‹ Études d'histoire naturelleChapitre 108 sur 119 · DU JASEUR DE BOHÊME · texte numérisé non relu

DU JASEUR DE BOHÊME

Ampelis garrulus (Lin.) (1)

Le Jaseur de Bohême ( Ampelis garrulus, Lin.) est un oiseau du grand groupe des Passereaux, et qui a quelques rapports avec les Pie-Grièches et les Gobe-Mouches. Cet oiseau porte à l’extrémité d’un certain nombre de ses rémiges des palettes d’un rouge vif ; ces palettes sont plus courtes et moins nombreuses chez la femelle, et dans un âge trèsavancé les rectrices des mâles en portent également à leur extrémité.

D’après d’anciens écrits , dit en note Leydig dans son Histologie , ces palettes ne seraient pas des prolongements des plumes, mais bien seulement des dérivés d’une matière friable telle que la laque.

Réaumur , dans une lettre â Salerne , parle de ces palettes de couleur de cinabre, et dit qu’elles sont de corne comme le tuyau de la plume, d’un tissu continu et qu’elles n’ont aucun vestige de barbe.

Sans tenir compte de cette observation, Temminck et Degland appellent cet appendice un prolongement cartilagineux ;

(1) Conférence du 29 septembre 1876. ( Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes.)

et Brehm , après l’avoir regardé comme corné , le considère, quelques lignes après, comme cartilagineux. Or, nous avons examiné ces palettes au microscope et nous nous sommes . convaincu que Réaumur, seul, avait été sur la voie de la vérité.

Ces palettes sont oblongues-allongées et toujours plus ou moins frangées à leur extrémité par suite de l’usure : elles forment la continuation du rachis de la plume et sont emboîtées à leur base par deux barbes assez raides , munies de barbules.

La matière qui les colore est non une laque friable, mais un pigment granuleux , d’un rouge cinabre , insoluble dans l’alcool, et qui, traité par l’acide sulfurique, devient successivement vert foncé , vert pâle , puis incolore , se conduisant ainsi comme les pigments dont a parlé Pouchet. (Voyez Comptes-rendus de la Société de Biologie, 20 avril 1872.)

Ces palettes sont bien des prolongements des plumes avec lesquelles elles font corps, à n’en pas douter, et, si nous en croyons l’aspect particulier des barbes dans certaines plumes (plumes rouges du Chardonneret et de la Linotte, des Pics) , sur lesquelles nous reviendrons prochainement , elles doivent avoir été formées par la réunion et la fusion de barbes dépourvues de barbules, et dont on peut même apercevoir encore les vestiges , grâce à l’usure de la partie terminale.

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