‹ Études d'histoire financière et monétaireChapitre 39 sur 64 · ET L HISTOIRE DE SA FABRICAHON · texte numérisé non relu

ET L HISTOIRE DE SA FABRICAHON

Mais un tel système monétaire ne pouvait ÎDdéfinimeDt durer. Vers le commencemenL de la première guerre punique (1), l'as libral subit une première réduction. Les besoins du commerce, la multiplicilé des échanges quotidiens, ont rendu nécessaire une monnaie moins encombrante, plus maniable, et l'as de i ouces ou as triental remplace l'as libral. Celte première réduction de l'as accompagne l'introduction dans le système monétaire de Rome de la monnaie d'argent. Elles ont les mêmes causes, les besoins commerciaux et le grand développement de la richesse nationale. Ces deux opérations font partie d'une même et grande réforme dans l'économie politique des Rooiains, et le sesterce y joue un rAle important.

L'ancien as pèse, en effet, 2as j|2 du nouveau système, et le sesterce d'argent y représente 2 as Ii2, c'esl-à-dire que sa valeur est égale à celle de l'ancien as libral. Celte valeur du sesterce (sesiercius, semis tertius) est indiquée sur lapièce par US (deux as et demi} ; vous pouvez remarquer ce sigle au droit de la pièce, derrière la tête casquée. De même le quinaire porte à la même place un V, en chiffre romain 5 {quinarius, quinque asses), et le dernier un X, en chiffre romain 10 ; de là son nom : denarius, decem asses.

C'est à l'année 486 de la fondation de Rome, 268 ans avant Jéaus-Christ, quatre ans après la prise de Tarante, et quatre ans avant la première guerre punique, que se place cette première fabrication dans Rome do la monnaie d'argent.

Le sesterce du trésor de Vernon peut être de ceux fabriqués pour la première fois à Rome^ dans le cours de celle année 486 ; et même, à en croire Pline le Naturalite (2), il pourrait être de l'année précédente, car

(0 Varron, Dere ruitieâ. I, 10 ; D» ling}iâ ^artW, IV,36; Pline, BUtaria mundi, SXXIIl, 13.

(3) 'i ArgenCumiigiiBtnin aaao urbis OOCOLXXZV, Q. Ogalnio etC.Fabia ■1 co»a.| quinque annls anto primum punicum belluw, et placnitdi

cet auteur fait remonter à l'an 485 (259 avant Jésus-Christ) cette première émission de l'argent ; mais, d'après les annalistes (1), il faut s'arrêter à Tannée 486 de Rome, 268 ans avant Jésus-Christ.

Or les deniers, les quinaires, les sesterces de cette première période de fabrication des monnaies d'argent, sont tous frappés au type des Dioscures que nous avons décrit, et dont cette date va nous rendre l'explication plus facile.

Castor et Pollux étaient à la fois les divinités tutélaires des marins hellènes et des chevaliers romains.

D'une part, cette monnaie d'argent était en partie frappée en vue du commerce maritime ; elle se rapprochait du système monétaire de TAttique. La guerre de Pyrrhus était terminée ; Rome avait étendu sa puissance sur la grande Grèce ; dans la fabrique et le style de ces pièces d'aj'gent priipitives, on sent moins la rudesse romaine que la grâce et l'élégance d'artistes grecs transportés sans doute dans l'atelier monétaire de Rome^ établi vers le même temps (:2) sur le mont Capitolin, dans le temple élevé, bien antérieurement (3), à Juno moneta, Junon la conseillère. De là furent appelés triumviri monetales ou monetarii les magistrats chargés du service de la fabrication^ et moneta l'argent monnayé lui-même.

D'autre part, les chevaliers romains formaient la classe plus particulièrement adonnée au commerce. Le temple de Castor était placé dans le centre des affaires; on Ta appelé la Bourse de Rome, et, dans l'année 450, on avait institué la fête annuelle des Dioscures aux ides de Juillet, en souvenir de leur intervention à la bataille du lac

d pro decem libris seris valcre, quinarîum pro quinque, sestercium pro du- (( pondio ac semisse. 2> {Historia mundi, lib. XXIII, 13.)

(1) Tite-Live {Epitome, XV) : <r Tune primum popvlvs romanus argento « uti cœpit D, entre la fondation d'Ariminiam et la défaite des Picentinfi en 486, d'ane part, et, d'autre part, la défaite des Sallentins en 487. — Sic Zonare (VIII, 7) ; Denys d'Halicamasse {Ant, rom,, XX, 9).

(2) Suidas ; Tite-Live (VI, 20) ; Mommsen, t. II, page 30.

(3) Becker, Topographie dergtadt lioîn.j Handbueh, I, page 409.

du Trésor de Vernon

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