Sermo XLil, 8. Rapprochez CCVI, 2; CCIX
4. Voyez De continent. 2i> : • Hue accédant et illa peccata pro quibus cotidiana vox totius Ecclesiae est : Dimilte nabis débita nostra. » Sermo XVII, 5 : « Propter ipsa peccata huraana et tolerabilia, et tanto crebriora quanto minora, constituit Deus in Ecclesia lempore ijiisericordiae praerogandae cotidianam medicinam, ut dicamus : Dimitte nabis débita 7iostra..., ut his verbis Iota facie ad àltare acce-
202 ÉTUDES DHISTOIRE.
Nul baptise^ n'ost dis[}«ri!?<j d-; < • tt • pL-nitnnce quotidienne des fautes quotidiennes, p.;s même les évùquos, et saint Augustin le dit avec candeur et pittoresque dans ce passage d'un de ses sermons :
Dicis inodo forte : Et vos? — Kespondemus : Et nof, — Et vos, episcopi sancti, debitores egtist — Et nos debitores sumus. — Et vos? Absit, domine, noli tibi facore iniuriam. — Non iniuriam raihi facio, sed verum <ii( o : debitores sumus.
Si dixerimus quia peccatum non habemus, nos ipsoa decipimus et veritas in nobis non est (\ loa. i, 8). Et baptizati sumus et debitores sumus, non quia aliquid remansit quod nobis in baptismo non dimissum fuerit, sed quia vivendo contrahimus quod cotidie dimittatur...
Qui baptizantur et tenentur in hac vita, de fragilitate mortali contrahunt aliquid unde, et si non naufragatur, tamen oportet ut sentinetur. Quia, si non sentinatur, paulatim ingreditur unde tota navis mergatur. Et hoc orare sentinare est. Non tantum autem debemus orare, sed et eleemosynam facere, quia, quando sentinatur ne navis mergatur, et vocibus agitur et manibus*.
Augustin, on le voit, revient là à sa maxime familière que les péchés quotidiens, si l'on ne s'en libère pas, peuvent par leur nombre causer la perte spirituelle du fidèle qui les accumule. C'est comme l'eau qui', à travers les ais, pénètre dans la cale du navire, et qu'il faut écoper constamment, « oportet ut sentinetur » , sans quoi le naufrage est au bout. Que chacun
damus, et his verbis Iota facie corpore Christi et sanguine coaimuniceinus. » Rapprocher Rctract. II, Î8 ; Civ. Dci, XXI, 47; Enarr. in ps. CXMII. II, 1; Serjno XLII, 1-2; LVIil, 10; LIX, 7; CCLXI, 40; CCLXXVIII. 13; CCCLII, "; etc.
1. Serjno LVI, 11. Le mot sentina désigne la cale du bateau; senti' nare est un mot classique pour dire écoper, vider l'eau de la cale à l'aide d'uu seau {sitelia].
écope donc Teau de sa barque : « Arripiamus tam^ quam sitellam istam sententianij ut sentinemus ne demergamur ^ . »
Le savant et regretté P. Portalié écrit à ce propos : « 11 est incontestable que les confessions de dévotion n'étaient point en usage, et cela explique comment, selon la remarque du P. Rottmanner, remarque dont plusieurs se sont bien à tort scandalisés, on ne voit nulle part que saint Augustin, de son baptême à sa mort, ait reçu le sacrement de pénitence. Cette observation s'applique aux autres saints Pères ^. »
Premièrement donc des péchés de quotidienne fragilité, que Dieu nous remet quotidiennement en retour de nos aumônes, de nos jeûnes, de nos prières. Secondement, des péchés d'une gravité tout autre, qui appellent une sanction. Saint Augustin établit bien le contraste dans le développement que voici [Sermo LVl, 12) :
Dimissis ergo peccatis omnibus par lavacrum regenerationis, in magnas angustias contrusi fuerimus, si non nobis daretur cotidiana mundatio sanctae orationis^ Eleemosynae et orationes mundant peccata.
Pour le baptisé, effacement quotidien des fautes quotidiennes. Mais la prière, l'aumône et le jeûne ne suffisent pas toujours :
Tantum ne talia committantur, unde necesse sit separari nos a pane cotidiano, vitantes débita quibus debetur certa et severa damnatio.