‹ Études d'histoire littéraireChapitre 50 sur 125 · Recueil de différentes choses, s. d · texte numérisé non relu

Recueil de différentes choses, s. d

8. M Gercu-d Gailly a jirouvé qu’on pouvait dire la même chose de Bussy Rabulin : il a montré dans sa vie la source de ses idées morales qui nous acheminent aussi vers celles du xviiu siècle. Et ie trouve une confirmation de la venté de la pensée qui inspire cet article, quand je nous VOIS arriver ous les deux, M. Gérard-Gailly et moi, par queeGon^ documents differents, à des conclusions analogues sur cette

l’expériencp: dans la formation de la philosophie 169

lectualisme pur, abstraction, déduction a priori. Ce mot désigne un besoin d’idées claires et cohérentes, qui n’exclut pas, qui implique même pour beaucoup l’attention aux faits et la considération de l’expérience. Car, avant tout, le rationalisme est un engagement de ne pas céder au préjugé, ni s’incliner devant l’autorité, un engagement d’examiner toujours les choses par soi-même, et d’employer sa raison à chercher la vérité. Or, si dans certains domaines l’évidence s’obtient par la découverte d’une nécessité logique qui lie les conséquences aux principes, il y en a d’autres où la raison ne fait son œuvre qu’eu recueillant les données de l’expérience. Les plus fermes cartésiens n’hésitent pas alors à faire les faits juges des préjugés et des traditions: n’est-ce pas ainsi qu’on en finit alors avec la foi aux sorciers, à la magie, à la possession?

Les deux textes lumineux, où la raison de la tin du xviL- siècle se reconnaît, sont la Conversation du maréchal d’ Hoc quincourt avec le P. Canaye, de Saint-Évremond*, et l’histoire de la dent d'or de FontenelleC

« Je me ferais crucifier pour la religion, dit le maréchal. Ce n’est pas que j’y voie plus de raison : au contraire moins que jamais. Mais je ne saurais que vous dire, je me ferais crucifier sans savoir pourquoi ! »

Donc, en prenant le contrepied de cette démonstration par l’absurde, la raison veut, dans tout ce qu’on tait, savoir pourquoi. Mais avant de savoir pourquoi, il y a souvent autre chose à chercher : c’est la morale du conte de la dent d’or :

« Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de

la cause Je ne suis pas si convaincu de notie ignoiance

parles choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. »

Dans la recherche d’une morale, le rationalisme exige de l’esprit deux démarches dont on n’a presque jamais remarqué que la première. 11 l’oblige d abord à enchaîner les vérités morales, à ramener les maximes de la pratique à

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