‹ Études d'histoire littéraireChapitre 45 sur 125 · XV, vu et viii · texte numérisé non relu

XV, vu et viii

moyens de richesse, accroissement de la population, amélioration de la race). Mais le régime économique et financier stimule ou paralyse Fénergie d’un peuple ; il ouvre ou ferme des canaux à Factivité nationale. Il peut établir ou rompre la communication entre les peuples presque aussi fortement que Focéan ou les montagnes. Des institutions militaires créeront à la longue un esprit militaire. Ce n est pas la géographie qui a tourné les Allemands vers les choses de la mer, et en a fait des marins. Les lois et Féducation posent pour chacun de nous un ensemble de causes morales qui nous disputent aux nécessites physiques, et enserrent toute notre activité.

Voilà comment le même philosophe qui a si lortenient montré la puissance des causes naturelles, peut sans contradiction en venir à affirmer a que les mauvais législateurs sont ceux qui ont favorisé les vices du climat, et les bons sont ceux qui s’y sont opposés ». Il laut, et on peut, par la loi, fournir aux hommes des motifs d agir, dans les pays où la nature invite à ne rien faire.

Plus les causes physiques portent les hommes au repos, plus les causes morales les en doivent éloigner (XIV, 5).

Le meilleur système d’éducation n’est pas celui qui épanouit le tempérament national, mais celui qui le corrige et le complète, pour une réalisation plus parlaito des fins humaines.

Montesquieu va très loin dans cette voie. 11 finit par admettre que la loi peut créer un peuple d’hommes vertueux.

Je ne doute en aucune manière que, dans une petite république, on ne pût donner une éducation telle qu’elle fût toute composée d’honnêtes gens.

Les lois font les bons et les mauvais citoyens.

Ce qui fait la plupart des méchants hommes, c’est qu’ils se trouvent dans des circonstances où ils (sont plus) frappés de 1 utilité de faire des crimes que de la honte ou du péril de les commettre. De bonnes lois peuvent rendre ces circonstances rares ; de mauvaises lois les multiplient; des lois indifférentes laissent toutes celles que le hasard peut produire '.

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