‹ Études d'histoire financière et monétaireChapitre 27 sur 64 · TROUVE EN JANVIER · texte numérisé non relu

TROUVE EN JANVIER

Une certaine émotion s'est légitimement produite au sein de la Société des Antiquaires deTOuest, lorsqu'il y a quelque temps vous apprîtes (1) qu'un important trésor de monnaies romaines consulaires et de monnaies gauloises avait été découvertpar un ouvrier du pays sur le territoire de la commune de Vernon, à 19 kilomètres de Poitiers. Vous apprîtes en même temps que l'ensemble de cette trouvaille, d'un poids de 7 kilogrammes environ de monnaies d'argent, à Tinsu de la plupart des numismatistes de ce pays, qui ne l'apprirent qu'après l'événement, avait été acquis par l'habile chef de la maison Feuardent et Rollin de Paris.

Peu de temps après, un amateur de Poitiers, M.D..., qui avait été mis dans le secret, qui avait seul vu M. Feuardent lors de son voyage à Poitiers, et en avait reçu une poignée de ces pièces, voulut bien me céder quelques doubles au nombre de dix-sept : 15 consulaires et 2 gauloises.

Depuis, le sieur G..., marchand d'antiquités à Poitiers,

(1) Mémoire lu à la Société des Antiquaires de TOnest, dans la séance dn 18 juin 1874.

qui avait joué le principal rôle danslavcnle à M, Feuardent du gros lot de monnaies trouvées à Vernon^est venu m'offrir un autre lot d'environ 1 kilogramme de monnaies d'argent provenant de la même découverte. Le sieur G... me dit qu'il le tenait directement du même habitant de Vernon qui avait trouvé le gros lot vendu à M. Feuardent ; qu'il avait été découvert dans le même lieu; qu'il n'était point passé en d'autres mains, et que personne, ni amateur, ni marchand, ne l'avait vu avant moi. C'est dans ces conditions que j'ai acquis en entier ce lot de monnaies contenant 100 pièces de monnaies gauloises et 87 romaines consulaires, toutes en argent ; et depuis j'iai reçu de M. Feuardent lui-même l'assurance que ces pièces ne revenaient pas de Paris.

Ces deux acquisitions réunies portent donc à 204 pièces la partie du trésor de Vernon qui m'est ainsi échue, et il se trouve que ces deux acquisitions se divisent en 102 consulaires et 102 gauloises (1).

J'ai pensé qu'il pouvait être utile de rendre immédiatement compte de cette partie de la trouvaille de Vernon, et tel est l'objet de cette communication.

M. Feuardent, heureusement inspiré, a convié MM. de Saulcy et de Barthélémy à l'étude de sa trouvaille ; mais j'ignore si ces deux savants en doivent publier le catalogue, qui d'ailleurs ne pourrait comprendre ces 204 pièces. Dans tous les cas, vous penserezpeut-être que celui que je vous apporte, bien que ne s'appliquant qu'àuneportion restreinte de la même découverte, peut cependant donner une idée sérieusede l'ensemble de la trouvaille, de la nature et des époques de fabrication des monnaies qui la composent, et autorise des inductions précises pour la détermination de l'époque probable de l'enfouissement ^e ce trésor.

Le catalogue que j'ai ainsi dressé se divise naturellement en deux parties: celle relative aux monnaies romaines; celle relative aux monnaies gauloises.

(l) Voir la note de la page suivante sur d'autres portions du même trésor et ses découvertes successives.

Page 1