‹ Études d'histoire littéraireChapitre 66 sur 125 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

« Les nations doivent se servir de guides les unes aux autres, et toutes auraient tort de se priver des lumières qu’elles peuvent mutuellement se prêter. Il y a quelque chose de très singulier dans la différence d’un peuple à un autre..., et un homme, quelque supérieur qu’il soit, ne peut deviner ce qui se développe naturellement dans l’esprit de celui qui vit sur un autre sol et respire un autre air : on se tiouve donc bien en tous pays d accueillir les pensées étrangères : car, dans ce genre, l’hospitalité fait la fortune de celui qui la reçoit ‘. »

Ainsi égalité des nations, respect réciproque et services mutuels, voilà le régime ; c’est la fin de l’empire du goût français. Lorsque l’on parle à la France, on l’exhorte à accueillir les littératures étrangères, a en profiter 5 ce sera, de sa part, l’abdication de ses prétentions au monopole du goût. Mais lorsqu’on parle aux étrangers, on leur prêche de cesser d’emprunter à la France : c’est qu’il s’agit de les affranchir; ils n’ont que trop reçu, trop subi nos beautés. Alors au heu de faire valoir l’avantage des communications et des emprunts mutuels, on insiste sur ce qu’il y a de singulier, de « différent », d’impossible à la fois à supprimer et à transporter, dans chaque espèce de génie national.

« Une langue étrangère est toujours sous beaucoup de rapports une langue morte. »

« La veritable force d un pays, c’est son caractère naturel ; et 1 imitation des etrangers, sous quelque rapport que ce soit, est un défaut de patriotisme. »

« Il n’y a point de nature, point de vie dans l’imitation. »

« Ce n’est pas une imitation de Paris, c’est une manière d’être originale que j’aime à trouver liors de France. »

« Les Russes ont, comme tant d’autres peuples du continent, le tort d’imiter la littérature française, qui, par ses beautés même, ne convient qu’aux Français ^ »

Cette double attitude où conduit la reconnaissance du droit pour chaque peuple de s’exprimer par sa littérature, me paraît être chez les idéologues, la conséquence et le

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