‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 82 sur 142 · Jàffé r · texte numérisé non relu

Jàffé r

[Oportei unumquemque christianum)^ en conformité avec les expressions dont il usait dans les sermons cités plus haut. Puis saint Léon ne spécifie pas la gravité, ni même la nature des fautes : chacun se juge, et non pas seulement l'adultère ou l'homicide. Tous les pécheurs purgeront donc leurs fautes par une satisfaction efficace et reviendront à la communion par la porte de la réconciliation solennelle du jeudi saint. Il faut répéter ici la règle définie : « Qui swe ex graviorihus commissis siçe ex leviorihus paeiiitentiam gerunt, si nulla interveniat aegritudo, quinta feria ante pascha eis remittendum Romanae ecclesiae consuetudo demonstrat *. »

A cette réconciliation solennelle, les pénitents soumis à la pénitence plénière ne seront admis qu'une fois, c'est acquis ; mais les pénitents qui font pénitence de le^ioribus commissis ne pourront-ils pas y recourir chaque année, le jeudi saint? Que signifieraient les instances de saint Léon prêchant aux pécheurs qui « se hâtent vers le pardon par le secours de la réconciliation », et autant aux pécheurs qui s'apprêtent à communier sans avoir éprouvé leur conscience après que « tota fere anni spatia neglegeri' tins transierunt »? A qui s'adresserait cette invitation à la pénitence, si la pénitence dont il s'agit ne pouvait être gagnée qu'une fois ? Quelle opportunité y aurait-il à conjurer les fidèles de ne différer pas de se convertir, étant donné d'ailleurs que leur fragilité est extrême?

On dira que nous argumentons sur les textes et que nous voulons leur faire dire plus qu'ils ne disent. Il

h. Jaffé ii»3H.

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est sûr que l'usage de la réitération annuelle de la reconciliation n'est pas catégoriquement exprimé parle pape Innocent, ni par le pape saint Léon; mais aucune de leurs paroles ne la répudie, elles l'insinuent plutôt. Nous sommes d'autant plus autorisés à noter cette insinuation que, un siècle plus tard, nous constatons clairement que l'usage de la réitération est établi, témoin le canon du concile de Tolède de 589 qui proteste contre cet usage au nom de l'ancienne discipline. Or cet usage se propageait depuis longtemps. L'historien Socrates, sincère admirateur de la sainteté de saint Jean Chrysostome, s'étonnait qu'il l'eût alliée à une sorte de mépris de l'ascèse ouvertement professé dans ses discours. Les conciles ont prescrit, rappelait Socrates, que, après le baptême, la pénitence ne soit accordée qu'une fois, et Jean osait dire : Quand on aurait fait mille fois pénitence, on peut venir la solliciter encore. Socrates ajoute que les amis du saint le reprirent de cette hardiesse, et que Sisinnios, Tévéque novatien de Constantinople , écrivit tout un livre pour l'attaquer à ce sujet * . Mais la nouveauté de saint Jean Chrysostome exprimait simplement ce qui était dès lors le souci des pasteurs et le besoin des âmes.

Une dernière évolution, préparée depuis longtemps au moins à Rome, aboutit vers la même époque, qui consistera en ce l'évêque déléguera intégralement à des prêtres ce ministère. A Rome, nous l'avons vu, des prêtres étaient délégués au iudicium sacerdotiSy par où s'ouvrait la pénitence canonique :

1. SocRAT. H. E. M, 21 : Miô^ yàp (UTà tô pi:cTi<rjxa r.iç,% rri; <rjv65oy Tûv è7:i(7X($7ta)v txetavota; toî; ÈTrraixôîXi ôo9eîff7);, avrô; à.Tzv:6)\yrflvt

ils recevaient la confidence du pécheur, ils déterminaient la satisfaction par lui due, mais le pécheur attendait le jeudi saint pour être réconcilié par l'évéque. Déjà cependant, à Rome et hors de Rome, si le pécheur était en danger de mort, on n'attendait pas le jeudi saint : le pécheur pénitent était réconcilié, communié, et les prêtres avaient toujours suffi à ce ministère. N'yavait-il maintenant que les cliniques, c'est-à-dire les pénitents à l'article de la mort, à n'être pas renvoyés à la réconciliation solennelle du jeudi saint?

Dès la fin du iv* siècle, quand on voit le troisième concile de Carthage édicter qu'un prêtre ne doit pas réconcilier un pénitent sans avoir consulté l'évêque, à moins que l'évêque ne soit absent et la nécessité urgente, — « Presbyter inconsulto episcopo non reconciliet paenitenlem, nisi absente episcopo et necessitate cogente, » — n'a-t-on pas lieu de conclure que, dès lors, un prêtre n'a qu'à avoir le consentement de son évêque pour réconcilier un pénitent, d'une part, et d'autre part que l'abus s'est introduit, puisqu'on le réprime, qui fait qu'un prêtre réconcilie sans recourir à l'évêque et en dehors du cas de nécessité urgente ?

On s'est beaucoup servi d'un canon du concile de Tolède de 589, qui se scandai ise qu'en certaines Églises d'Espagne, la discipline pénitentielle se soit énervée à ce point que les pécheurs recourrent à la pénitence chaque fois qu'ils ont péché, et trouvent des prêtres pour les réconcilier chaque fois : « Ut quotiescunque peccare voluerint loties a presbytère se reconciliari

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e.Tpostulcnt ». Les Espagnols avaient toujours été rigoristes! Le concile de Tolède proteste énergiquement contre cet usage irrégulier {non secundum canonem), contre cette audace détestable (ej:ecrai/7/s/?rrie5w/7z/?tio] ; il exige que la pénitence soit donnée selon la lettre des anciens canons [secundum formam anliquorum canonum). Le pénitent devra donc d'abord être suspendu de la communion : puis, « inter reliquos paenitentes ad manus imposilionem crebro recur^ rere r> ; puis, quand il aura accompli le temps de satisfaction déterminé parTévêque, il sera réadmis à la communion. Si, au cours de sa pénitence ou après sa réconciliation, il retombe dans son péché, il sera condamné a secundum priorum canonum severitatem ». On avoulu voir dans ce canon la première attestation de deux usages, qui sont la réitération indéfinie de la réconciliation et la délégation du pouvoir des clés à de simples prêtres : nous croyons avoir établi que ces deux usages sont de plus de cent ans antérieurs au concile de Tolède. Et du même coup nous éliminons ropinion\ qui attribue à saint Colomban l'institution du ministère presbytéral et secret de la pénitence. Contre cette opinion, M^' Duchesne avait fait valoir que Tépiscopat franc, peu favorable à saint Colomban et aux moines missionnaires, irlandais ou anglo-saxons, du vu* et du viii* siècle, eût été vraisemblablement mal disposé à se laisser imposer par eux un changement de discipline grave et imprévu; et qu'aussi bien les faits attestaient que ce

1. E. LOENING, Geschichte des deulschen KirchenrechU, t. II (Strasbourg 1878), p. 468 et s. A. Malnort, Quid luxovienses monachi, p. 63 et s. — Nous n'a\ons pas besoin, pour écarter le système de Lôning, de recourir, comme M^ Scbmitz, à l'hypothèse de l'existence d'un péni-

changement s'était opéré dans des régions totalement fermées à l'influence de Luxeuil, comme Rome et Tolède ^

A ces deux fins de non-recevoir opposées par M^"" Duchesne à un système si mal venu, nous en pouvons joindre une troisième, qui est que le changement attribué à saint Colomban était en réalité l'aboutissement d'une longue évolution, qui s'était faite par amendements successifs : abandon de la pénitence plénière, extension de la pénitence qui n'avait de public que la réconciliation solennelle du jeudi saint, introduction de la réitération indéfinie du recours à cette réconciliation, délégation à de simples prêtres de l'administration privée de cette réconciliation jusque-là fonction épiscopale et solennelle : telles étaient les étapes successives lentement parcourues, par lesquelles la pénitence, ayant éliminé tout ce qu'elle avait jadis contenu de publicité et de solennité, se trouvait être devenue secrète et privée.

tentiel romain, dont les pénitentiels anglo-saxons seraient dérivés. Cette hypothèse est d'ailleurs, parmi nous, considérée comiEe non établie (ito Duchesne et Paul Fournier). 4. Bulletin critique, t. IV (1883), p. 366.

Nous voudrions compléter l'essai qui précède en cherchant ce que l'œuvre de saint Augustin peut apporter de vérification aux vues que nous venons de proposer. Nous grouperons les indications par nous relevées autour d'un fait raconté par l'évéque d'Hippone, et bien connu, encore que personne n'ait observé quelle lumière il projette sur les institution» pénitentielles africaines au début du v* siècle.

L'Epistula CLI de saint Augustin, écrite à la fin de 413 ou au début de 414, est adressée à un haut personnage nommé Caecilianus, qui résidait pour lors à Carthage, après avoir été en 400 préfet du prétoire. Caecilianus était auprès de Marinus, qui, dans le second semestre de 413, comte d'Afrique, eut mission d'instruire contre les complices de la révolte d'Heraclianus exécuté à Carlfhage au commencement d'août 413. On ne voit pas exactement quelle était la charge de Caecilianus, mais il était dans le gouvernement impérial de l'Afrique, « int>T tôt et tanta negotiay non tua, s ed public a », lui dit

Augustin \ il tenait de près au comte Marinus, et l'opinion publique lui reprochait de n'avoir pas su s'opposer à la condamnation à mort (11 septembre) d'un homme auquel Augustin et tout Tépiscopat catholique d'Afrique était très attaché, le comte Marcellinus.

Il suffirait pour expliquer cet attachement de rappeler que le comte Marcellinus avait reçu mission de l'empereur Honorius, en 411, de présider la célèbre conférence de Carthage où l'épiscopat catholique et l'épiscopat donatiste comparurent. La conférence fut conduite par Marcellinus avec gravité et patience : elle aboutit, on le sait, à la justification de l'épiscopat catholique, et à la sentence qui préluda à la liquidation légale du schisme donatiste. Mais Marcellinus était bien avant 411 connu et estimé, puisque c'est à lui, en même temps qu'à Pammachius, que saint Jérôme a dédié son Apologie contre Rufin^ en 402. Marcellinus était donc un romain de distinction du groupe des amis de Jérôme. Saint Augustin, dans l'épître CLI fait un très noble éloge de son caractère. Éloge non moins significatif, en 413 il écrit le nom de Marcellinus en tête de la Cité de Dieu, car c'est à Marcellinus qu'est adressée la préface, qui nous apprend que l'œuvre a été entreprise pour lui et qu'elle a été promise par Augustin à celui qu'il nomme « fili carissime Marcelline ». Après l'exécution de Marcellinus, que l'évêque d'Hippone et ses collègues avaient été impuissants à prévenir, l'épître CLI est leur protestation courageuse : Augustin y loue la victime avec une dignité, avec une

\. Epistul. CLI, 4.

lOr, ÉTUDES D HISTOIRE.

conviction, qui place sa mémoire au-dessus du soupçon d'avoir manque de loyalisme, et qui n'aura pas pou contribué à faire entrer Marcellinus dans le

Martyrologe ^

Nous appelons l'attention sur un trait que rapporte Auf^ustin dans l'épîtreCLI. Marcellinus et son frère (Apringius), raconte Aug-ustin, étaient tous deux clinitiens. Par son caractère, Apringius était plus ami du siècle que du Christ, bien que, depuis son mariage, il eut corrigé phisd'une erreur de sa vie de jeune homme. Marcellinus, au contraire, était chrétien de cœur et de vie. Comme ils étaient en prison, Apringius dit à son frère fje cite dans la traduction de Tillemont) : « Si ce sont mes péchés qui m'ont attiré cette disgrâce, par où avez-vous mérité d'y tomber, vous dont nous savons que la vie a toujours été si chrétienne, et qui avez toujours eu tant de zèle pour tous les devoirs de la piété? » Marcellinus lui répondit : « Quand ce que vous dites de moi serait véritable, et quand l'état où je suis devrait aller jusqu'à me faire perdre la vie, n'est-ce pas une grande miséricorde de Dieu sur moi, de me l'avoir envoyé pour me châtier ici de mes péchés, et de n'en pas réserver la punition au jour du jugement? »

Ce discours de Marcellinus, ajoute Augustin, pouvait faire croire qu'il se sentait coupable de quelques péchés secrets d'impudicité : « Hic forte aliquis credat eum fuisse sibi conscium aliquorum occu-torum impudicitiae peccatoriim, » Mais voici ce que Dieu a permis, pour ma consolation, que j'aie

4. Sur la mort du comte Marcellinus, voyez F. Martrott.. Gens^n'c, îa conquête vandale en Afrique (1907), p. 68-70. P. Uoscealx, Hist. litt.d* l'Afrique chrétienne, t. IV (1ÎM2, p. 307.

SU de sa propre bouche. J'étais moi-même en peine sur ce sujet, parce qu'on a tout à craindre de la fragilité humaine. Me trouvant donc seul avec lui dans la prison, je lui demandai s'il ne se sentait point coupable de ces péchés qui ont besoin d'être effacés par une pénitence plus sévère et plus publique. Comme il avait beaucoup de pudeur, ce seul soupçon que je lui témoignai le fit rougir, mais il n'en reçut pas moins bien ce que je lui disais, et me prenant la main droite avec ses deux mains il me dit avec un sourire modeste : « Je prends à témoin les saints mystères que cette main offre à la majesté de Dieu, que ni devant, ni depuis mon mariage, je n'ai jamais approché d'aucune femme que de la mienne. » Voici le texte même d'Augustin [Epistiil. CLI, 9) :

Cum de hoc ipso, ut sunt humana, sollicitus, solus cum solo agerem iam in eadem custodia constituto, ne quid esset unde maiore et insigniore paenitentia Deum sibi placare deberet, iile, ut erat verecundiae singularis, cum ipsam licet falsam meam suspicionem erubesceret, sed admonitionem gratissime acciperet, modeste graviterque subridens et utraque manu meam dexteram appréhendons : t Tester, inquit, sacramenta quae per hanc offeruntur manum, me nullum esse expertum concubitum praeter uxorem, nec ante, nec postea. >

Ce récit de la confession de Marcellinus est un bien pathétique récit, et avec quel sentiment des détails expressifs il est fait! Augustin est en tête à tête avec Marcellinus dans sa prison. L'évêque est inquiet, étant donné la fragilité humaine, que le prisonnier n'ait sur la conscience quelqu'une de ces fautes pour lesquelles on doit apaiser Dieu par une pénitence plus grande et plus insigne. (Tillemont

198 ÉTUDES DHLSTOIRI.

n'est pas autorisé h traduire i/iêif^ior par « pins publique ».) LViVÔfjue n'hésite pas à dire Hon inquiétude à Marcellinus. Kt celui-ci, « ut erat verncundiae si/ifrularis », rougit du soupçon injustifié d'Au^rustin, mais accepte l'avis avec gratitude, et souriant modestement et p^raveraent lui prend la main droite... Voilà un de ces petite tableaux comme Augustin excelle à les peindre. Mais lo récit n'est pas seulement d'une très pure beauté morale et psychologique, il nous révèle un ministère, dans lequel il est permis de penser que saint Augustin a excellé aussi, et dont la confession de Marcellinus n'est certainement pas l'unique occasion qu'il ait eue de l'exercer

Pour délimiter aussi exactement que possible le champ de ce ministère, rappelons que, dans la doctrine de saint Augustin, il est pour le fidèle baptisé deux espèces de péchés', dont la première est celle des péchés qu'il appelle quotidiens.

Dans le Sermo iX (17-18), saint Augustin donne de sa doctrine une exposition, que je vais citer entre bien d'autres pages, parce qu'elle est la plus didactique.

\. Nous laissons de côté !es péché» commis avant le baptême. Ne pas oublier que la rémission des pèches au baptême est consifJérée par AugusLin comme une première forme de la pénitence, car. pour i'adulte qui reçoit le baptême, le baptême suppose la conversion. S«r7no CCCLII, 2. — Voyez ibid. 9, ce que revèque d'Hippone repond aux païens qui prétendent que l'institution de la pénitence est un encouragement à pécher. « Soient indc chrislitnis pagsni insultare de paenitentia quae instituta est in Ecclesia... Voi, inquiunt. facitis ut peccent honiines, cum illis promittitis veniam si egerint paenitemiam. Dissolutio est ista, non admonitio... Breriter accipiat caritas teslra quia Domini misericordia lotum optiœe constituit ia Ecclesia sua. » Rapprochez Sermo XX, 4, cl Enarr. in ps. CI, i, 9.

Exercete vos in misericordia, exercete vos in eleemosynis, in ieiuniis, in orationibus. His enim purgantur cotidiana peccata, quae non possunt nisi subrepere in animan propter fragilitatem hiimanam.

Noli illa contemnere quia minora sunt, sed time quia plura sunt. Attendite, fratres mei. Minuta sunt, non sunt magna. Non est bestia quasi leo, ut uno morsu guttur frangat, sed et plerumque bestiae minutae multae necant. Si proiciatur quisquam in locum pulicibus plénum, numquid non moritar ibi ? Non sunt quidem maiores, sed infirma est natura humana,quae etiam minutissimis bestiis interimipotest. Sic et modicapeccata : attenditis quia modica sunt, cavete quia plura sunt. Quam minutissima sunt grana arenae : si arenae amplius in navem mittatur, mergit illam ut pereat. Quam minutae sunt guttae pluviae : nonne flumina implent et domos deiciunt? Ergo ista nolite contemnere.

Sed dicturi istis : Et quis potest sine istis? Ne hoc diceres, quia vero nemo potest, Deus misericors videns nostram fragilitatem posuit contra remédia. Quae sunt remédia? Eleemosynarum, ieiuniorum, orationum, ipsa sunt tria.

hespeccata cotidiana^ minora, minuta, modica, sonten quelque manière inévitables, étant donné la fragilité humaine. Augustin cite comme exemples une parole dure, un rire immodéré : « Illa dico cotidiana peccata, quae aut per linguam facile committuntur ut est s>erhum, darum, aut cum labitur aliquis in risum immoderatum.,. » [Sermo IX, 18)^. Augustin, il est vrai, donne aussi en exemple des fautes que la théologie morale d'aujourd'hui estime plus graves qu'il ne fait, comme l'excès dans le boire et le manger,

1. Autres exemples dans Sermo LVI, 12 : péchés des yeux, des oreilles, de la langue, sans aller jusqu'au blasphème.

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comme rinlompérance dans l'usap^e du mariage : « In ipsis conccssis prccata sunt. Cum ipsa uxore si exceditur concmnbendi niodus procrnandis liberis debitusy iam peccatum est. Et ipsa talia pcccata cotidianae eleemosynae mtindant. In ipsis alinientis quae utique concessa sunt, si forte excedis modum etampUusaccipisquani neccssc est,peccas. Cotidiana sunt ista qude dico. » {ibid.). Ces fautes quolMicnnos ne sont pas négligeables, sous prétexte qu'elles sont légères, car, si leur gravite est minime, leur nombre peut devenir grand, et le nombre est inquiétant. Donc ne méprisons pas les fautes quotidiennes ^ — Comment remédier à notre fragilité? Dieu nous oiïre trois remèdes : l'aumône, le jeûne, la prière. Remède doit s'entendre de rémission des fautes commises, car de remède préventif il n'en est qu'un, s'il s'agit de fautes d'habitude, qui est de se corriger : « Talia peccata dicinius, fratreSy cotldianis eleemosynis posse mundari. »

Le rachat du péché par l'aumône inculqué par l'Ancien Testament n'a pas perdu sa valeur. Il est écrit : « Comme l'eau éteint le feu, l'aumône éteint le péché » [Eccli. m, 33). Il-est écrit : « Enferme ton aumône dans le cœur des pauvres, elle priera pour toi le Seigneur » (xxix, 15). Il est écrit : « Ecoute mon conseil, roi, et rachète tes péchés par des aumônes » [Dan. IV, 24). Augustin allègue ces textes, et il ajoute : « Et alla multa sunt divini eloquii documentayquibusostenditurmultumvalereeleemosynam ad extinguenda et deïenda peccata-. » L'aumône efface le péché : « Non ergo itis m regnum quia

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