‹ Études d'histoire littéraireChapitre 52 sur 125 · Ibid., 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1, p

ÉTI DES LITTÉRAIRES

softcs (le plaisirs sans exceplion ». Patrii approuve. Le plaisir est contraire à la vertu et à la religion. D’Ablancourt n’est pas de cet avis. Le plaisir est naturel ; donc il vient de Dieu, (jui a l'ait nos sens pour le goûter, et le monde extérieur pour le fournir. Se fera-t-on scrupule « de manger des fraises et des melons ? Est-il contre les bonnes imeurs de goûter des pois verts ? Faut-il ne pas distinguer si l’on mange une poule ou une perdrix, une biscjue ou un potage de lentilles ‘ ? »

Tout cela paraît anodin et un peu puéril. Mais il ne faut pas juger ce petit écrit du point de vue abstrait. Sa gravité vient de ce qu’il réalise le concept du plaisir ; il y substitue l’idée de tous les plaisirs qui, journellement, s’offrent à l’honnête homme. Il l’oblige à se mettre en face de sa conscience, à résoudre le problème moral par son expérience quotidienne. On peut hésiter sur la question générale, si le plaisir est permis : mais (ju’on demande, comme Baudot de Juilly, si de tels plaisirs sont mauvais, si la conversation, la musique, la comédie, les échecs, le trictrac, les livres, les beaux-arts, la campagne, donnent des plaisirs condamnables, le sentiment de la plupart des lecteurs répondra ; et non ! » invinciblement. Ils ne pourraient sans hypocrisie condamner leur pratique. Il y a des plaisirs essentiellement bons ; il y en a d’autres plus dangereux, comme l’amour ; mais il y a (( un art et une méthode d’en jouir sans se perdre ® ». Qui donc, dans la bonne société de 1700, oserait le nier ?

Imaginez un honnête homme de ce temps-là, un président ou conseiller de cour souveraine. Se lera-t-il scrupule d’avoir un hôtel somptueux, décoré de peintures et de sculptures des meilleurs artistes, orné di' meubles précieux ? N’aurat-il pas une maison des champs, a\ ec de beaux ombrages et des jeux d’eaux ? Ne donnera-t-il pas à ses amis des repas délicats ? Fuira-t-il les concerts et les bals, la comédie et 1 opéra N aura-t-il pas une bd)liotbè(|ue, et commerce ave(: des savants, parlois une petite académie chez lui ? Lraindra-t-il d (ûre curieux des sciences, des relations des

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