‹ Études d'histoire naturelleChapitre 113 sur 119 · LA LAMIE LONG NEZ · texte numérisé non relu

LA LAMIE LONG NEZ

Les Lamies sont des poissons de la grande famille des 1 Sélaciens, et ces jours derniers un individu énorme de ce 1 genre, péché sur nos côtes, a été exposé en ville et visité sans I doute par plusieurs d’entre vous.

Les Lamies se distinguent des autres squales par l’absence d’évents, la présence d’une nageoire anale, par un museau pyramidal portant des narines sous sa base et, par ce fait, \ que toutes les ouvertures des branchies sont en avant des nageoires pectorales.

L’espèce qui a été pêchée au Grau du Roi est :

Lamna cornubica — Schneider.

Squalus nasus — Artédi.

Sq. cornubicus — Schneider.

Sq. nez — Lacepède.

Lamia — Rondelet, 399.

Carcharias — Aldrovandi — 383, 388.

{Dictionnaire des Sciences naturelles, t. xxv, p. 183).

Le museau est prolongé en nez conique qui termine la tète et qui porte les narines et les yeux ; de chaque côté de la queue, dont les lobes sont inégaux, se voit une -cavité sail- , lante.

La bouche est grande, armée, sur cinq rangées, d’un cer- 1 tain nombre de dents aigües, mobiles, triangulaires, dentées des deux côtés et courbées vers le gosier.

(1) Note présentée à la Société d’étude des sciences naturelles de Nimes, le 3 novembre 1876.

Le museau est criblé de pores nombreux par lesquels suinte une humeur glaireuse.

Il y a, à la base de la queue,, une fossette en dessus et en dessous.

La première dorsale est triangulaire et placée entre les pectorales et les ventrales. La deuxième dorsale est petite et placée au-dessus de l’anale. Les pectorales sont larges, les ventrales petites.

Le corps est arrondi, renflé au milieu, vert noirâtre pardessus et blanchâtre en dessous. La langue est rude, les yeux grands, l’iris d’un blanc nacré, la prunelle no irâtre ; la ligne latérale commence près des yeux et s’étend en un pli longitudinal vers la queue. Cette espèce vit dans l’Océan Atlantique et est plus commune que le requin dans la Méditerranée ; Risso dit qu’on en prend, à Nice, depuis 2 kilog. jusqu’à 300 kilog.

Celui qui a été péché sur nos côtes atteint un poids de 1200 kilog., le foie, seul, pesait 244 kilog. ; sa longueur est de 5m15 et sa circonférence de 3m80.

Cette espèce est très-rare sur notre littoral et je ne l’avais pas encore rencontrée durant le cours de mes observations.

Ce squale a été pris dans les filets qui servent à la pèche au thon et ramené au Grau, après avoir chaviré plus d’un bâteau. Enfin, avec l’aide de nombre d’hommes, on a pu le hisser sur le quai, où on l’a éventré vivant.

C’est l’opinion générale, parmi les pécheurs, qu’il faut attribuer les insuccès de la pèche au thon, cette année, à cette énorme bète, qui, d’ailleurs, avait dans son estomac un ou deux thons de 20 à 25 kilog., coupés en trois ou quatre morceaux. Si cela est vrai, nous ne pouvons que les féliciter d’avoir mis la main sur leur ennemi.

NOTE

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