French Quavrterly. Journary-Marot
2. Article imprimé dans la Revue des Deux Mondes, 25 octobi'e 4907, et recueilli dans le livre intitulé : Biaise Pascal, études d’histoire morale, in-i8, Hachette, 4940, pp. 443-212.
3. Je crois avec M. Victor Giraud que, sauf en deux endroits, la copie anonyme donne le meilleur texte. Cependant, parfois, les deux copies doivent être corrigées. Toutes les deux portent (p. 124): « Depuis
ÉTUDES LITTÉRAIRES
M. G iraud a détruit toutes les hypothèses bâties là-dessus par Victor Cousin; nous ne pouvons plus croire que l’attribution résulte d’une tradition janséniste conservée par les bénédictins de Saint-Germain-des-Prés.
On ne sait absolument pas, et on n’aperçoit aucun moyen de savoir, quel crédit mérite l’auteur inconnu de cette note, ni d’après quelle autorité il l’a rédigée. Nous ne pouvons pas affirmer que son témoignage n’ait aucune valeur, mais pas davantage qu’il en ait une.
A cette démonstration qui n’est pas à refaire, M. Victor Giraud a joint quelques arguments légers.
Que personne n’ait connu ni signalé l’existence de l’opuscule avant Victor Cousin, cela paraît à M. Victor Giraud une raison d’en suspecter l’attribution à Pascal. « Cette ignorance, ce silence, ne sont-ils pas bien extraordinaires ? c’est là un fait, je crois, unique dans l’bistoire littéraire de Pascal. Tous ses autres écrits, même ceux qui furent longtemps perdus, comme son Abrégé delà Vie de Jésus-Christ par exemple, nous sont signalés par l’un de ceux qui s’intéressaient à sa gloire ou à son œuvre. Le Discours seul fait exception b »
Mais l’Abrégé de la Vie de Jésus-Chrit est un morceau de littérature pieuse. La famille et les jansénistes avaient des raisons de recueillir tous les essais religieux et même scientifiques de Pascal. Mais un ouvrage galant ? Il ne pouvait que les scandaliser. De la correspondance avec M"" de Roannez, ils ont découpé les réflexions édifiantes, laissant perdre le reste sans scrupules. Qui sait s’ils n’eussent point été capables d’anéantir des pages trop profanes? Du moins n’auront-ils rien fait pour les découvrir. Ils les ont ignorées : c’est un fait. Le propre d’un fait, c’est de dilïérer par
la naissance de la raison, et depuis qu’on commence à être ébranlé par la raison ». Je conjecture : ébranlé par la passion. — Les deux manuscrits donneni (p. t35) ; « 11 y a une plénitude de passion, il ne peut y avoir un commencement de réllexion ». Je conjecturerais : où il y a (ou lûen : s’il y a) une plénitude... etc... Cette seconde correction, moins évidente que la première, semble appelée par les habitudes du style qu’on trouve dans tout le Discours. La correction de Fasnet (p. 1*27) : ce c’est une femme, quand elle a de l’esprit; » au lieu de w c’est une femme. Quand elle a de l’esprit, etc... », cette correction, qui m’avait un moment séduit, me parait brouiller plutôt le sens du fiaragraj)he.