I. Jaffé n
Moysî separata consedit, ut quam sacerdos eiecerat ipse revocaret... Recepta sub oculis omnis ecclesiae communione, quid fecit? ' etc.
Ce traitement que nous appelons, pour plus de clarté, celui de la pénitence plénière, est différent du traitement infligé à des fautes graves mais moindres.
Le même saint Léon, résolvant le cas de fidèles qui ont longtemps vécu au milieu des païens et qui, revenant au milieu des chrétiens, demandent la communion, impose la pénitence plénière à ceux qui se sont rendus coupables d'idolâtrie, d'homicide ou de fornication; mais à ceux qui se reprochent seulement d'avoir mangé des viandes provenant de sacrifices païens, il impose une satisfaction privée et le recours à l'imposition des mains de l'évêque : « Possunt ieiuniis et manus impositione purgarij ut, deinceps ah idolothytis abstinentes, sacramentorum Christi pos" sint esse participes^. »
Nous retrouvons là deux classes de pécheurs nettement entrevues déjà, ceux qui revêtent le sac et sont consignés à la porte de l'église, et ceux qui assistent au service divin confondus avec les fidèles, jeûnent, expient en leur particulier, mais doivent passer par l'imposition des mains avant d'être réadmis à la communion.
La réconciliation des pénitents de l'une et de l'autre classe, a lieu le jeudi saint. Le pape Innocent le définit dans les termes les plus explicites : « Qui si{>e ex gravioribus commis&is sive ex leviorihuspaenitentiam
1. HiERON. Epistul. Lxxiii. Rapprocliez Amuuos., Exposit. in luc.^ V, 11, 13, 92. De jjaenitentia, I, 37; li, 19, yi, 9S. 3. jAffs n° 544.
lei ÉTUDES DHISTOIRK
geruntj si nulla interveniat acgritudoj quinta feria antepaschaeis remittendum /{omanae ecclesiae consuetudo demonstrat^ . » C'est la cérémonie solennelle de la réconciliation. Mais il ne faut pas la confondre avec l'imposition des mains dont il vient d'être fait mention, et qui est une sorte de coulpe publique, pratiquée à l'issue du service divin : cette coulpe est tout ce que retient encore de publicité la pénitence pro leviorihus commissis.
La réconciliation est une fonction épiscopale, comme le baptême solennel du samedi saint, comme la consécration du chrême le jeudi saint : saint Jérôme le dit à propos de Fabiola, et le concile de Carthage de 390 (can. 3) interdit aux simples prêtres de consacrer le chrême aussi bien que de réconcilier personne solennellement : a Reconciliare queniquam in publica missa presbytero non licere ». Quanta l'imposition des mains, même quand elle est seulement le signe et le rite de la coulpe publique, elle est aussi réservée à l'évêque : saint Léon, traitant de chrétiens qui par crainte ou par ignorance se sont laissé rebaptiser, exige qu'ils fassent une pénitence et passent par l'imposition des mains épiscopales, « non nisi per paenitentiae remediuni et per impositioneni episcopalis manus ^ ». Saint Léon ne dit pas si la faute de ces chrétiens était légère ou grave : il est permis de conjecturer que des fidèles, coupables de fautes très minces, s'abstenaient de la communion et recouraient à l'imposition des mains, par scrupule et par dévotion.
Cette différence existait aussi entre les pénitents