‹ Études d'histoire littéraireChapitre 16 sur 125 · Giornale, p · texte numérisé non relu

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NOTE SUR UN PASSAGE DE VITRUVE

de la triple division du poème dramatique et de l’insertion de la pastorale entre la tragédie et la comédie sur la scène italienne de la Renaissance, est un passage de Vitruve:

Genera autem sunt scenarum tria, unum quod dicitur tragicum, alterum comicum, tertium satyricum. Horum autem ornatus sunt inter se dissimiles disparique ratione; quod tragicæ deformantur columnis, fastigiis et signis relicjuisque regalibus rebus. Comicæ autum ædificiorum privatorum et mœnianorum babent speciem prospectusque fenestris dispositis imitatione communium ædificiorum rationibus. Satyricæ vero ornantur arboribus, speluncis, montibus, reliquisque agrestibus rebus in topiarii opens speciem deformatisb

Le passage de Vitruve attira l’attention des humanistes dès les premiers essais de restauration du théâtre antique. L. B. Alberti s’y référa dans son traité d’architecture (148S) :

Gumque in theatro triplex poetarum genus versaretur, tragicorum qui tyrannorum miserias recitarent, comicorum qui patrumfamilias curas et sollicitudines explicarent, satyricorum qui ruris amoenitates pastorumque curas cantarent : non deerat ubi versatili machina e vestigio Irons porrigeretur expictus, et appareret seu atrium seu casa, seu etiam Sylva, prout iis condicerent fabulis quae agerentur^ !

Ni Aristote, dans sa Poétique (à supposer qu’ Alberti la connût), ni Horace dans son Art ■poétique^ , ni les grammairiens latins et la tradition qui en est issue au moyen âge ne fournissent cette tripartition du poème dramatique: ils ne connaissent tous que deux genres*^. Alberti n’a pu puiser son idée que chez Vitruve, son modèle d ailleurs

1. M. Vitruvii Pollionis, De architectura libri decem, Venise, 1567, in-fol. I, V., ch. 8 — Vitruve fut imprimé plusieurs fois à la fin du XV® siècle; en 1511 et 1513, parurent les éditions de F. Giocundo. Il fut traduit et commenté par Cesare Cesariano, milanais (1521), par Daniello Barbaro (1556), etc. Cf. Tiraboschi, VII, 776 et suiv.

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