DU DÉPARTEMENT DU GARD
Le littoral du Gard n’a pas une très-grande étendue. Le Rhône mort le borne à l’Est , et il est limité à l’Ouest par une ligne, qui va de l’extrémité de l’étang du Repausset à la mer, un peu avant l’emplacement de ce qui fut le Grau- Louis. Il fait partie du golfe d’Aiguesmortes, dont l'extrémité orientale est la pointe de l’Espiguette et l’extrémité occidentale, la montagne de Cette. La plage y est partout sablonneuse et l’on n’y trouve de rochers que ceux qui défendent les jetées du Grau-du-Roi, seul port de la côte, et un banc de roches submergées situé un peu à l’Ouest.
D’après cet aperçu géographique on peut, dès maintenant, se donner une idée des richesses conchyliologiques du Gard, si, toutefois, richesses il y a :
Un nombre très-restreint de mollusques, vu le peu de développement des côtes ; nous n’avons trouvé que le sixième environ des espèces corses.
Aucun mollusque pélagien, tel que Y Argonaute, la Cari naire , les Janthines , à cause de l’espace resserré du golfe.
Peu de mollusques de rochers, par la raison que nous avons indiquée plus haut.
(1) Insérée dans le Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nimes. — (1873.)
Ce n’est donc que les mollusques qui se plaisent dans la vase ou sur le fond sablonneux de la mer que l’on peut rencontrer le plus souvent. Aussi, sous ce rapport, le catalogue peut-il être regardé comme assez complet. Il n’y entre aucune espèce nouvelle ou non décrite, et sa principale utilité sera de donner à nos lecteurs un aperçu, sans aucun doute fort restreint, de la faune malacologique et conchyliologique de la partie sablonneuse du littoral méditerranéen. Peut-être même, pourra-t-il servir quelque jour , à un ouvrage plus complet sur cette région de nos côtes qui, d’ailleurs, n’a pas été très-étudiée. En effet, nous ne connaissons guère de catalogues spéciaux que celui de M. Jacquemin, qui, dans son Guide du voyageur dans Arles , a fait connaître les productions naturelles des environs de cette ville et a donné, en particulier, un catalogue des mollusques assez complet. Il n’y aurait donc pas eu besoin d’un nouveau catalogue, si malheureusement celui de M. Jacquemin n’avait présenté quelques inexactitudes. Nous citerons surtout la Natica-Olla de M. Serres, prise pour la Natica- Albumen , Lamk ; Y Ostrea hippopus pour Y Ostrea lamel -
losa , etc. D’ailleurs, bien qu’il ait mentionné des espèces
qui, pour les causes énoncées plus haut, ne peuvent se trouver sur notre littoral, il y en a aussi qui s’y rencontrent et qu’il n’a pas eu occasion d’examiner aux environs d’Arles.
Avant de terminer cette préface, nous avons besoin de modifier quelques changements apportés par nous à certaines espèces. Il nous semble que l’on ne doit regarder comme telles que les sujets qui, par leur forme et la disposition de leurs éléments constitutifs , diffèrent des espèces déjà établies. En conséquence, nous n’avons point admis comme caractère suffisant la coloration ; nous avons, par exemple, considéré comme simple variété de la JSatica millepunctata , Lamk, la N. Maculata , Deshayes, comme ayant mêmes caractères à l’ombilic et ne différent que par la couleur.
Pour la classification, nous avons suivi celle de Cuvier, modifiée d’après les découvertes et les observations modernes, tout en admettant les genres de Lamarck, non sans réserve toutefois, et après les transformations que leur ont fait subir MM. de Blainville, Deshayes, Philippi et Sowerby.
Voici le tableau comparatif des espèces marines de Corse, d’après M. Requien ; de la Sicile , d’après Philippi ; du Finistère, d’après M. Collard de Chervet: du Boulonnais, d’après M. Bouchard - Chantereau ; de la côte d' Arles, d’après M. Jacquemin; enfin, du littoral du Gard.
CONCHIFÈRES.