‹ Études d'histoire financière et monétaireChapitre 28 sur 64 · ROMAINES CONSULAIRES ET GAULOISES · texte numérisé non relu

ROMAINES CONSULAIRES ET GAULOISES

Dans la première, je donne pour chaque pièce les noms ou symboles des monétaires inscrits sur ces monnaies, le nom des familles romaines auxquelles ces magistrats appartiennent, les numéros des planches du recueil de Cohen sous lesquels elles sont gravées, le nombre d'exemplaires de chaque pièce, et la date probable dé chacune, suivant les travaux de Morell, Borghesî, Cavedoni, Cohen, Mommsen et de Salis.

J*ai déjà eu Thonneur de vous dire que toutes les pièces dont il s'agit sont en argent. Elles sont toutes des deniers (i). 11 résulte du catalogue dont je viens de vouç exposer les bases de rédaction, quetoutes cespièces romaines sont consulaires ; qu'elles appartiennent à 72 types différents. Deux sont anépigraphes, dont Tune que nous indiquons la première est d'une époque indéterminée.

Toutes les autres pièces romaines de ma part de trouvaille portent des noms de monétaires. L'une, la plus ancienne^ est du temps de la guerre de Macédoine contre Philippe et de la guerre contre Antiochus (entre les années S58 à 581 de la fondation de Rome) ; une autre, la troisième, est de la fin de la guerre de Persée (598 à 603 de la fondation de Rome) ; les dix suivantes correspondent à la troisième guerre punique (années604 à 641).

Jusqu'à l'année 696 de la fondation de Rome (58 avant Jésus-Christ^ l'année qui suit le consulat de Jules César et de Calpurnius Bibulus et le commencement de la guerre des Gaules, mespièces s'échelonnent en présentant59 types différents, pour la plupart à un seul exemplaire.

Les types qui suivent cette date de 696 (58 avant Jésus- Christ) ne sont, au contraire, qu'au nombre de 13 ; mais

(1) Voir la note au bas des pages 217, 218 et 219 , dans laquelle nous parlons des autres parties du trésor qui nous sont parvenues et dans lesquelles se sont rencontrés quelques quinaires et un sesterce unique auquel nous avons consacré notre IX« étude (pages 233 à 246). — Voir aussi notre x« étude (pages 249 à 253) sur les nouvelles fouilles faites à Vemon ea noire présence le 6 novembre 1816 ; et notre XV étude (pages 365 à 272) sur un très rare denier gaulois édité par nous et provenant du même trésor.

ils se trouvent en double, en triple, et même un à quatre et un autre à cinq exemplaires ; ils appartiennent pour la plupart aux familles Marcia^ Plautia^ Considia, et surtout à la famille Julia, Neui deniers de cette famille portent le nom dé César, et sont aux types bien connus : de l'éléphant et des insignes du grand pontificat, de la tête de A^énua et d.^Enée sauvant Anchise et le palladium, et de Vénus avec le revers présentant enchaînés au pied d'un trophée deux captifs^ que l'on croit être la Gaule vaincue et son héros Vercingétorix.

La guerre des Gaules est depuis longtemps terminée. Vous vous souvenez que le siège d'Alésia est de 702 (S2 avant Jésus-Christ) ; le siège de Limonum, la lutte du Picton Duratius, allié des Romains et des légions commandées par Caninius et Fabius, contre Dumnacus, chef des Andes, est de 703. La première des pièces de la famille Jtdia que je viens de décrire, et dont j'ai trouvé cinq exemplaires, est (ainsi qu'une pièce de la famille Acilia également déterminée dans le catalogue) de l'année 704 (50 avant Jésus-Christ) ; le passage du Rubicon est du 24 novembre 50. Le second type ci-dessus indiqué delà famille Julia est de l'année 706 de R. (48 avant Jésus-Christ) ; c'est l'année de la bataille de Pharsale. Trois pièces des familles Plautia et Cordia sont des années 707 et 708 (47 et 46 avant Jésus-Christ). Enfin j'ai six pièces de l'année 709 (45 avant Jésus-Christ) : 4 de la famille Considia et deux exemplaires du troisième type de la famille Jiilia^ ci-dessus décrit comme portant deux captifs au revers sous un trophée ; et trois pièces de la famille Vibia de Tannée 710 (44 avant Jésus-Christ).

C'est cette année même, en 710, que César est assassiné. Il était en 709 au faîte de la puissance, après Thapsus, après ses triomphes à sa rentrée dans Rome. La soumission de la Gaule datait déjà de plus de six années; mais c'était la plus grande œuvre delà vie de César ; d'ailleurs, à son retour d'Afrique, on venait

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d'assister au triomphe de la guerre des Gaules , et Rome avait vu le principal défenseur de la nationalité g-auloise, l'illustre vaincu d'Alésia. Il est donc naturel que le revers du denier de 709 rappelle au-dessus du nom de César ces grands événements et ces grandes victimes, tandis que la tête diadémée de Vénus occupant le droit de la pièce correspond admirablement avec le récent apothéose de la maison Julienne, de la déesse considérée comme l'auteur de cette race, dont le nom Venus Victrix avait été le mot d'ordre à Pharsale, et dont le temple nouveau, à Venus Genitrix^ venait d'être élevé par César.

Jamais l'histoire d'un peuple n'a été écrite sur ses monnaies d'une manière plus saisissante.

Ces huit pièces des années 709 et 710 sont, dans l'ordre des dates, les dernières de cette partie de la trouvaille. Des conséquences diverses peuvent être déduites de cette date, ainsi fixée par le catalogue des pièces romaines que j'ai dressé, et dont je viens de résumer les données.

Il en résulte que l'enfouissement du trésor de Vernon n'est pas antérieur à cette année 710.

Mais nous ne pouvons pas, de l'absence de pièce^ nmins anciennes dans le lot que j'ai entre les mains, conclure absolument que l'enfouissement a dû suivre immédiatement la dernière émission ; car sur un trésor d'environ huit kilogrammes, nos observations ne portent que sur un peu plus d'un kilogramme qui ne s'est pas acheminé Vers les riches cartons de la place Louvois. De sorte qu'il est possible que l'on y trouve des pièces postérieures à celte année 710.

Cependant nous serions surpris qu'elles fussent beaucoup plus récentes (IJ, car pour tous nos deniers de 706 à 710, leur très parfait état de conservation prouve que ces

(1) Depuis la lecture de ce mémoire à la So«'iété des Antiquaires de l'Ouest, deux circonstances sont venues confirmer nos inductions. En premier lieu, nous avons pu déterminer les pièces romaines faisant

monnaies ont fort peu circulé, et par suite qu'elles ont été enfouies peu de temps après leur émission.

Nos deniers de C. Pansa et d'Albin us Brutus (famille Vibia) ne portent pas la légende libertatis, allusion à la mort de César, et Fabsence d'une pièce la portant est une preuve d'antériorité du dépôt.

Quels événements peuvent avoir provoqué à une si faible distance de l'ancien Limonum, au temps de la mort de César ou peu après, en 710 de la fondation de Rome (44 ans avanl J.-C.)? l'enfouissement d'un trésor aussi important que celui de Vernon ?

Les fouilles exécutées de 1862 à 1865 sur le mont Auxois et dans la plaine des Laumes, et qui ont mis au jour 619 pièces de monnaies gauloises et romaines, dont les dernières étaient de l'année 700 de Rome (54 av, J,-C.), tandis que le siège d'Alésia est de 702, ont fourni une démonstration nouvelle à l'opinion qui n'avait cessé de voir dans Alise-Sainte-Reine l'ancienne Alésia.

partie du lot de M. Feuardent, à qui nous avons demandé et dont nous ayons reçu un exemplaire de chacun des types de sa trouvaille. En outre des 72 types de monnaies consulaires décrits dans ce mémoire, il y a 68 autres types appartenant aux familles suivantes (d'après Tordre de date des types, sauf les familles dont il s'en trouve plusieurs) : Matia, Sempronia, Ai rania, Dêcimia, Junia (2 types), Minucia, Calidia, Domitia, Egnatuleia, Clonlia (2;, Manlia, Opeimia, Marcia, Servilia (2), Cosconia, Caesia, Veturia, Lucilia, Thoria, Porcia(2), Caelia, Œlia(2), Calpurnia, Vibia (2), Marcia (2), Rubria, Mamilia, Antonia, Norbana, Volteia (2),AquiIia, Hosidia, Sulpicia, Plœtoria, Pomponia (4), Nonia, Plautia (2), Flaminia, Furia, Cassia (4), Comelia, Postumia (2), Caecilia (2), Naevia, Julia (2), et Carisia (4). — Or celles de ces pièces qui ont été les dernières émises ont les dates d'émission suivantes : Cama (Cohen, n® 4) 702 de la fondation de Rome-52 av. J.-C. ; Cnrnelia (Cohen, n» 23) 703-51 av. J.-C. ; Postumia (Coh. 8) 705-49 av. J.-C. ; Cœcilia (Coh. 9) 707-47 av. J.-C. \Nœvia, 107 Al av. J.-C. ; Julia (Coh. nP 17.) 708-46 av. J.-C. ; et les quatre types de la famille Carisia (Coh. n®" 1, 2, 3 et 8) qui sont de Tannée 709-45 av. J.-C.

£n second lieu, le sieur G..., dont le rôle principal, non dans la déconvertc, mais dans la vente des diverses parties du trésor de Vernon, a été signalé, est venu depuis ces faits offrir à Tauteur du mémoire on nonvean lot de pièces de la même provenance, pouvaût être du poids d*un demi-kilogramme. L'auteur n'y a tu que trois types de denie]*8, qui ne Se trouvaléfit pas déjà, soit dans le lot déjà acquis par lui, sôlt dans l'entoi à lui fait par

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