‹ Études d'histoire parlementaireChapitre 17 sur 40 · MM · texte numérisé non relu

MM

Le duc d*Albuféra, Ancel, le marquis d'Andelarre, Audreii de Kerdrei.

Becquet, de Belleyme (Adolphe), Bodin, Bouhierde TÉcluse, Bûcher de Chau vigne, le baron de Bussière (Alfred).

Le marquis de Oalvières, le baron de Carayon-Latour, le comte de Champagny, Charlier, Chauchard, de Ci vrac, de Brotone, Demesmay, Desjobert, Dupont (Charles), Durand (Justin), le comte de Duranti, Dusollier.

Le comte de Flavigny.

Gareau, Garnier, Gisclard, Gouin.

Le baron Hallez-Claparède.

Le comte de Jonago.

Lacave (Frédéric), le vicomte de la Tour, Leconte (Côtesdu-Nord), Lélut, Lemaire (Nord), Levavasseur, Louvet.

Marrast (François), le baron Mercier (Orne), Migeon, le comte de Montalembert, le marquis de Mortemart, le vicomte de Mortemart.

Noualhier, Noubel.

Ouvrard.

Planté.

Randoing, de Ravinel, le baron de Rcinach.

Souillé.

Taillefer, le marquis de Talhouët,

Le duc d'Uzés.

Le baron Viard, de Voize.

m et IV. — MINISTÈRE DE l'INTÉRIEUR

Fonds secrets, — Constructions et grosses réparations des édifices publics

Séance du 23 juin

Ce fut, cette fois, le rapporteur, M. de Chasseloup- Laubat, qui vint expliquer comment et pourquoi la commission du budget estimait que les 800 000 francs de

LE'S HOMMES DE 185i. 195

fonds secrets réclamés par le ministère de Tintérieur faisaient double emploi avec les 1 200 000 francs de fonds secrets portés pour un même objet, semblait-il, au titre du ministère de la police générale.

M- le comte de Chasseloup-Laubat, rapporteur, demande, au nom de la commission, la suppression de ce chapitre au budget du ministère de l'intérieur, par ce motif que, sous \^ même titre : c Dépenses secrètes >, apparaît au ministère de la police un chiffre de 1 200 000 francs. On a mis une annotation au budget, ainsi conçue : c Rétablissement du crédit de 1852. > Mais, lorsque le ministère de l'intérieur avait 800 000 francs de fonds secrets, il n' y avait pas de ministère de la police générale.

La commission a donc vu dans cette allocation un double emploi, puisque l'on porte au ministère de la police 1200000 francs. Elle ne conteste pas ce dernier chiffre, et, s'il est jugé insuffisant, elle est prête à en consentir l'augmentation ; elle sait combien, après les révolutions, il y a de mauvaises passions déchaînées, combien il faut surveiller les sociétés secrètes; mais elle ne peut admettre, au point de vue de l'utilité générale, cette police sui generiSy ces agents allant puiser à deux caisses, et trompant souvent les deux maîtres qu'ils affectent de servir ; elle repousse donc, dans l'intérêt même du gouvernement, cette double police dont les attributions respectives n'ont jamais été bien définies.

Ce fut M. de Thorigny, ancien et futur magistrat, pour rheure conseiller d'État et commissaire du gouvernement,, qui répondit à M. de Ghasseloup-Laubat.

M. de Thorigny, orléaniste comme magistrat après 4830, légitimiste comme avocat après 1848, bonapartiste comme homme politique depuis 1850, ministre de l'intérieur remplacé dans la nuit du 2 Décembre et adhérent après coup de l'acte qu'il n'avait point prévu, donna le

24 juin au Corps législatif le spectacle assez fréquent d'un homme de palais qui n'a rien de ce qu'il faut pour être un homme de parlement.

Aggravant par l'emphase de l'ancien barreau son inexpérience des Chambres, il se trompa de lieu, en même temps que de date, et se fit si rudement ramener, par la majorité, de la question politique à la question spéciale, qu'il fut du coup écarté comme commissaire du gouvernement, disparition aussi piteuse que celle de l'acleur arrivant de province avec quelque réputation, et sifflé à son début sur un théâtre parisien.

Ce naufrage parlementaire n'a pu être complètement dissimulé par le compte rendu qu'on va lire :

il/, de Tliorigny, commissaire du gouvernement. — En définitive, le chef do TÉtat croit que la somme de 2 millions est nécessaire pour maintenir la tranquillité publique; il estime, lui qui est le meilleur juge de la question, que la répartition actuelle de cette somme est plus efficace ainsi pour atteindre le but qu'il poursuit. D'un autre côté, cette répartition est nécessaire dans l'intérêt des rapports du ministre de rintérieur avec les préfets ; l'orateur du gouvernement pense donc que le Corps législatif n'hésitera pas à la sanctionner. Le gouvernement compte sur son patriotisme éclairé et espère, au nom de la confiance qu'inspire la sagesse du président, qu'il ne refusera pas le crédit demandé.

3/. Gouin, président de la commission, fait observer que i'appel adressé par M. le commissaire du gouvernement à la confiance du Corps législatif en la sagesse personnelle du président de la République est un argument qui ne s'appliquerait pas seulement au chapitre en discussion, mais à tout le budget. 11 repousse donc cet argument.

Jtf . de Thorigny, commissaire du gouvernement. — L'orateur rappelle que , sous les précédentes assemblées, une

demande de fonds secrets était toujours Toccasion d*un vote de confiance vis-à-vis du gouvernement; aujourd'hui qu'il parle au nom du gouvernement lui-même, il demande que le Corps législatif lui témoigne, par un vote spontané, toute la confiance que mérite la sagesse du prince appelé par la France au poste élevé de chef de l'Etat.

31, Gouin répond à M. le commissaire du gouvernement. — Il déclare qu'il a souffert en voyant descendre dans la dis- «cussion un nom qui ne devrait jamais y paraître, celui du prince président de la République ; s'il s'agit de donner un témoignage de confiance au chef de l'État, il doit le trouver dans l'ensemble des actes du Corps législatif et dans le serment que celui-ci a prêté.

La question ainsi posée, le crédit fut voté, cela va sans dire; mais le procédé avait été aussi maladroit que Toraleur avait été pitoyable.

Ce fut le chapitre des constructions et grosses réparations des édifices publics qui paya pour celui des fonds secrets.

En vain M. de Thorigny, désertant cette fois les hauteurs de la politique, se tint-il dans la question spéciale, multipliant les chiffres, il eut un insuccès de scrutin, après l'échec de parole.

Cette double mésaventure porta le prince président à se taire désormais représenter devant les Chambres par un orateur expérimenté, chargé d'une manière générale de défendre la politique du gouvernement, au besoin de réparer les fautes de tactique parlementaire des simples conseillers d'État. C'est de ce jour-là que fut résolue la nomination de M. Baroche comme ministre présidant le conseil d'État.

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