‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 85 sur 142 · Sermo CCLXXVIII, 13. Cf. Epistul. CCLXV · texte numérisé non relu

Sermo CCLXXVIII, 13. Cf. Epistul. CCLXV

:2. Art. « Auguslin » du Dict. de théol. de Vacant, t. i, col. 2427.

204 ÉTL'DM D'HISTOirtE.

11 est dfis fautc's j)Our lesquelles on doit interdire la communion au chréimn qui les a commises*, et pour lesqu(îllc3 une damnation doit <Hre prononcée contre lui. Aussitôt Augustin énumère les fautes do cette gravité, dont il faut que le chrétien s'abstienne :

Abstinentes ab idololatria, aconstellationibus mathematicoriim, a remediis incantatorum; abstinentes a decr-j)tionibushaereticorum, aconscissionibus scliismaticorum ; abstinentes ab homicidiis, ab adulteriiset fornicationibus, a furtis et rapinis, a falsis testimoniis, et si qua forte alia, — non dico quae exitiales exitus habent* — unde necesse sit praecidi ab altari, et ligari in terra ut ligetur in caelo valde periculose et mortifère, nisi solvatur in terra quod solvatur in caelo : istis ergo exceptis, non deest unde homo peccet'...

Istis exceptisy ces fautes graves mises à part, il ne

\. Rapprochez môme Sermo LVI, 10, le texte bien connu : « Iterum in itto pane nostro cotidiano si inteliegas quod fidèles accipiaot (l'eucharistie), quod (vous, catéchutnénesy accepturi esiis baptizati, bene rogamus et dicimus : Panem tiostrum cotidianum da nobis hodie, ut sic vivamus ne ab illo allari separeraur. » L'interdiction de communier est conjointe à la pénitence publique, Epislul. CLIII, 6 : « Quosdara quorum crimina manifesta sunt... a societate... removeraus altaris, ut paenitendo placare po jsint quem peccando cootempserunt. » Sermo CCCLII, 8 : « Est paenitentia gravior atque lucluosior, in qua proprie vocantur in Ecclesia paenitenies, remoti etiam a sacramcnto altaris participandi, ne accipiendo indigne iudicium sibi manduceni et bibant. ■ Cf. Sermo. L\Ui, 5 et LIX, 7.

2. Augustin pen^e aux pécheurs, qui excommuniés meurent sans s'être soumis ou sans avoir pu être réconciliés. « Quantum exilium sequitur eosqui de istosaeculo velnon regeneratiexeuntvelligali : » Epistul. CCXXXVIII, 8. Cf. De vera religione, 10 : « ... Hi sunt exitus cbristianorum carnalium... >

3. Sermo LYI, H. Rapprochez Sermo CCLXI. 9 : « Non peccata sola sunt illa quae crimina nominantur, adulteria, fornicationes, sacrilegia, furta, rapinae, falsa testimonia, non ipsa sola peccata sunt. » 5e;mû CCCLII, 8: «Grave vulnus est : adulteriura forte commissura est, forte lioaùcidium, forte aliquod sacrilegium : gravis res, grav vulauft. ;»v]U»iA. «uortiferuoi, sed omni^otens medicus. a

reste que les péchés quotidiens que nous avons vus remis par laprière, l'aumône, le jeûne; istis exceptis^ mais ces fautes graves sont les plus graves que le baptisé puisse commettre : — 1° l'idolâtrie, y compris le recours aux devins et aux guérisseurs ; — 2° l'hérésie et le schisme ; — 3» Fhomicide ; — k^ l'adultère et la fornication ; — 5° le vol ; — 6° le faux témoignage ^ . Augustin ne dit pas que cette énumération épuise la matière, « et siqua forte alia » , il admet un etc. ^ . La gravité des fautes ci-dessus énumérées se mesure à la sanction dont l'Eglise les frappe : les pécheurs qui les ont commises sont séparés de l'autel, rejetés de la communion, en vertu d'une « certa et seçera damnatio ». 11 est nécessaire qu'il en soit ainsi [necesse praecidi) : pareille nécessité s'entend d'un acte de l'Eglise, qui intervient contre le coupable, qui le retranche, qui l'astreint à la pénitence publique. Augustin s'en explique ailleurs :

Nolite illa committere pro quibus necesse est ut a Christi corpore separemini : quod absit a vobis. Illi enim quos videtis agere paenitentiam scelera commise runt, aut adulteria, aut aliqua furta immania : inde agunt paenitentiam. Nam si levia peccata ipsorum essent, ad haec cotidiana oratio delenda sufiîceret 2.

1. De catech. rud. 48 : « Multos ergo visurus es ebriosoSf avaros, fraudatores, aleatores, adultéras, fornicatores, remédia sacrilega sibi alligantes, praecantatoribus et mathematicis vel quarumlibet impiarum artium divinatoribus deditos. Animadversurusetiainquod illae turbae impleant ecclesias per dies festos christianorum, quae implent et theatra per dies solemnes paganorum... Et aliquando fortasse graviora facere homines non ignoras, quos nosli appellari cbristianos... Omnibus ergo qui in talibus opcribus persévérant damnatio finis est » . Les mots soulignés forment une énumération qui se retrouve exactemont dans le même ordre (les fornicateurs seuls omis), ibid. 11. Nous avons affaire à une énumération en quelque sorte canonique.

a. De symb. sermo ad catech. 15. Cf. Contra Iulian. pelag. II, 23,

205 glUUL.^ Uili^iOlRB.

Les fautes graves sont de telle nature qu'une 8eulc suffit à fermer au coupable l'entrée du royaume des cieux. Ces fautes tuent sur le coup, et voilà pourquoi on les qualifie de mortelles : « ... homicidia... aut adultcria vel cetera mortifera peccata quae uno ictu perimunO ». Augustin dit encore : .

Sunt quaedum gravia et mortifera, quae nisi per vehementissimam molestiam humiliatioms cordis et contritionis spiritus et tribulationis paenitentiae non relaxantur. Haec dimittuntur per claves Ecclesiae».

Ces derniers mots éclairent ce qui restait obscur dans le teiU du Sermo LVI cité plus haut : le pécheur est lie sur terre de telle façon qu'il est lie dans le ciel, mais il peut être délié sur terre de telle façon qu'il soit délié dans le ciel. Le pécheur, he par rÉo-lisc^, est déliéparlÉglise.carses péchés lui sont

remis « per classes Ecclesiae », et l'Eglise met pour condition à cette rémission dont elle dispose 1 hunailiation du cœur, la contrition de l'esprit, la tnbulation de la pénitence. L'Église cherche en tout cela le salut du coupable et elle le procure : « Quia et ipsa quae damnalio nominatur quam facil episcopale

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