L’INSTITUTION CHRÉTIENNE DE CALVIN
Examen de l’authenticité de la traduction française, ÉDITION de lofiO'.
Le texte français de V Institution chrétienne de Calvin est avec le livre de Rabelais le plus grand monument de notre prose dans la première moitié du xvi® siècle, et Ton peut dire qu’il faut descendre jusqu’à Pascal et Bossuet pour retrouver une aussi haute et sérieuse éloquence appliquée aux matières de philosophie morale et religieuse. Si Ton songe de combien de facéties et de trivialités la pensée de Rabelais s’enveloppe, Calvin nous apparaîtra comme étant le premier et le seul en son temps qui ait su rendre des idées graves dans une forme grave, sans une défaillance d’esprit ni de plume ; il est celui aussi qui donna le coup mortel à la théologie scolastique en inaugurant une théologie nouvelle par l’esprit et la méthode autant que par le style, je veux dire une théologie rationnelle et psychologique. A ce titre, François de Sales, Pascal. Bossuet, Bourdaloue, pour n’en pas nommer d’autres, procèdent de lui.
Telle étant la place de V Institution chrétienne dans la littérature française, on conçoit que nulle question qui s’y rapporte ne saurait être indillérente ; et précisément de dilliciles et délicats proldèmes surgissent autour de ce livre. L’un d’eux a reçu déjà sa solution : ÎVI. A. Sayous, dans ses Etudes littéraires sur les écrivains français de la Itéformation , et surtout les théologiens de Strasbourg, qui ont procuré l’édition des (uiivres de Cah in dans le Corpus lie forma torum ° (C. Baum, E. Cunitz, E. Reuss),