Sermo LX
non peccastis, sed quia ç^estra peccata eleemosynis redemistis », dit Augustin^ commentants. Mathieu, XXV, 34-36. Mais Augustin moraliste n'attribue de valeur rédemptrice qu'à l'aumône du pécheur repentant :
Eleemosynae illis prosunt qui vitam mutaverunt. Das enim Christo egenti ut peccata tua redimas praeterita. Nam si ideo das ut liceat tibi semper impune peccare, non Christum pascis, sed iudicem corrumpere conaris^.
Ce qui est dit de l'aumône peut se dire du jeûne. Augustin cependant insiste de préférence sur la prière, dont l'aumône et le jeûne sont les deux ailes :
Et haec iustitia hominis in hac vita : ieiunium, eleemosyna, oratio. Vis orationem tuam volare ad Deum? Fac illi duas alas, ieiunium et eleemosynam'.
La prière la plus indiquée pour obtenir la rémission de nos péchés quotidiens est celle que place sur nos lèvres chaque jour l'oraison dominicale : Remettez-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous ont offensés. « Delet omnino haec oratio minima et cotidiana peccata », dit Augustin dans Y' Enchiridion (lxxi), et pareille affirmation lui est familière comme un axiome élémentaire de la vie chrétienne^.