Voyez Ambkos., De paenilentia, II
ment des pécheurs qui acceptent de s'y soumettre.
Or, à ce moment, par opposition au Pélagianisme, qui professait l'innocuité de la concupiscence, qui exaltait l'énergie de la volonté, qui croyait réalisable par cette énergie toute seule V anamartésie et laiîdèle et intégrale observation des commandements de Dieu, à ce moment le catholicisme accusait, en Occident surtout, sa conviction de la nécessité de la grâce pour le salut, partant de l'impuissance de notre volonté à faire le bien, et de notre pitoyable faillibilité. Moins les pécheurs recouraient à la pénitence, plus l'Église sentait d'ailleurs le besoin que tous les chrétiens en avaient.
Saint Léon, dans ses sermons, est un excellent témoin de cette morale pressante. A sa façon, il recommence le Pasteur d'Hermas : le thème est le même, les variations sont autres, mais du moins elles expriment la conscience catholique adulte, dans un langage définitif.
Dans une fête comme l'Epiphanie, saint Léon ne croit pas inopportun de rappeler à son auditoire la nécessité de la pénitence, et que, si les persécutions sanglantes sont apaisées, si maintenant la Trinité est adorée dans le palais des princes, il y a une persécution cachée et toujours à craindre, la persécution de l'avarice, de la concupiscence, de la colère. « Notre paix a ses périls et la liberté de la religion est une vaine sécurité pour ceux qui ne savent point résister à la violence de leurs vices... Détournez-vous des suggestions de cet ennemi dé mauvais conseil ; que la patience de Dieu vous serve, au lieu que sa longanimité en suspendant sa vengeance entretienne votre endurcissement! Pécheurs, ne vous assurez
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pas (le votre impunité, car si le temps de la pénitence vous échappe, le moment du pardon vous échappera aussi. Si vous sentez que la conversion vous est malaisée, recourez à la clémence d'un Dieu tout prêt à vous aider, demandez-lui de rompre pour vous les liens de vos habitudes : la prière ne sera pas vaine de celui qui confessera [son tort], puisque Dieu tout miséricordieux fait la volonté de ceux qui le craignent^. » Ces exhortations s'adressent aux mauvais chrétiens, aux chrétiens tombés dans le désordre et dans le relâchement : il est une autre catégorie, celle des chrétiens bons sans doute, mais fragiles, mais insouciants. A ceux-là aussi saint Léon s'adresse comme à des âmes qui ont besoin de recourir à la pénitepce : le carême et l'approche de la fête de Pâques rendent ses exhortations plus fréquentes et plus pressantes : « Zelavi in peccatoribus pacem peccatorum Mens, » dit saint Léon avec le psalmiste [Ps. Lxxii, 3]. Il sait, en effet, combien est petit le nombre des fidèles sans défaillance, combien grand le nombre de ceux que, soit bonne, soit mauvaise, la fortune corrompt, et qui, pour guérir les blessures dont leur humaine faiblesse est blessée, doivent avec diligence recourir aux remèdes. Qui donc se glorifiera d'avoir un cœur chaste et se vantera d'être pur de péché? Tous donc doivent comprendre quils ont à se faire pardonner et qu'ils ont à se soumettre à une médecine réparatrice, et aucun temps n'est plus propice pour recourir aux divins remèdes que celui où Tannée nous ramène aux mystères de notre rédemption. Cette invitation vise les fidèles, qui, si '.