‹ Études d'histoire naturelleChapitre 98 sur 119 · CHEZ LES OISEAUX · texte numérisé non relu

CHEZ LES OISEAUX

Au siècle dernier, si j’avais annoncé devant une Société savante un tel titre de conférence , bien sûr , mes collègues m’auraient ri au nez et m’auraient dit que ce n’était pas devant une réunion serieuse qu’on traitait de pareilles babioles. Certainement le Président m’aurait retiré la parole, et il n’aurait pas cru faire mal, car je l’aurais autant scandalisé que si j’avais voulu disserter sur les perruques du temps.

Que voulez-vous? Au xviii0 siècle, l’Oologie n'était pas encore une science, et la faute en était aux vieux marquis et aux vieilles duchesses de ce temps-là , invalides de l’amour , qui n’avaient plus, pour s’amuser, qu’à collectionner, les uns des coquilles , les autres des œufs , etc. Et comme de telles gens étaient réputées frivoles , vous comprendrez que les savants de l’époque ne pussent avoir aucune communauté de goût avec ces maniaques.

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui que l’on a quitté les œufs pour les timbres-poste, les savants sont revenus à l’oologie et l’ont élevée au rang de science , et cette transformation est due surtout à M. Des Murs , qui a fait le premier Traité d’Oologie, ouvrage encore émaillé d’erreurs qui, heureusement, n’ont pas tardé à être corrigées.

Donc, puisque le Président ne m’ôte pas la parole, confiant qu’il est au sérieux scientifique de mon caractère, je commence à vous parler de la couleur des œufs.

(1) Conférence du 9 juillet 1875. ( Société à! étude des sciences naturelles de Nimes. )

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