 et S · texte numérisé non relu

SOZOM. R. E. VII, 16 (P. G. t. LXVII, 1457 et S

3. Qu'il noua soit permis, pour la preuve de cette afGrmation, de renvoyer à deux mémoires publiés par nous sur les sources de Sozomène, dans la Byzantinische Zeitschrift, t. VII (1898), p. 265 et s., et t. X (1899), p. 128 et s.

1)2 ÉTUDES DIIISTOIRK

ailleurs ot dont nous montrerons le bon aloi ; mais c'est aussi un démarquage maladroit. Sozomène a copié riiistoire de la dame de qualité qui vient dire ses fautes au prêtre pénitencier et qui reçoit l'ordre de jeûiK r et de prier, i^uis, comprenant mal ou lisant trop vite le texte de Socrates, il imagine que cette femme, demeurant o dans l'église » pour y accomplir la satisfaction imposée, y fut outragée par un diacre. Il n'y a rien de pareil dans Socrates, et cette violence est simplement une violence faite par Sozomène au texte de Socrates quil copie. Sozomène n"a pas compris pourquoi Tincident de la dame, du pénitencier et du diacre, tel que le raconte d'une façon abrupte Socrates, avait pu causer une si profonde émotion dans rÉgiise de Constantinople: il a voulu l'expliquer par un scandale grossier, répugnant, et il a imaginé le diacre souillant une pénitente dans l'église même. 11 peut alors parler de l'émotion du peuple à la nouvelle de « cet outrage fait à l'Eglise », et de la « déconsidération grande qui en rejaillit sur l'ordre ecclésiastique ». Puis il représente Nectaire hésitant longtemps, et finalement se résolvant à déposer le diacre coupable : comme si on avait à hésiter dans un cas si notoire, si prévu, si clair? Puis il rapporte qu'en outre Nectaire supprima l'office du prêtre pénitencier : comme si, soit le prêtre pénitencier en question, soit son otlice même, eût rien à voir avec l'infortune de cette dame et le crime de ce diacre? C'est purement incohérent. Nous écartons donc le récit de Sozomène, comme un plagiat et une mésinterprétation de Socrates.

Reprenons maintenant une à une les expressions significatives de Socrates.

Un prêtre pénitencier est chargé des pénitents : « Sous ce prêtre ils fontexomologèse de leurs fautes », les fautes commises après le baptême. Socratesne dit pas : TouTU) To) TcpEffêuzspw £^o(jLoXoYouvTai, ce qul impliquerait simplement l'aveu au prêtre. Il dit : sVi toutou Toti TTpgffêuTépou E^ouLoXoYouvxai : et cela implique que, non seulem.ent ils révéleront leurs fautes à ce prêtre , mais encore qu'ils accompliront sous sa direction et sous son contrôle la satisfaction qu'il aura imposée. Valois note sur ces mots que Socrates donne à entendre qu'il s'agit là d'une confession secrète, et non d'une confession faite publiquement en présence de tout le peuple : si nous n'attachons pas d'importance à cette nuance, c'est que la confession publique ne nous préoccupe nullement, n'en ayant trouvé nulle trace dans les textes depuis le ii* siècle. La lettre du pape saint Léon, du 6 mars 459, aux évêques de Campanie, leur interdisant de lire en public la confession écrite des fidèles qui sollicitent la pénitence, suppose que- c'est là une innovation desdits évêques ou une singularité de leurs Eglises : et cet usage est par le pape taxé assez fortement d'abus et d'usurpation illicite pour que nous soyons sûrs que le sentiment était profond de ce que la confession publique avait de périlleux et d'insolite. Sozomène fait écho à ce sentiment de saint Léon, quand il note tout ce qu'aurait de pénible l'obligation « de divulguer ses fautes comme dans un théâtre devant toute l'assemblée de l'église » ^ ? Mais l'exomologèse comprend et l'aveu du péché et la satisfaction à donner pour le péché : la satisfaction dépend de l'aveu puisqu'elle est

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