‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 91 sur 142 · Voyez Ambros., In psalm. CXVHI expositio, ni · texte numérisé non relu

Voyez Ambros., In psalm. CXVHI expositio, ni

3. YoyezCiv. Dei, XXI,2o(éd.HoFFMAN!<, p. o66),ouAu8:u&tin réfute àt nouveau cette erreur : «... Unde nec illi in perditis et damnabilibu8 DQOFibus debent esse securi, qui usque in fineoa quidera velut in communione Ecclesiae catholicae persévérant... et per vitae iniquitatem ipsam vitae iustitiam quod e^is Ghristus est deserunt, sive fornicando, sive alias iramunditias flagitiorum quas nec exprimere aposlolus voluit in suc corpore perpeirando, sive turpitudine luxuriae difliuendo, sive aliquid aliud eorum agendo de quitus ait

lit ÉTLDES D'HISTOIRE.

sans une expiation posthume, mais quelles qu'eassent été les fautes du pûchour, cette expiation ne devait en aucun cas ôtre éternelle, et la bonté de Dieu avait toujours le dernier mot pour les baptisés. Cette erreur, d'inspiration origéniste, est celle qui a été appelée Tcrrc'ur des miséricordieux ^ Si grave fûtclle en soi, il faut reconnaître qu'elle n'allait pas à nier sinon la nécessité, du moins l'utilité de la pénitence.

Au contraire, la doctrine de l'utilité de la pénitence était compromise par l'erreur de ceux qui professaient que les péchés graves peuvent être rachetés par les aumùnes. Les baptisés coupables des fautes dont saint Paul a prononcé qu'elles excluent du royaume de Dieu, ne conjurent cette exclusion que s'ils font une pénitence convenable en ce monde, enseigne Augustin, car il n'y a pas pour eux d'expiation d'au-delà : <f Regnurti Dei non possidehunt, nisi convenienter paenitentibus eadem crimina remittantur-. » Mais qu'ils n'aillent pas croire que l'aumône suffit à constituer la pénitence convenable :

Sans cavendum est ne quisquam existimet infanda illa crimina, qualia qui agunt regnum Dei non possidebunt, cotidie perpetranda et eleemosynis cotidie redi-

Quoniam qui talia agunt regnum Dei non possidehunt... Nec isti ergodicendi sunt manducare corpus Christi, quooiam nec in niembris coniputandi sunt Christi ».

1. Il faut lire sur ce point l'article du P. Portalié « A propos d'esehatologie t (coutre M. Tunnel), dans le Bulletin de lilt.eccl. lOOl, p. 101-119, tout inachevée que soit restée rélude du savant religieux.

i. Enchiridion, lxix. Augustin admet cependant un ignis purgatorii'.s temporaire dans l'autre monde.

menda. In melius quippe est vita mutanda et per eleemosynas de peccatis praeteritis est propitiandus Deus, non ad hoc emendus qiiodam modo ut ea semper liceat impune committere. Nemini enim dédit laxamentum peccandi {Eccli. xv, 21), quamvis miserando deleat iam facta peccata, si non satisfactio congrua neglegatur.

La conscience d'Augustin proteste contre cette prétention à acheter de Dieu l'impunité par des aumônes. L'aumône est une satisfaction pour le péché passé, elle n'est pas une licence de pécher encore. L'aumône sans la conversion est inefficace : l'évêque d'Hippone insiste sur cet axiome, comme si le nombre était grand des pécheurs qui, autour de lui, pensaient pouvoir, grâce à leurs aumônes, ne pas s'inquiéter de leurs crimes ^ .

11 n'y avait pas que des pécheurs à penser ainsi, car Augustin nous révèle que de son temps des hommes dont l'autorité n'était pas négligeable, des évoques apparemment, exagéraient la valeur rédemptrice de l'aumône. Toutefois, ils exceptaient trois péchés de cette rémission, savoir i'impudicité, l'idolâtrie et l'homicide, qu'ils astreignaient à la pénitence publique^. Curieuse est la persistance au début du v^ siècle de cette réserve des trois ^ecca^a mortifera, mais curieuse aussi l'extension de la rémission par l'aumône à toutes les fautes qui ne

\. Ibid. Lxxvii : « Non ergo se fallant qui per eleemosynas quaslibet largissimas fructuum suorum vel cuiuscumque pecuniaeimpunitatem se emere existimant in facinorum imQianitatô ac flagitiorum nequitia permanendi. » I! y revient dans Civ. Dei, XXI, 27 (p. 573-576), dans Epistul. CLVU, 3, etc.

2. De fide et oper.Si : « Qui autem opinanlur cetera eleemosynis facile compensari, tria tamen mortifera esse non dubitant et excommunicationibus puniendadonec paenitentia lîumiliore sanentur, impudicitiam, idololatriam, homicidium. »

sont pas ces trois péchés. A cet arcnu-^me Au^nislin oppose que toutes les fautes mortelles ne relevant pas pratuiuement delà pénitence publique ; à cette nouveauté, que l'aumône est une satisfaction congrue à la condition de n'être pas pharisaïque '.

Cependant, ces erreurs théoriques écartées, li restait un autre péril à conjurer. Pour Uint que Ion élargit le domaine des peccata levia cotidiana (\mc remet la prière quotidienne (accompagnée de jeûne et d'aumône), comme le domaine allait se rétrécissant de plus en plus des peccata frravia soumis à la pénitence publique', il restait un nombre effrayant de peccata gravia ensevelis dans la conscience des

fidèles.

Nous sommes enclins à ne voir dans l'ancienne Église que ses saints et que des saints! Augustin s'est évertué à dire que l'Église, l'Église de son temps, était et ne pouvait pas ne pas être une société mêlée, dans laquelle la paille est confondue avecle grain. la zizanie avec le pur froment : la discrimination des pécheurs et des justes ne sera faite que par Dieu, quand viendra le jour de la moisson. Que de fois Tévêque d'Hippone a répété ces affirmations à l'adresse des Donatistes qui prétendaient que l'Église était l'Église des saints! En cela, 1 évêque d'Hippone n'était pas un controversiste seu-

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