Griselle, t. I, p
ÉTUDES LITTÉRAIRES
« ({ue le P. Bretonneau disait que dans les œuvres imprimées du P. Bourdaloue, de trois lignes il y en avait une qui lui appartenait ‘ ; le Nécrologe de la Compagnie de Jésus
définissant ainsi le travail d’éditeur du P. ilretonneau : cum... nonnumquam partes orationum intégras aut limare castigando, aut supplere fahricando cogeretur^.
Ne tenons-nous pas ici un spécimen authentique du procédé de Bretonneau ?
Pour attribuer à Bourdaloue même la contamination qui faisait passer dans la Pensée de la mort les meilleures expressions du passage du manuscrit d’Abbeville, il nous faudrait attribuer aussi à Bourdaloue la décision qui supprima de l’édition le quatrième point du sermon sur la Préparation à la mort, puisque c’est dans ce quatrième point que le manuscrit d’Abbeville nous présente la troisième version caractérisée par la substitution du Tollite lapide/n au Vem et Vide. Il faudrait supposer que Bretonneau a trouvé son travail fait par l’auteur pour les premiers volumes : le sermon sur la Pensée de la mort est au tome IL Ce n’est pas impossible. Cependant Bretonneau eût-il omis d’indiquer, aucun de ses confrères ne nous eûtil pas fait connaître que la méthode à suivre dans la publication avait été prescrite et essayée par l’auteur lui-même ?
Je conclurai donc ; 1" que certainement, dans le passage étudié, le texte de Bretonneau résulte d’une combinaison réfléchie de trois rédactions représentées aujourd’hui par les copies Ph, T et A ; 2" que, très probablement, la combinaison a été opérée par Bretonneau, et non par Bourdaloue.
Je ne tire pas ici de conclusion générale sur le texte de 1 édition Bretonneau. Il faudrait étudier de la même façon beaucoup de passages, et des sermons entiers, on obtiendrait peut-être des résultats précis confirmant ou rectifiant ceux que l’étude d’une ou deux pages m’a fournis.
t. Griselle, t. 1, p. l-tO.