‹ Études d'histoire naturelleChapitre 4 sur 119 · PL · texte numérisé non relu

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laire ressemble à un vaste fossé qui limiterait toute l’enceinte. Ce fossé fait l’office du poumon et porte plus près de la circonférence le sang que lui amènent ses ramifications intérieures. L’animal le jette, en avant, à la recherche de l’air : c’est pourquoi on le rencontre, le plus souvent, au-dessus de l’endroit de l’œuf qui est le plus aéré, la chambre à air. Mais au bout de cinq à six jours d’exercice, le poumon ne peut plus suffire aux besoins respiratoires, toujours croissants, du jeune oiseau. Sa destination, alors, n’est plus la même. Il est remplacé par un autre poumon plus grand, qui vient s’implanter à l’extrémité inférieure de l’intestin et il s’allonge sur luimème, se prolonge de plus en plus sur le jaune, et sert désormais à apporter au sang les éléments nutritifs du vitellus.

Ce nouvel appareil respiratoire apparaît d’abord sous la i forme d’une petite vésicule que l’on nomme allentoïde, et dont le pédicule est. implanté dans la partie inférieure de l’intestin. Cette vésicule ne tarde pas à jeter en avant des ramifications qui s’accroissent rapidement en poussant devant elles j les membranes interposées, et qui ne tardent pas à entourer l’animal et le jaune , comme dans un espèce de manteau.

Pendant ce temps, le système vasculaire s’agrandit et i s’augmente, les poumons se perfectionnent et, dès le treizième jour , le fluide sanguin , attiré par de nouveaux vaisseaux, abandonne les ramifications de l’allentoïde qui se dessèche rapidement.

Quant à la masse du jaune, après avoir tout le temps fourni les éléments de nutrition, elle finit par être engloutie dans l’estomac de l’animal qui lui emprunte encore, même après ; l’éclosion, certaine quantité de nourriture, ajoutée à celle qu’il ingère du dehors. Mais comme l’adhérence de l’animal à la membrane vitelline s’effectuait au moyen d’un pédicule, I ce pédicule s’accroît peu à peu, s’allonge, s’étire et finit par constituer l’intestin. Enfin, il se perfectionne, se gonfle et se j renforce à l’estomac, se garnit de valvules et, pendant sa

disposition rectiligne, ne tarde pas à former les mille replis qui caractérisent l’organe intestinal chez tous les vertébrés .

Enfin, l’animal sort de sa coquille sans embarras, net, dispos et prêt à recevoir la nourriture extérieure.

IV. Incubation. — Mais quels ont été les soins assez constants, quelle a été l’opération assez puissante, pour transformer en créature parfaite un embryon d’une origine aussi informe ? Cette transformation presque incompréhensible, ce changement, qui tient du phénomène, ont été accomplis par la vigilance attentive des femelles , par leur intelligente prévoyance, par leurs soins incessants, en un mot, par l’incubation.

La durée de cette incubation n’est pas, à beaucoup près, égale chez tous les oiseaux . Cependant, indépendamment de la température de l’atmosphère, qui influe un peu sur l’opération , on peut dire, d’une manière générale , qu’elle varie, selon l’espèce, depuis dix jours jusqu’à quarante.

L’incubation se fait ordinairement dans un nid, auquel la sollicitude et la persévérance des mères donne le plus de commodité et de douceur possible. Seules, les espèces domestiques ne prennent pas autant de souci de leur nid ; cela tient à ce qu'ordinairement, dans les basses-cours, on a préparé le nid d’avance, de telle sorte qu’au moment de l’incubation la femelle n’a plus qu’à le garnir de quelques plumes et de quelques brins de paille. On a même été plus loin : M. Bonnemain, physicien français, a imaginé, en 1777, un appareil d’incubation artificielle, composé d’un calorifère à circulation d’eau, un régulateur pour maintenir une température constante et égale, une étuve chauffée au même degré pendant tout le temps de l’incubation et, enfin, une poussinière destinée à réchauffer les poussins pendant les premiers jours qui suivent leur naissance. Les Egyptiens pratiquent aussi depuis très-longtemps l’incubation artificielle.

Mais les espèces sauvages mettent la plus ingénieuse sollicitude à la construction de leur nid. Rien n’est mieux ap-

proprié aux besoins des jeunes oiseaux que ces frêles demeures. Aucun lieu n’est mieux choisi pour garantir les petits des attaques de leurs ennemis. Tout y est arrangé et approprié pour leur éducation et leur entretien. Cependant, la confection de ces nids varie avec les forces et les habitudes de l’espèce, et l’on se doute bien qu’il ne peut pas y avoir dans le nid de l’aigle la même délicatesse, la même perfection que dans lJasile de la fauvette. Pour faire bien sentir ces différences de structures, nous allons passer en revue toutes les variétés de nidifications qui existent dans les grandes divisions de l’ornithologie.

Les rapaces ont, en général, un nid de forme circulaire composé de petites bûchettes de bois, de branchages disposés en entonnoir ; leurs œufs sont d’une forme ronde et souvent maculés de taches d'un jaune sale.

Parmi les omnivores, le seul nid rémarquable est celui de la Pie , qui le défend quelquefois par une espèce de dôme épineux, entourant toute la surface et ne laissant qu’une ouverture servant d’entrée et de sortie ; cependant, on peut encore regarder le nid du Loriot, qu’il loge entre deux branches formant fourche et qu’il protège par un espèce de capuchon suspendu à une branche supérieure, et relié de tous côtés à la partie essentielle du nid. L’ouverture est placée de côté, à la partie inférieure du capuchon.

Parmi les passereaux, famille qui, d’ailleurs, apporte le plus d’industrie et d’intelligence à la nidification, nous citerons le nid de la Fauvette des roseaux, attaché aux joncs aquatiques si solidement, que même, par les plus grands vents, par les plus grands orages, la frêle demeure reste inébranlable; celui de la Fauvette cisticole, très-petit et ressemblant assez à celui de Y Oiseau-Mouche, puis le nid du Moineau domestique , remarquable par ses deux ouvertures, l’une servant d’entrée, l’autre de sortie ; celui du Pinson, d’une perfection, d’une élégance et d’une finesse extraordinaire. Enfin, celui de la Mésange rèmiz , fragile construction de

châtons de saules, de plumes, de duvet et de brindilles et ayant parfois deux ouvertures.

Parmi les grimpeurs , nous rappellerons le Coucou , qui ne fait jamais de nid et qui laisse à diverses espèces de passereaux le soin de couver ses œufs. Le Pic , qui niche dans les creux des trembles et en général des bois blancs, le Tichodrôme , qui pond dans les fissures de rochers ou dans les trous de murailles.

Parmi les alcyons , nous remarquons le Martin-pêcheur , qui niche dans des trous qu’il creuse au bord de l’eau.

Dans les chélidons, tout le monde connaît le nid de Y Hirondelle, construit sous nos toits , avec un mélange de terre gâchée et de brins d’herbes.

Parmi les gallinacés, la Perdrix , seule, est remarquable par le nid qu’elle fait dans les lieux couverts de broussailles et au milieu des bruyères.

Des échassiers, nous n’appellerons l’attention que sur le nid des Flamands , construit sur une butte assez élevée, qui lui permet de couver tout droit. Ordinairement , les œufs d’échassiers et ceux de palmipèdes sont toujours de forme allongée, plus gros à un bout et agréablement colorés.

Enfin, la Mouette , de la famille des palmipèdes , pond sur le sable et laisse, pour la plupart du temps, au soleil, le soin de l’incubation ; néanmoins elle revient chaque jour à son nid et y passe la nuit.

Lai passé sous silence les œufs particuliers de Y Oiseau- Mouche et de l'Autruche. C’est avec intention, car j’ai cru qu’il serait pour vous d’un plus grand intérêt de connaître la nidification des espèces locales.

Nous allons enfin terminer cette conférence par l’examen des anomalies les plus saillantes des œufs ; ce sera court. Ces anomalies s’observent surtout dans les œufs de Poule ; souvent on en trouve avec deux jaunes et d’autres sans jaune. Le premier cas doit être attribué à la forte constitution et à la bonne santé de la femelle, quoique néanmoins,

il arrive ordinairement que des deux jaunes, l’un reste infécond ; cependant il arrive quelquefois que les deux sont féconds et il en résulte un fœtus monstrueux ( poulets accolés, poulets à deux tètes).

Quant aux œufs sans jaune , et que l’on appelle dans les campagnes œufs de coqs, ils sont dus à une dérivation de direction du jaune. Pour les autres anomalies, telles qu’imperfections et plissements de l’enveloppe calcaire , forme bizarre de l’œuf, le cas doit être reporté à des maladies ou à des accidents divers de l’oiseau femelle.

Voilà donc, à peu près, ce qu’il y avait à dire sur les œufs et les nids des oiseaux ; néamoins j’aurais pu m’étendre encore plus sur l’anatomie de l’œuf, qui a été traitée d’une manière si complète par M. Serres ; mais la conférence aurait eu d’autant plus d’étendue et je crois qu’elle est déjà assez longue pour fatiguer votre attention.

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