Epistul. CLIII
souvent une foi si vive qu'il ne reculait pas devant la pénitence publique pour rocouvrcr la pureté baptismale, cette pénitence publique était considérée maintenant comme une vindicte de la loi chrétienne, et le coupable attendait la sentence du jug-e pour s'y soumotlro. l'.tre exclu de la communion par l'évoque était une peine infamante, comme pour un clerc la dégradation * : l'autorité redoutait de prononcer la damnatio du pécheur imprudemment, car il n'était pas inouï que des fidèles eussent été excommuniés qui étaient parfaitement innocents^. La sentence était-elle méritée, il arrivait que, loin d'amender le coupable, elle le rendait pire. Augustin l'avoue à son peuple et atteste là son expérience navrée :
Aliquando nos parcimus et non novimus nisi loqui ! Excommunicare, de Ecclesia proiccre pigri sumus ! Aliquando cnim tîmemus ne ipso flagelle peior fiât qui caeditur. Et quamvis qui taies sunt iam in anima mortui 6int...3.
On a la surprise, quand on lit les sermons d"Augustin d'y découvrir des exhortations à la conversion, qui supposent que dans l'auditoire se rencontrent des chrétiens qui ont des péchés mortels sur la conscience, et qui ne sont pas cependant dans les rangs des pénitents. Je citerai le passage suivant
1. Sermo CLXIV, 11 : « Si iudex es, si iudicandi potestatem accepisli ecclesiaslica régula, si apud le acrusator. si veris docuraentis testibusque convinciiur, coerce, corripe, excommunica, deyrada »,