‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 77 sur 142 · Jaffé u · texte numérisé non relu

Jaffé u

contraire absolument aux règles ecclésiastiques. Pour le négoce, il distingue entre le gain honnête et le gain honteux : mais cette distinction ne le rassure pas, car, à ses yeux, la difficulté est grande que le péché ne s'insinue pas entre le vendeur et l'acheteur. Pour la continence, il concède qu'un homme qui, dans son adolescence, a fait pénitence, la pénitence plénière, et qui plus tard s'est marié pour éviter la tentation de la fornication, n'a commis en se mariant qu'une faute vénielle. Mais saint Léon hésite : ce n'est pas une règle qu'il entend poser, c'est seulement une tolérance, si formelle est la rigueur de la loi ^

Tertullien eût été satisfait de voir maintenir ainsi, au V* siècle encore, la loi d'airain qu'il exprimait en disant que Dieu avait placé dans le vestibule de l'église la pénitence comme un second baptême : « Sed iam semely quia iam secundo; sed amplius nunquam, quia proxime frustra ». Seulement, Tertullien se trompait en interprétant de la sorte la rigueur pratique de l'Église, qui, sans doute, refusait une seconde absolution, mais n'affirmait pas, pour autant, qu'une seconde absolution eût été nulle. Au V® siècle, précisément parce que l'on ne concevait pas qu'une seconde absolution eût été nulle, on commençait à s'étonner que la seconde absolution fût refusée. Un contemporain de saint Augustin lui écrit : Puisque le Seigneur interdit de pécher avec tant de sévérité qu'il n'accepte pas qu'on fasse pénitence deux fois, comment pouvons-nous prétendre à être pardonnés même la première fois? Saint Augustin, pas

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