Revue historique, IH94, 1. 1, p
“2. Itrunsvigae, apud C.-A. Schwctschke et fi.lium. Les textes latins
l’institution chrétienne de CALVIN
ont solidement établi que l’ouvrage original fut écrit en latin, et que l’édition princeps est celle de Bâle, 1536 ; que la première traduction française fut faite seulement sur l’édition amplifiée de Strasbourg, 1539, et parut en 1541, sans doute à Genève, peut-être chez Michel du Bois. Voilà une question résolue, il n’y a plus à y revenir. Mais les éditeurs du Corpus ont soulevé un nouveau doute, et qui n’est pas moins grave.
L’édition définitive de VInstitution latine est celle de 1559, imprimée à Genève par Bobert Estienne ; à celle-ci correspond la traduclion française imprimée à Genève aussi, en 1560, chez Jean Crespin. Toutes les éditions postérieures, latines et françaises, ne sont en somme que des reproductions de celles-ci. Or, les éditeurs du Corpus ont été amenés à douter « de la part que Calvin peut avoir prise » à cette traduction. Comme le texte latin de 1559, fortement remanié, développé, soumis à un ordre tout nouveau, à des divisions toutes nouvelles, faisait réellement un ouvrage nouveau, Calvin, selon les éditeurs du Corpus, en commença une traduction nouvelle. Il alla jusqu’à la fin du vu® chapitre du premier livre ; les deux versions sont publiées au tome III du Corpus, et en effet sont tout à fait différentes. « Tout le reste », disent les éditeurs, « se compose de fragments de l’ancienne traduction, là où le texte latin est resté le môme (quoique dans ce cas aussi il y ait des changements assez fréquents), et d’une traduction nouvelle des additions complémentaires, qui forment presque la moitié du texte actuel. Or, c’est cette partie très notable de la traduction que nous ne saurions attribuer à la plume de Calvin. Il est même peu probable qu’il ait seulement revu les épreuves. »
Pour confirmer cette opinion, les éditeurs citent dans leur Introduction^ un certain nombre d’ « inexactitudes »,
et français de l’Inslitution forment les tomes XXIX-XXXII du Corpus, tomes 1-IV des Opera quae supersunt omnia de Calvin. Pour la priorité du texte latin, cf. les Introductions aux tomes 1 et III.